TEST
d’abord siégé à droite, puisque c’est dans cette région que se
trouvaient les traces de cautères et d'incisions. La malade serait restée cinq ans au lit pour cette affection siégeant dans le flanc droit.
Réglée très tardivement, à 24 ans, et, depuis, d’une façon
régulière, mais peu abondante. Elle n'a pas eu de ménorragies, ni de métrorragies. Six grossesses sans aucune particularité.
Pas de dystocie. Pas de fausses couches.
Etal actuel. —- Bien portante il y a quinze jours. À ce moment, une douleur se manifeste dans le flanc üroit, au niveau de la région atteinte 35 ans auparavant et qui nécessita son séjour au lit pendant 5 ans. Cette douleur s'accroît et devient de plus en plus vive.
Parallèlement, apparition d'une tumeur au même endroit, tumeur qui grossit en même temps que les douleurs s’accusent de plus en plus. Constipation accentuée, mais pas absolue. Vomissements abondants et répétés, qui ont été même verdâtres à un moment donné, vomissements qui cessent le matin du jour où la malade est entrée dans le service de M. Proqué.
Oligurie, pas anurie complète pendant les deux premiers jours où la malade a commencé à souffrir. La malade n'a eu aucun trouble du côté de l'appareil biliaire, ni coliques hépatiques, ni urticaire, ni ictère ; cependant, dégoût assez accusé pour les matières grasses. Du côté de l'appareil urinaire, pas de colique néphrétique antérieure, pas de symptômes d'hydronéphrose intermittente, pas d'hématuries. Rien du côté du tube digestif, du système génital. Rien au poumon et au
cœur.
Examen physique. — Inspection. — Paroi abdominale soulevée nettement au niveau du flanc droit, vonssure nettement appréciable au niveau d'anciennes cicatrices de cautère déjà mentionnées. A la lumière oblique, cette saillie s'élève et s'abaissé avec les mouvements du diaphragme : son bord! inférieur paraît être à deux travers de doigt audessus de l’ « arcade de Fallope ». Pas de rougeur de la peau. :
De
Palpation. — Tumeur nettement appréciable, du volume des deux poings, lisse, arrondie, nettement fluctuante, bien limitée, La tumeur glisse sous la paroi abdominale ; elle est mobile légèrement de haut en bas et un peu transversalement; en haut, elle paraît se continuer avec le foie. Pas de pulsations. Le reste de l’abdomen est très souple.
Percussion. — Matité au niveau de cette tumeur, qui, en haut, se continue avec celle du foie abaissé ; mais la portion comprise entre la partie la plus nettement perceptible de la tumeur et le foie, c'est-à-dire la zone de l'hypocondre, est plutôt submate, Il existe une zone de sonorité entre l’Arcade de Fallope et le fond de la tumeur. Pas d'ascite.
Toucher vaginal. — Gol utérin presque disparu, utérus en rétroversion. La tumeur, en pressant sur l’abdomen, ne descend pas au contact du doigt vaginal. La manœuvre inverse, le soulèvement en haut de la tumeur, n'arrive pas à faire bouger l'utérus par traction du ligament large droit où la tumeur pourrait avoir des connexions. Donc, indépendance de la tumeur examinée, avec l'appareil génital annexiel en particulier. |
Toucher rectal. — Confirme les données du toucher vaginal ét les précise en même temps qu'il fait constater l'absence de lésions du côté du rectum. Au moment où la malade est examinée, elle a un grand frisson qui dure depuis plusieurs heures, un pouls petit, filiforme, une température de 39°. Quoique constipée, elle rend des gaz. Les vomissements ont cessé depuis le matin. Examen fait à r1 heures du soir ; l’intervention, urgente est remise au lendemain matin, où l’examen physique est repris et où l’on observe seulement comme changement une matité moindre au niveau dé la tumeur ; il semble que les intestins soient au-devant d’elle.
Diagnostic. — En somme, la malade présentait les symptômes généraux suivants : douleur de la région de l'hypocondre et du flanc droit, avec vomissements répétés et température
de 39°, dégoût spécial qu'elle dit avoir pour les substances grasses, joints aux signes physiques : tumeur arrondie, lisse, fluctuante, paraissant se continuer avec le foie et suivant les mouvements d'élévation où d’abaissement du diaphragme, de plus, indépendante de l’appareil annexiel génital. En conséquence, le diagnostic de kyste hydatique suppuré du foie, variété antéro-inférieure fut porté, après avoir éliminé : la cholécystite suppurée (pas d’antécédents hépatiques, coliques, ictère, pas de collision calculeuse par la palpation) ; le kyste de l'ovaire à pédicule tordu (pas de signe d'hémorragie interne, pas de symptômes fonctionnels génitaux, indépendance de la turneur constatée par l'exploration gynécologique) ; l'hydroné. phrose dans un rein mobile (oligurie des deux premiers Jours, il est vrai, mais pas de crise urinaire, ballottement rénal pas appréciable, pas d'antécédents urinaires) :le kyste du mésentère (cependant la tumeur s'était montrée à l’âge de: 15 ans, selon la malade, et MARIOLIN avait même dit qu'elle était « au milieu des intestins »).
Opération. — Laparatonne latérale droite qui permet de constater que la tumeur n'appartient ni au foie, ni au rein. Les anses intestinales sont au-devant de la tumeur. Il s’agit probablement d’un kyste du mésentère. |
On suture alors rapidement la plaie latérale et on fait, pour mieux atteimdre ce kyste, la laparatomie médiane ; les anses. intestinales sont écartées et permettent de voir la tumeur incluse dans le mésentère. On effondre les feuillets du mésentère et on ponctionne le kyste avec l'appareil Potain ; le liquide sort blanc grisâtre, environ un litre. On pose un champ sur l'ouverture du trocart retiré.
On cherche alors à énucléer la tumeur, mais les parois en sont friables ; il y a une légère effusion de liquide dans l’abdomen garni cependant soigneusement de compresses. M. Prc- QUÉ parvient néanmoins à faire l’ablation totale du kyste : . mais, à ce moment, survient une hémorragie assez abondante que l’on maîtrise par un tamponnement, avec de longues pin-
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ces tenant des compresses. On met ensuite un « Mikulicz » s’enfonçant au niveau de lespace laissé vide par l'extraction du kyste et bourré de longues mèches iodoformées, Suture abdominale. La malade est morte le lendemain de l'opération ; la nécropsie n'a pas été pratiquée.
Examen des pièces. — A l'examen macroscopique, le kyste a le volume des deux poings fermés. Ses parois, d'épaisseur variable, ont quatre centimètres en certains points, deux centimètres en d’autres. Cette poche est irrégulière par places et bosselée. L'exa:ien de sa cavité montre qu'elle est multiloculaire, non par brides, adhérences ou cloisons, mais par ectasie de certaines parties de la paroi, à la façon d’une vessie à colonnes, La surface interne est lisse, pas villeuse, ni tomenteuse, rougeâtre. Le liquide, un litre environ, d’odeur fétide, a un aspect séro-purulent. un peu verdâtre : il contient quelques grumeaux, pas de membranes.
L'examen histologique a été pratiqué par M. Macé. Le pus n'a pu être examiné parce qu'il a été reçu dans un récipient non stérilisé ; l'examen de la paroi du kyste ne peut permettre d'en reconnaître le revêtement épithélial. A la partie périphérique de la masse, une portion de couleur jaune clair préle. vée a montré que c'était du parenchyme rénal. Les tubes sont très nets et les glomérules de Malpighi se font remarquer par leur volume. C’est donc une poche d’hydronéphrose à contenu purulent.