‹ Contribution à l'étude clinique du phényléthylbarbiturate de brucineChapitre 5 sur 37 · RIT · texte numérisé non relu

RIT

fatigues de la veille et qu’un supplément de repos est nécessaire. Cet état va en se dissipant à mesure qu’avance la journée, pour réapparaître vers le soir et se continuer dans la nuit, réalisant le rythme paradoxal de Montarsat.

L’asthénie musculaire est très importante; elle s’expliquerait par la production incessante de produits dits curarisants, engendrés par l’activité du muscle et non neutralisés comme normalement.

La marche, même sur des distances courtes, cause une lassitude qui force souvent certains malades à s’asseoir. Ils ne peuvent soutenir longtemps la contraction de leurs muscles. Ils n’ont pas de réserve motrice et la réparation est trop lente.

L'hypotension est habituelle; l’anorexie est fréquente avec état saburral de la langue. Les troubles dyspeptiques sont souvent caractérisés par une dilatation gastrique, avec gêne marquée après les repas. C’est souvent pour ces symptômes que les patients viennent consulter et ils attribuent parfois leur fatigue au mauvais état de leur appareil digestif.

Le vertige est un accident fréquent sous forme d’accès de courte durée : c’est une sensation de déséquilibre qui s’apparente peut-être au vertige stomacal de Trousseau.

L’asthénie est également psychique, déterminant de la dépression cérébrale avec ralentissement du travail intellectuel et une fatigabilité rapide qui oblige le sujet à faire des pauses, sous peine de voir s’accentuer les symptômes déjà décrits. L’attention diminue également et ne peut être longtemps soutenue.

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Ces sujets non traités vont évoluer vers des états mélancoliques, superficiels chez les uns, plus accentués chez les autres, s’accompagnant de ce que les malades appellent leur tristesse habituelle, constituant chez d’autres le fond psychique sur lequel vont osciller de légères euphories.

Cet état sera de courte durée lors des convalescences de maladies graves; d’autres fois, sans causes définies, il s’accentuera, réalisant l’ébauche d’une maladie mentale.

Le caractère est véritablement troublé; le malade devient instable, il a de l’hyperexcitabilité nerveuse, signant en quelque sorte le mauvais fonctionnement de l'organisme.

Ce qui nous intéresse ici, c’est la faiblesse irritable des Bouveret, Brissaud, Maurice de Fleury. La forme d’asthénie dont nous étudions le traitement, c’est précisément l’épuisement qui s'allie à de l’excitation. Ce sont les asthéniques irritables, coléreux, les insomniques, ceux qui ne peuvent rien supporter et qui rendent à leur entourage la vie impossible.

Cette action nerveuse ne fait qu’accentuer leur dépression physique par le mauvais fonctionnement des divers appareils.

L'action du thérapeute a été bien souvent favorable, lorsque pour ces asthénies particulières, il a associé des stimulants et des calmants nervins; aussi on utilise des associations de bromures avec des phosphates, de barbiturique avec de la strychnine.

Cependant, ilest apparu à MM. H. Busquet et Ch. Vischniac que l’action d’un corps stable, nettement défini,

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réunissant les deux propriétés, aurait en thérapeutique un gros avantage en raison de sa constitution chimique.

La strychnine, grand médicament de l'insuffisance médullaire, se trouvait tout indiquée, à la condition de la combiner avec un barbiturique. Mais la grande toxicité de la strychnine ne permet pas d’administrer au malade une dose suffisante de son composé barbiturique pour que chacun de ses éléments puisse manifester son activité thérapeutique propre. Les auteurs ont eu alors l’idée de recourir à un alcaloïde voisin de la strychnine par sa nature chimique et par ses effets physiologiques, mais doué d’une toxicité beaucoup plus faible. Cet alcaloïde est la brucine. Au point de vue chimique, il n’est autre chose que la dimethoxy-strychnine et quant à son action physiologique elle est qualitativement la même que celle de la strychnine, mais à un degré plus faible.

En combinaison avec la phényléthylmalonylurée, la toxicité de la brucine est encore abaïissée de trois fois, de sorte que, sous forme de cette nouvelle combinaison, la toxicité n’entre pour ainsi dire plus en ligne de compte aux doses thérapeutiques.

L'association dans la même molécule d’un alcaloïde et d’un dérivé barbiturique pour permettre l’utilisation simultanée des effets physiologiques différents a fait largement son chemin ces dernières années. Ainsi le diethylbarbiturate et le dipropylbarbiturate de quinine ont été réalisés par Merk de Darmstadt, le phényléthyl barbiturate de spartéine par F. et L. Mercier et le phényléthylbarbiturate de yohimbine par MM. H. Busquet et Ch. Vischniac.

Le nouveau venu est l’œuvre des mêmes auteurs.

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