‹ Contribution À L'Étude Clinique Des Névrites Et Des PolynévritesChapitre 4 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Vers la fin du xv° siècle on avait commen-é à soup-

çonner la syphilis d'occasionner dans le système nerveux

4 des troubles, des désordres graves. Mais on attribuait,

d'une façon à peu près .exclusive, ces accidents à des lésions spécifiques de la calotte cranienne.

Cependant au xvr° siècle déjà il est question de qaim-

mes cérébrales. Plus tard Astruc décrit la tumeur gom-

meuse où aposthème de l’encéphale. Avec Hunter Cooper

et leur école, la syphilis du système nerveux est de nou-

veau méconnue, et il faut arriver à la deuxième moitié de

. notre siècle pour trouver une étude approfondie de cette

importante question. Mais alors les travaux abondent.

Après quelques observations éparses dans les recueils

scientifiques, viennent les recherches de Ricord, de

D Lagneau, de Gros et Lauceraux, de Zambaco, de Duchelk, de Griesinger, de Buzzard, .de Mauriac, de Cornil, de Fournier et tant d’autres.

Appartenant presque (out entier comme dit le professeur Fournier à ce qu’on pourrait appeler la science d'hier et d'aujourd'hui, l’étude de la syphilis nerveuse est devenue une des parties constitutives de la syphiligraphie les plus authentiques, les plus chargées comme symptômes et comme lésions, les plus importantes comme intérêt pratique nou moins que comme gravité.

Grâce à l’extension de l’anatomie pathologique due au microscope, on arrive à connaître non seulement les lésions du cerveau, mais aussi celles de la moelle et des méninges. Ces recherches venant s’allier aux observations de la clinique éclairent d’une vive lumière le chaos des manifestations nerveuses de la vérole et font apparaître toute cette série d’afections parasyphilitiques qui prennent immédiatement une place prépondérante dans la syphiligraphie. ue

En même temps que la clinique observe dans ces maladies des troubles nerveux évidemment dus à l'infection spécifique, Panatomie nous montre les lésions des nerfs périphériques dus à cette dyscrasie. On Chont les importants travaux de MM. Charcot, Jeoffroy, Pierret Déjerine, Pitres Lamy sur les pseudo-paralysies et les pseudotabès. ste

Mais, parmi ces connaissances sur Pinfection syphilitique du système nerveux un point reste obscur. Personne ou presque personne ne parle ou ne s'occupe de

l'influence directe de la syphilis sur le système nerveux

Due

périphérique. Cest toujours à l'axe cérébro-spinal qu’on

rapporte les manifestaons de la diathèse. Qu’une para-

lysie motrice, accompagnée ou nou de troubles sensilifs,

apparaisse à une époque quelconque de la maladie, ou un

point de l'organisme, on l'explique toujours par une lésion centrale. Et, si les symptômes se généralisent, si la mort

survient, voici que bon gré mal gré on force l’anatomie

pathologique de découvrir cette lésion centrale si minime soit-elle.

De ci de là, on trouve bien dans la littératur: médicale quelques notes servart surtout à démontrer que la question des névrites syphilitiques existe; de temps à autre aussi une observation est publiée relatant un cas de névrite syohilitique essentielle, et c’est tout.

Cependant, tout le monde sait que dès le début de la. contagion, aucun organe, aucun appareil, aucun système n’est à l'abri de l’activité nocive du poison syphilitique. Pourquoi ce virus n’exercerait-il pas ses ravages uniquement sur les nerfs puisqu'il peut le faire spécialement sur tel autre organe.

De plus, on a reconnu à nombre de maladies infec-. tieuses le pouvoir d’occasionner des névrites à un moment donné de leur existence. On connaît les névrites de la dyphtérie. La variole la fièvre typhoïde, la tuberculose, le beriberi, la lèpre, l’impaludisme, l’infecuon puerpérale, le rhumatisme chronique agissent eux aussi sur les nerfs, Pourquoi la syphilis, infectieuse au même titre que ces maladies, ne créerait-elle pas, comme elle, des névrites

primitives, indépendantes de toute modification du sys-

ème nerveux central.

re

La raison adopte facilement cette hypothèse que la clinique vient démontrer. Souvent malheureusement les névrites passent inaperçues pour diverses raisons dont la principale nous semble être l'ignorance de la cause. D, là sans doute le trop petit nombre d’observation que nous avons pu réunir malgré nos recherches assidues.

Aussi, pour le moment, en face de cette difficile question, avant de tirer des conclusions il faut réunir des faits nombreux. C’est ce à quoi nous avons borné notre ambition, voulant simplement rapprocher les faits existants et épars, montrer ce qu'ils ont de commun entre eux ; en un mot dégager, si possible, une forme clinique jusqu’à présent vague et souvent mal définie,et faire entrer l’histoire

des névrites syphilitiques dans le domaine de la pratique,

Prenant pour base de notre étude les observations qui y sont consignées, nous envisagerons seulement les névrites des nerfs craniens et des nerfs rachidiens qui nous ont paru manifestement dues au virus syphilitique à la pé- -riode secondaire de la maladie et qui se sont montrées indépendantes de toute lésion des centres nerveux.

Nous essayerons ensuite d’en faire la symptomatologie

le diagnostic, le traitement et le pronostic.

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