OBSERVATION III
(Service de M. le Professeur agrégé Loubat.)
M... Jacques, 8 ans. — Le 23 janvier 1927, vers 14 heures, après un léger repas, le malade est pris subitement de douleur au creux épigastrique, non apaisée par l’application d’un cataplasme. Vomissements, d’abord alimentaires, puis glaireux, jusqu’au lendemain à midi. Selle très abondante le soir même du jour du début de la crise.
Depuis, aucune selle.
Pas de température. Urines normales.
Un médecin, consulté le lendemain, pense à une appendicite et conseille une vessie de glace sur l’abdomen et la diète hydrique. Depuis le début, pas d'amélioration.
Le 30, douleur crispante de 23 h. 30 à minuit.
Le 31, douleurs très aiguës à droite de l’ombilic. Pas de vomissements après ceux du début. Température : 39°2. Pouls : 120. Respiration à 28. Urines : ni albumine, ni glucose, ni pigments biliaires.
Le 31 janvier 1927. Intervention. Abcès appendiculaire. Incision de l’abcès : pus.
Drainage à la Mickuliez.
Sérum anti-gangréneux dans la plaie.
Injection de strychnine du 2 au 7 février.
Injection de sérum glucosé intra-veineux, 500 ce., les 2, 3 et 5 février.
‘Injection sous-cutanée de 500 cc. de sérum physiologique les 31 janvier, 1° et 2 février.
Injection d’huile camphrée, 10 ce. et 5 ce. jusqu’au 5 février.
Odeur épouvantable pendant douze jours, empestant toute la salle. Pus s’écoulant en abondance.
Fowler et glace jusqu’au 9 février.
Le 11 février, on supprime le Mickulicz. Température et pouls normaux.
Le 8 avril 1927. Exéat. Il existe encore une petite fistule. Le malade viendra aux pansements externes et se fera enlever l’appendice deux mois après la cicatrisation.
Le 13 mai, la plaie est guérie.