C..., 26 ans, garçon épicier
N'a jamais été malade. Aucun trouble gastrique antérieur. Bon appétit habituel. Pas de constipation.
Le 8 janvier, après avoir mangé de bonne heure, s’en va à son travail, bien portant.
À 10 heures, en faisant un petit effort, ressent une douleur brusque, très intense, déchirante, à la partie gauche de l’abdomen. :
On l’amène à l'hôpital.
A l'examen, douleur atroce. Le maladeest très abattu, prostré. Facies altéré. Voix cassée, éteinte. Pouls petit, rapide. Température—39°5.Pas de vomissements. Abdomen légèrement tendu. Défense musculaire. Palpation douloureuse portant surtout dans la fosse iliaque.
On fait le diagnostic d’appendicite.
Traitement : Glace et opium.
Le 9 janvier, température — 37°2 le matin, 3602 le soir. Pouls faible, très fréquent. Langue sale. Etat général mauvais. Météorisme. Douleur spontanée un peu calmée, mais très vive à la palpation, surtout au niveau de la fosse iliaque. Un peu de diarrhée ; ni nausées, ni vomissements.
Le 10 janvier, température — 36°6. Le pouls augmente de fréquence, filiforme, très rapide. Facies d'infection profonde généralisée. Vomissements sanguinolents, puis verdâtres et porracés.
Le malade est confié au chirurgien, qui pense à l’appendicite.
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Opération : incision parallèle à l'arcade crurale. Ouverture du péritoine : issue d’un liquide peu fétide,louche, comme du bouillon sale. On ne sort pas l’appendice. Le doigt sent une masse diffuse, dans la fosse iliaque. Drainage par une mèche de gaze iodoformée.
Sérum artificiel, champagne, glace sur le ventre. |
Le 11 janvier, température —36°2. Pouls — 130. La respiration est embarrassée. La langue est sèche; le facies de plus en plus altéré. Le ventre est très météorisé, surtout dans sa partie supérieure. La palpation n’est plus douloureuse. Pas de gaz. Vomissements incessants de matières verdâtres.
Sérum. Alcool. Opium.
Le malade meurtla nuit suivante dans l’hypothermie.
Autopsie : Abdomen très météorisé. Anses intestinales très distendues. Liquide rougeâtre, plutôt sapieux que purulent. Adhérences nombreuses, récentes, fibrineuses. Liquide dans le petit bassin. Dans la fosse iliaque droite : anses accolées, difficiles à séparer ; cæcum et appendice sains; liquide semblant venir de plus haut. Recherche de la face antérieure de l'estomac et du pylore : ulcération régulière, arrondie, du diamètre d'une pièce de.0 fr. 20,à la face antérieure du duodénum à 1 centimètre du pylore.Par sa face muqueuse, cette ulcération ne paraît pas taillée à l'emporte-pièces; deux gradins concentriques, l'un formé par la couche musculo-séreuse, l’autre par la couche muqueuse. Aucune autre lésion dans l'estomac et le duodénum.
OBSERVATION XII. — Zardennois, de Reims.
(En collaboration avec le D' Bauget,23e Congrès de chirurgie.)
L... André, garçon marchand de vins, entre à l'hôpital le 26 mai, à 10 heures du soir, envoyé par un médecin de la ville avec le diagnostic d’obstruction intestinale.
A toujours joui d'une bonne santé. Fort, robuste ; aucune tare héréditaire, ni acquise. Aucun passé gastrique : n’a
Jamais souffert de douleurs abdominales; n’a jamais rien vu de spécial dans ses garde-robes. '
Gros mangeur. Habitudes alcooliques possibles, non affirmées.
Le lundi, 24 mai, au soir, à la suite d'un dîner copieux, ressent un léger malaise, tout à fait passager.
Le 25, au matin, il est tout à fait remis de ce malaise, lorsqu'à la fin de son déjeuner il ressent une douleur abdominale subite, atroce, qui ne fait qu'empirer et} l'oblige à se coucher. Nausées et vomissements alimentaires,puis bilieux, qui durent peu. Douleur persistante, en un point à gauche de la ligne médiane entre l’ombilic et l’appendice xyphoïde.
Un médecin appelé pense à volvulus et fait des lavements sans pression. Le malade entre à l'hôpital dans la soirée.
À 10 heures du soir, plus de vomissements, depuis 11 heures du matin; pas de hoquet. Douleur moins vive, diffuse, dans la portion susombilicale. Ni gaz, ni matières depuis la veille, malgré les lavements.
Ventre tendu, sans ballonnement ; un peu de défense musculaire, plus marquée peut-être à la partie susombilicale gauche, avec un peu plus de sensibilité en ce point: Etat général très atteint, demi-torpeur : le malade répond difficilement ; il souffre moins et dit aller mieux. Facies profondément altéré; visage légèrement cyanosé; traits tirés; yeux cernés, excavés ; regard terne ; voix cassée. La langue est sèche et tremblante. La respiration est anxieuse, un peu précipitée. Le pouls très rapide, filiforme, presque imperceptible. La température — 360 6. Les extrémités sont froides. Sueurs.
Le 26 mai, à 1 heure du matin, opération.
Chloroforme. Longue incision médiane à 2 travers de doigts au-dessus du pubis, continuée au-dessus de l’ombilic. A l’ouverture de la cavité abdominale, quelques bulles de gaz un peu fétide; liquide louche, sanieux, plutôt que purulent, avec quelques flocons fibrineux. Anses intestinales distendues, avec dépôts fibrineux; séreuse péritonéale rouge : les lésions semblent généralisées. Recherche du cæcum : l'appendice semble
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contracté, rigide, durci, non perforé; moins de lésions dans l'abdomen inférieur. On pense alors que la lésion siège à l’étage supérieur. On écarte le côlon transverse et le foie; on arrive sur l'estomac : ici, le liquide péritonéal semble plus louche, les dépôts fibrineux plus abondants. La main qui relève le foie, appuyant sur l'estomac, provoque l'issue de bulles de gaz, qui s’échappent en gargouillant. On trouve une perforation, de la dimension d’une grosse lentille, arrondie, au niveau du canal pylorique, à égale distance des bords supérieur et inférieur; on ne peut se rendre compte si elle est duodénale ou stomacale. Double série de points de Lambert sur la perforation. Toilette rapide du péritoine et des anses intestinales : assèchement avec des compresses. Suüture de la paroi avec deux drains à la partie supérieure et un seul à la partie inférieure.