OBSERVATION VI
Décollement pur, déplacement complet avec lésion associée (fracture du tibia) Planche I (IV, a, b, c, d,e, f, g\.
Eugène D...,5ans 1/2.
Antécédents héréditaires. — Nuls.
Antécédents personnels. — Rien de particulier à signaler. Actuellement, en bonne santé.
Le 19 juin 1909. l'enfant qui était monté sur un fiacre en marche a la jambe gauche prise entre les rayons d’une roue. : Il tombe et est ramené chez ses parents qui Le transportent aussitôt à l'hôpital.
A l'examen, on est frappé par l’existence d’un énorme
gonflement de l’extrémité inférieure de la cuisse et du genou
gauches ù
Abby PE
Celui-ci est considérablement augmenté de volume,surtout dans son diamètre antéro-postérieur.
Pas d’ecchymose, pas trace de plaie en cette région ni en aucun autre point du membre.
En suivant le fémur de haut en bas, on arrive à sentir une saillie dans la région poplitée: c’est l'extrémité inférieure du fragment diaphysaire.
La palpation de la région antérieure du genouest plus difficile, en raison du gonflement. ;
On peut constater toutefois l'existence d’une saillie osseuse volumineuse tendant les téguments et constituée par l'épiphyse détachée. ,
La pression est douloureuse sur toute l’étendue du gonflement ; elle est plus marquée toutefois au niveau dela ligne de séparation des deux fragments détachés : de la diaphyse en arrière, de l’épiphyse, et au-dessous de celle-ci dans la
dépression qui existe entre eux, en avant.
Mobilité anormale.
Impotence complète. Mouvements provoqués douloureux.
Pas de crépitation.
L'examen des parties voisines ne semble révéler rien de particulier. Les os de la jambe semblent intacts. A signaler pourtant l'existence d’un point douloureux à la pression sur letibia à deux travers de doigt de l’interligne articulaire du genou.
Le22juin,laradiographie IV (a, face, b, profil), confirme ces données cliniques en situant d'une manière précise la position respective des fragments dia et épiphysaires séparés.
Décollement épiphysaire de l'extrémité inférieur du fémur.
Déplacement complet : diaphyse en arrière, épiphyse basculée en avant.
De plus, existence d’une fracture au niveau de l'extrémité supérieure du tibia. Péroné intact.
Le 26 juin.,on pratique la réduction par manœuvresexternes La radiographie montre qu'elle est assez bien obtenue. Et l’on immobilise en extension dans un appareil plâtré.
Le 30 juillet, ablation du plâtre. L'épiphyse a glissé en avant. On fait une intervention sanglante. Réduction et coaptation. Plâtre.
Le 15 septembre, ablation du plâtre.
Le 23 octobre,la radiographie {IV, c, face; d, profil) montre qu’on a obtenu un bon résultat,
Pas de phénomènes locaux à signaler. Bon cal, Pas de douleurs. Pas de troubles des mouvements du genou. Quitte l'hôpital le 25 novembre 1900.
Est reou le juin 1912, à l’âge de 9 ans.
Présente de la déviation de la jambe en genu valgum et du raccourcissement (non mesuré).
Revient le 19 septembre 1915. Entre à l'hôpital. On pratique une ostéotomie sus-condylienne cunéiforme. — La radio IV, e,montre le premier résultat éloigné,genu valgum, avant l'intervention ;
Le 21 mars 1918, l'enfant est reou, soit deux ans et demi après l’ostéotomie. La radiographie (LV, f, profil; 7 face montre bien le résultat éloigné obtenu après cette dernière. (Les marques noires représentent la pointe de ciseaux cassés
dans les condyles lors de l'intervention).
2 Die
OBSERVATION VII Décollement simple avec déplacement latér al en valgus
Charles D..., 7 ans 1/2.
Antécédents héréditaires. — Mère spécifique ; père bien portant. Ont eu deux autres enfants : un mort-né, l’autre est bien portant.
Antécédents personnels. — Né à terme ; nourri au sein ; premiers pas à ro mois 1/2; première dent à 8 mois. Rougeole.
Le 12 août 1917, l’enfant qui était monté sur une voiture tombe sur sa jambe droite.
ne peut se relever et doit être transporté chez ses parents qui l’amènent à l'hôpital.
L'examen du membre inférieur blessé montre une déviation de son axe en valgus.
On ne note pas de gonflement notable au niveau du genou ni au-dessus. Pas d’hémarthrese de cetie’articulation. Pas d’ecchymose, pas de plaie.
Le sommet de l'angle ouvert en dehors que forme la jambe sur la cuisse est sensiblement au niveau du cartilage conjugal de l'extrémité inférieure du fémur.
A ce niveau, en dehors, marche d’escalier sensible à la palpation et due au déplacement en dehors des masses condyliennes fémorales.
— Au-dessus de cette saillie les doigts s’enfoncent dans une dépression qui fait prendre contact avec la diaphyse. Celle-
ci a conservé le contact avec l’épiphyse au niveau de la ligne
de séparation.
La pression en cet endroit précis est douloureuse ; elle l’est beaucoup moins dans son voisinage immédiat.
L’impotence fonctionnelle est absolue depuis le moment de l’accident. Et pendant l'examen, le membre reste inerte. dans la position qu'il occupe. Toute tentative de déplacement dans un sens ou dans l’autre est impossible, mais permet toutefois une légère exagération dans le sens de l’abduction.
Le 13 août, on réduit la déformation sous anesthésie et l’on applique une gouttière plâtrée.
Le 14 août, la radiographie montre qu’on a obtenu un bonne réduction. ;
Le 19 août, l'enfant quitte l’hôpital.
Il revient nous voir le 11 septembre suivant. On ôte le plâtre. L'enfant se tient debout comme il faut.
La réduction s’est bien maintenue. Il n’y a pas de gros cal, pas de douleurs. |
Les mouvements de flexion du genou se font bien. La marche est convenable.
A été convoqué à l'hôpital en 1920. Est inconnu à l'adresse
qu'il avait laissée.