‹ Contribution à l'étude critique du drainage au 'mickuliz' dans l'appendicite suppurée et les abcès péri-appendiculairesChapitre 8 sur 39 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du rôle du Mickulicz.

La bourse, garnie de ses compresses, a un triple rôle : drainer, transformer et exclure, c’est-à-dire, faire l’hémostase et parer aux risques d'infection.

Tous les praticiens connaissent l’utilité et, partant, les avantages, du simple pansement compressif pour arrêter certaines hémorragies dues à des lésions d’artérioles, dont le petit calibre rend la ligature presque impossible. Ce sera là le premier rôle du Mickulicz qui, sorte de pansement compressif, lutte contre les hémorragies.

En effet, bien qu’actuellement tous les chirurgiens visent à faire une hémostase parfaite et méthodique, il est des cas, cependant, où cette hémostase est particulièrement difficile à réaliser et même impossible. Dans ces cas, il faut avoir recours au Mickuliez qui permet de lutter avec succès contre ces hémorragies en nappe dont l’arrêt évite bien des complications postopératoires.

Le second rôle du Mickulicz est un rôle préventif contre les infections secondaires. Ce rôle, il le remplit de deux facons. D’abord, corps étranger en contact avec le péritoine, il favorise le développement rapide de solides adhérences qui forment une barrière entre les anses intestinales et la région infectée, s’opposant, par le fait même, à la diffusion de l’infection. C’est au sac que revient l’honneur de jouer ce rôle. Ensuite, grâce aux mèches contenues dans le sac, il draine, par capillarité, le foyer d'infection et le drainage s’effectuera d’autant mieux que l’on aura

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pris soin d’enlever les mèches souillées et de les remplacer par d’autres mèches possédant, intact, leur pouvoir d'absorption. C’est le drainage qui est, pour Condamin, le principal rôle du Mickulicz. Villard (de Lyon), lui refuse ce rôle car, dit-il : «S’il arrête le sang, il retient le pus » et, il ajoute : « Que l’action heureuse du Mickuliez est due au cloisonnement qu’il favorise par formation d’adhérences et à l’apport d'oxygène au contact des germes anaérobies de provenance intestinale. »

Avec Villard, la majorité des chirurgiens accordent au Mickuliez un grand pouvoir hémostatique, mais ils lui refusent tout.-autre avantage, en même temps qu'ils lui adressent de nombreux reproches dont nous ne retiendrons que les principaux. L’examen de ces reproches et leur réfutation fera l’objet du chapitre suivant.

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GEÉLAPITRE, IV

Des reproches adressés au Mickulicz et de leur réfutation.

Tout d’abord, on a reproché au Mickulicz de déterminer l'infection tardive de la cavité abdominale, par la création de diverticules clos où les sécrétions stagnent et se putréfient. Or, une expérience faite par Boxer et Novak, et qui consiste à placer l’extrémité d’une mèche de coton dans un tube renfermant du bouillon stérile, et l’autre dans un second tube contenant une culture microbienne, a montré qu’il suffisait d’une large surface d’évaporation pour que le courant capillaire s’effectue vers l'extérieur. En effet, si l’on met, dans le second tube, le coton en contact avec une nappe de gaze, présentant une surface d’évaporation suffisante, le courant s'établit du premier tube vers le second, sans que l'infection puisse se transmettre du second vers le premier. C’est précisément ce qui se passe dans le Mickulicz où la plaie, assez béanté, permet à la gaze de s’étaler à la partie supérieure. De plus, comme nous l'avons dit plus haut, il suffit de changer les compresses, pour maintenir constant le pouvoir d'absorption et aussi favoriser le drainage.

Le second reproche que l’on fait au Mickuliez, est de provoquer la venue de fistules stercorales, lors de l’ablation du sac, et de causer, en règle générale, l’éventration. Il est évident qu'après la pose d’un Mickulicz, la plaie opératoire reste en partie béante, comme d’ailleurs après la pose de tout drain, mais la méthode du fil d'attente préconisée par le docteur Douay, fil que l’on serre après

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enlèvement du Mickulicz, permet de rapprocher aussitôt Jes lèvres de la plaie et diminue les risques d’éventration. D'un autre côté, les fistules stercorales ne sont pas fréquentes (une sur quinze observations de Hertz-Monod, une dans nos observations) et, si elles se produisent, elles se réparent très vite. Du reste, les éventrations et les fistules sont-elles l’apanage du Mickuliez, et l'emploi des mèches simples et des drains met-il à l’abri de ces accidents post-opératoires. Il nous semble que éventrations et fistules se produisent aussi bien après ces modes de drainage et Aufray dit en substance : «Le Mickulicz expose bien moins aux éventrations que le simple drain de caoutchouc à la suite duquel les éventrations sont très fréquentes ».

On a dit aussi que l’ablation du sac, qui causait parfois des hémorragies, était excessivement douloureux. Nous avons vu, dans les différents services où nous sommes passés, employer un certain nombre de Mickulicz, jamais, nous n'avons vu le chirurgien avoir recours à l’anesthésie générale lors de l’ablation du sac. Nous ne voulons pas dire que la douleur soit nulle et que l’ablation d’un Mickulicz constitue un véritable plaisir pour le malade, mais nous soutenons que cette douleur est très supportable, On peut, d’ailleurs, atténuer cette douleur. Il suffit, pour cela, de suivre à la lettre les prescriptions de J.-L. Faure. C’està-dire, n’enlever le sac qu'aux environs du sixième jour, en ayant soin de commencer son décollement par des lavages à l’eau oxygénée. Quant aux hémorragies qui peuvent se produire, elles sont infimes et vite arrêtées par de simples injections d’eau oxygénée. Ici encore, ne pouvonsnous pas faire remarquer que la douleur n’est pas un privilège du Mickuliez et que l’ablation de simples mèches ne met pas le malade à l’abri de la douleur.

On reproche enfin au Mickuliez que les adhérences qu’il détermine sur le pourtour de la cavité abdominale sont sources de douleurs durables et d’occlusion plus ou

moins lointaines et, on lui reproche, également, de retarder la guérison. Les occlusions intestinales et les douleurs durables, pas plus que les éventrations, ne sont les compagnons fidèles du drainage à la Mickuliez, et elles sont à redouter avec n'importe quel mode de drainage. Il est un fait certain que le Mickulicz retarde notablement le moment de la convalescence, mais il est employé dans les cas graves et, alors, il ne faut peut-être pas lui reprocher trop farouchement de retarder de quelques jours une guérison qui, sans lui, ne se serait peut-être jamais produite,

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