‹ Contribution à l'étude clinique et radiographique des décollements épiphysiaires de l'extrémité inférieure du fémur chez l'enfant Résultats éloignésChapitre 10 sur 22 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Décollement pur avec déplacement complet

Planche I (1,aet b)

André M..., 8 ans.

Antécédents héréditaires. — Nuls.

Anlécédents personnels. — Rougeole.

Le 21 décembre 1904, l'enfant qui venait de grimper à l’arrière d'un fiacre a la jambe gauche prise entre les rayons d’une roue. Il tombe, est relevé et ne pouvant marcher est transporté à son domicile.

Un médecin appelé ordonne son envoi à l'hôpital.

A son arrivée, l'examen montre un gonflement marqué du genou et de l'extrémité inférieure de la cuisse gauches. On note une saillie très accusée au niveau de la face antérieure du genou qui contribue à augmenter considérablement le diamètre antéro-postérieur de ce dernier.

La peau est tendue et luisante. Elle ne présente pas trace d’ecchymose etil n’y a pas de plaie.

Le membre est dans l’impotence complète; aucun mouvement de la jambe n’est possible.

L'examen local est rendu difficile par suite du gonflement.

Pourtant, en procédant avec douceur,on parvient à sentir en

arrière un fragment osseux qui affleure la peau et qui se continue en haut avec la diaphyse.

En avant, on réussit à délimiter superficiellement l’épiphyse inférieure dont la masse fait saillie à ce niveau.

Au-dessus de celle-ci, l'exploration est impossible et ne permet pas de fixer l'orientation de l’épiphyse. Tout au plus peut-on dire qu’elle semble passée en totalité devant la diaphyse.

La pression est douloureuse dans toute l'étendue du gonflement, mais surtout en avant sur l’épiphyse, entre elle et la diaphyse, et en arrière au niveau de l'extrémité inférieure de celle-ci. |

L'augmentation considérable de volume ne montre qu'un léger degré de mobilité anormale. Pas de crépitation.

Pas de complications révélables cliniquement : pas de troubles du côté de la vascularisation et de l’innervation.

Il ne semble pas non plus que le squelette de la jambe soit touché. |

La radiographie (a, face ; b, profil) faite le 23 décembre, montre l'existence d’un décollement épiphysaire de l’extrémité inférieure du fémur gauche. La diaphyse, en arrière, fait saillie par son extrémité libre dans la région poplitée. L'épiphyse repoussée en avant regarde en haut par sa face supérieure détachée. L'ombre entre les deux fragments est produite par la cupule épiphysaire. |

On pratique la réduction par manœuvres externes, sousanesthésie générale. Et l’on immobilise en extension dans un appareil plâtré.

À la radiographie, lé 24 décembre : bonne réduction.

Le 2 février 1905, l'enfant quitte l'hôpital, après ablation

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