CONCLUSIONS
Après tout ce que nous venons de dire, nous pensons pouvoir émettre les propositions suivantes :
1° Le sarcome du sein constitue, à un certain degré de son évolution, une tumeur d’une physionomie toute spéciale, présentant des caractères absolument différents de ceux du carcinome.
La récidive sur place est fréquente et la tumeur se reproduit souvent plusieurs fois de suite; il n’est pas très rare d’observer la généralisation, mais la production simultanée ou consécutive de tumeurs viscérales ne s’accompagne pas d’une infection spécifique comme cela a lieu pour le carcinome.
2° Lorsque le sarcome du sein a acquis un développement suffisant pour présenter ses symptômes caractéristiques, il est urgent d’intervenir par une opération.
L’opération doit être faite aussitôt qu’on voit une petite tumeur bénigne présenter rapidement un accroissement notable, surtout si l’on constate 1 existence de kystes. Tant qu’on n’a affaire qu’à une petite tumeur bénigne stationnaire, on peut attendre, mais il est encore bon de faire l’opération par mesure de prévoyance.
L’opération n’est pas contre-indiquée par le volume considérable de la tumeur, pas plus que par son ulcération.
L’extirpation doit être faite de nouveau aussitôt' et autant de fois qu’on voit le sarcome se reproduire.
3* L’état d’intégrité de la peau permet de tailler un lambeau inférieur et d’obtenir une réunion par première intention sous le pansement de Lister, et par conséquent une guérison rapide.
Pour les sarcomes de gros volume, il faut aller vite en pratiquant l’énucléation, pour éviter une perte de sang trop abondante.
La tumeur étant enlevée, et les vaisseaux saisis avec des pinces hémostatiques, il faut procéder minutieusement à la dissection de la glande pour se mettre, autant que possible, à l’abri des récidives.