‹ Contribution à l'étude clinique du phényléthylbarbiturate de brucineChapitre 11 sur 37 · QE D PM · texte numérisé non relu

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ble, environ 0 gr. 05 par kilo. Chez le lapin, le phényl éthylbarbiturate de brucine est convulsivant à la dose de 0 gr. 04 par kilo.

Chez le chien, avec 0 gr. 002 par kilo, par voie intraveineuse, on obtient des convulsions.

L'origine de ces phénomènes tétaniques est facile à déterminer chez la grenouille. Comme on pouvait le prévoir d’après nos connaissances sur la strychnine et la brucine, on observe les convulsions après section sousbulbaire de la moelle. D’autre part elles n’apparaissent pas quand celle-ci est détruite; leur origine est donc exclusivement médullaire.

Après la phase tétanique, les sels de strychnine et de brucine provoquent, comme on le sait, une pseudo-curarisation. Avec le phényléthylbarbiturate de brucine, on observe, après la période d’accidents convulsifs, une phase de paralysie, mais l’excitation du nerf provoque toujours une contraction du muscle. La pseudo-curarisation n’est donc pas totale.

Enfin, au bout de quelques heures, la phase de paralysie se termine, les convulsions réapparaissent, puis diminuent d'intensité et les mouvements deviennent

normaux.

5° Action cardio-vasculaire

Chez le chien, par voie sous-cutanée, le produit n’exerce aucun effet ni sur la pression, ni sur le cœur.

Par voie intraveineuse, la dose de 0 gr. 0002 est à peu près inactive (fig. 1); celle de 0 gr. 001 par kilo provoque une chute de pression passagère, qui s’observe, d’ailleurs également, avec la brucine seule.

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Fig. 4

Action sur la sécrétion urinaire, chez le chien. 1ère et 3ème lignes, sécrétion urinaire inscrite par la méthode rhéographique.

3ème et 4ème lignes, pression artérielle.

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6° Action musculaire

Sur le gastrocnémien de grenouille, l’excitabilité n’est pas sensiblement modifiée, même par des fortes doses de médicament.

Sur le muscle de sangsue, qui, on le sait, reste immobile dans le liquide de Ringer, le phényléthylbarbiturate de brucine fait apparaître un rythme assez régulier, à la dose de 0 gr. 05 p. 100 de liquide nutritif. La fréquence des contractions est de quatre ou cinq à la

minute (fig. 2).

7° Action sur l'intestin et sur l'utérus isolés

Par addition de 0 gr. 03 de médicament à 100 de liquide de Tyrode, on constate l’arrêt des contractions d’un fragment d’intestin de lapin, entretenu en survie et dont on inscrit les mouvements par la méthode de Magnus (fig. 3).

Sur J’utérus de femelle vierge, le produit exerce une action hypotonique. La brucine (base) se comporte à peu près de la même manière sur ces deux organes. Il convient de signaler que l’acide phényl éthyl barbiturique seul, à des doses correspondantes, est sans effet

sur l'intestin.

8° Action sur la secrétion urinaire

Chez le cobaye, le lapin et le chien (fig. 4), par voie sous-cutanée et à forte dose, la secrétion urinaire est diminuée pendant les premières heures qui suivent l’in-

jection, mais celle-ci ne tarde pas à redevenir normale.

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Chez l’homme, par voie buccale, la diurèse n’est pas

influencée.

9° Etude d'actions diverses

Le médicament ne modifie pas le rythme respiratoire, tout au moins par voie digestive ou sous-cutanée. Par voie intraveineuse, inimédiatement après l'injection, la respiration est un peu accélérée; mais elle ne tarde pas à reprendre sa fréquence primitive.

Les actes digestifs, l'appétit et la nutrition des lapins et cobayes soumis à des doses moyennes de phényléthyl-

barbiturate de brucine ne paraissent pas influencés.

Etude clinique

du phényléthylbarbiturate de brucine

En raison de la faible toxicité de la brucine, on pouvait théoriquement prévoir que le phényléthylbarbiturate de cet alcaloïde pouvait être administré, chez l’homme, à la dose de plusieurs centigrammes. Dans nos premiers essais, nous avons adopté une posologie prudente, qui nous a montré l’inefficacité des doses quotidiennes inférieures à 0 gr. 02. L’action thérapeutique commence nettement à se manifester avec 0 gr. 03.

Ces doses, chez beaucoup de sujets, peuvent être avantageusement augmentées et portées à 0 gr. 06 par jour, en prises réfractées. Ce n’est, d’ailleurs, pas là une dose limite, puisqu'elle ne correspond, approximativement, qu’à 0 gr. 036 de brucine et 0 gr. 024 de malonylurée, et on sait que ces deux substances peuvent être prescrites en quantités considérablement supérieures. Nous rappelons à cet égard que l’administration de 0 gr. 05 de brucine en une seule fois est considérée comme étant sans inconvénient (P. Lebeau et C. Courtois).

On trouve même indiquées, dans la littérature pharmacologique, des doses de 0 gr. 10 en une seule fois et,

par jour, 0 gr. 30 d’après Tabuteau, 0 gr. 75 d’après

DS Ne

Joanin et même 0 gr. 90 d’après Livon. Cette posologie nous paraît assurément exagérée, mais elle est de nature à tranquilliser le praticien sur les quantités de trois à quatre centigrammes de brucine contenues dans les doses quotidiennes du médicament. D'ailleurs, si minimes qu’elles soient, celles-ci sont suffisantes pour provoquer les effets toniques et sédatifs que la constitution

chimique du produit faisait théoriquement prévoir.

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