DÉFINITION
On entend par décollement épiphysaire une solution de continuité d'origine traumatique au niveau d’un cartilage conjugal non encore ossifié. En réalité, l’épiphyse estintacte et c’est plutôt décollement diaphysaire (Ollier) qu'il faudrait dire. Mais l'usage a prévalu et c’est le premier. terme qui est couramment employé.
Deux faits doivent être pratiquement distingués : ou le trait de fracture suit le cartilage seul dans toute ou partie de son étendue et il s’agit alors d'un décollement pur, ou il se continue sur un fragment diaphysaire simultanément détaché et l’on a affaire à un décollement avec fracture. Ce cas est le plus fréquent chez les sujets plus âgés.
‘Histologiquement, la division au sein du cartilage n'’oc-
cupe pas un siège fixe et invariable. Elle peut être
en effet dans le cartilage sérié, le cartilage calcifié ou contre le cartilage dans la diaphyse. Les faits expérimentaux ne sont pas: ici rigoureusement d'accord avec les faits cliniques : alors que, en effet, il s'agirait pour les uns (Curtillet) de fracture juxta-conjugale, il s’agirait pour d'autres d'une vraie division intra-cartilagineuse (Cornil et Coudray).
Quoi qu'il en soit, la lésion fondamentale du cartilage, que montre bien l'examen à l'œil nu, d'accord en cela avec l'observation clinique, aura pour conséquence naturelle d'entraîner des troubles de sa fonction ostéogénique, en rapport étroit avec la fertilité de l’épiphyse considérée.
Ces faits de décollements épiphysaires, de mieux en mieux connus, occupent en pathologie infantile une place importante. Nous bornerons notre étude à l’un des plus
À graves, celui de l'extrémité inférieure du fémur, qui nous à particulièrement intéressé, tant au point de vue de son étiologie et de son mécanisme que de ses particularités cliniques et de ses résultats éloignés. Nous
insisterons spécialement sur ces derniers.