SOINS POST-OPÉRATOIRES
Nous allons étudier successivement les soins à donner aux opérés après cholécystostomie, cholécystectomie simple et cholécystectomie avec drainage de l’hépatique,
en cas de suites opératoires normales.
APRÈS CHOLÉCYSTOSTOMIE
Le pansement comporte deux draïns en général : le drain vésiculaire, très long, qui devra traverser le pansement ét être raccordé à un tube de caoutchouc qui plonge dans un bocal gradué ; le drain sous-vésiculaire, entouré de mèches, immédiatement au-dessous de la vésicule. Le drain vésiculaire « donne » surtout à partir du troisième jour ; la bile, d’abord épaisse, trouble, filante, devient plus fluide et plus limpide à mesure qu'elle est moins infectée.
Le pansement lui-même est composé de compresses et de coton stérilisé, le tout maintenu par un bandage peu serré. Le pansement doit être très épais, pour éviter que l'opéré souille de bile son lit, et changé matin et soir.
À chaque pansement, on étendra sur la peau une pom-
made protectrice (collargol à 15 %, pâte à l’oxyde de
zinc).
Les fils cutanés et vésiculaires seront enlevés au dixième jour, ou plus tôt s'ils ont coupé les téguments. Souvent, ils s’éliminent spontanément.
Le drain sous-vésiculaire et les mèches qui l'entourent seront retirées au septième jour ; le drain intravésiculaire sera laissé jusqu'à ce que l'infection biliaire soit complètement tombée (bile fluide et claire, température normale), c’est-à-dire habituellement vers le quinzième ou vingtième jour ; mais le drain part souvent plus tôt, et de lui-même.
Dans les 24 ou 56 premières heures, on réchauffe l'opéré ; on le laisse en position demi-assise (franchement assise lorsque c’est un vieillard), les jambes fléchies, avec 2-3 injections de camphre par jour, en solution aqueuse ou huileuse. La morphine (PaNroPpox) ne nous à jamais donné d'accidents, à raison de 0 gr. OI matin et soir pendant les trois ou quatre premiers jours. Pourtant, la morphine à un pouvoir inhibiteur sur les voies biliaires (CHEVRIER) et sur la sécrétion hépatique (SCHONDUBE et LURMAN), elle à une action hépatotoxique expérimentalement (ROsENrHAL et WEsLEY-BOURNE), et elle favorise la coprostase. Malgré ces nombreux inconvénients, elle ne semble pas nuisible aux doses thérapeutiques el est communément employée. Les deux premiers jours, on n'autorisera que les rinçages de bouche et quelques boissons.
Quand les vomissements post-anesthésiques auront
cessé, on pourra donner une petite purgation au qua-
ER
trième jour (20 grammes de sulfate de soude), diminuer le nombre d’injections, et augmenter peu à peu le régime. Celui-ci consistera en lait, potages maigres, café, infusions chaudes (thé, anis, tilleul), du champagne coupé d’eau. On reprendra l'alimentation solide le troisième ou le quatrième jour après la purgation, mais les repas seront petits, répétés (toutes les trois heures). JABOULAY, qui avait observé que l'écoulement de la bile était surtout nocturne, obtenait une fermeture plus rapide de la fistule en faisant faire ces petits repas même pendant la nuit.
Au quinzième Jour, on autorisera une heure ou deux - de fauteuil, et vers le dix-huitième jour le malade pourra reprendre la marche.
Mais la fistule nécessite encore des pansements quotidiens, et souvent ne se ferme qu'un mois ou un mois
et demi après l’opération.
APRÈS CHOLÉCYSTECTOMIE SIMPLE
Le chirurgien laisse habituellement un petit drainage de sécurité : un petit drain au contact du moignon cYstique et un tamponnement à la gaze sous le foie. :
Mèches et drains seront enlevés au bout de 4-5 jours : le décollement de la mèche (où il faut éviter l’hémorragie, qui peut être très grave ici) sera conduit avec douceur, en tirant chaque matin la mèche de quelques
centimètres et en aidant le décollement par un peu de
sérum chaud ou de l’eau oxygénée.