‹ Contribution à l'étude critique du drainage au 'mickuliz' dans l'appendicite suppurée et les abcès péri-appendiculairesChapitre 7 sur 39 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Il nous faudrait remonter bien loin dans l’histoire de la chirurgie avant de trouver le premier drain, et ce serait sortir de notre sujet que de vouloir faire, ici, un historique complet du drainage en chirurgie, Nous passerons sous silence les multiples méthodes, tour à tour préconisées et oubliées et nous n’indiquerons que pour mémoire la méthode du drain rigide dont Kœæberlé fut, avec son drain en verre à trous, le promoteur, vers 1867. La méthode du drainage capillaire, auquel se rattache le Mickulicz, retiendra tout particulièrement notre attention.

Bien avant Mickulicz, on avait songé à utiliser la force de capillarité de la gaze, dans le drainage en chirurgie. Le premier en date, Ambroise Paré, le père de la chirurgie française décrit, en plusieurs passages de ses œuvres, un mode de pansement auquel il donne le nom de «tente». Ce pansement est formé essentiellement d’une grande compresse, dans laquelle il en met plusieurs petites, ce qui lui donne une grande analogie avec le Mickuliez. D’autre part, en 1817, Dupuytren avait conseillé un pansement similaire pour lutter contre certaines hémorragies. Toutefois, c’est à Hégar, chirurgien

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allemand, qu’on attribue l’honneur d’avoir, le premier, pensé à utiliser la force aspiratrice d’une substance légère et poreuse. «Hégar, nous dit Pozzi, se servait de tubes de verre ou de gomme durcie, de trois à cinq centimètres de largeur sur dix-huit centimètres de longueur, qu’il introduisait, soit par la plaie abdominale, soit par le vagin, dans le cul-de-sac de Douglas. Il les remplissait, dans ses premiers essais, de ouate phéniquée à laquelle il substitua, plus tard, de la gaze iodoformée, qu’il renouvelait, le premier jour, toutes les heures, puis toutes les deux heures, puis toutes les quatre heures. » (Pozzi, Bulletin et Mémoires de la Société de chirurgie de Paris, 29 février 1888.)

Par la suite, Kehrer préconise le remplacement de la gaze iodoformée par du coton stérilisé d’abord, au moyen de différents antiseptiques, puis, plus tard, par le procédé plus moderne de l’autoclave.

La gaze employée en second lieu par Hégar, abandonnée par Kehrer, est à nouveau reprise par Kocher et Bermann et, peu à peu, le tamponnement des plaies par la gsaze, supplante le tamponnement par le coton.

C’est alors, en 1886, que Mickulicz systématise ce mode de drainage et crée le tampon-drain qui porte son nom.

Pozzi, en France, Feuger, en Amérique, accueillent cette méthode avec empressement et s’en font, dans leurs pays respectifs, les vulgarisateurs, en même temps que les défenseurs acharnés.

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CAP PRE NTI

De la constitution du “ Mickulicz ”?

Mickulicz décrit ainsi son tampon-drain : « Je prends, dit-il, un morceau de gaze iodoformée de la dimension d’un grand mouchoir. Au milieu de celui-ci est solidement cousu un bon fil de soie. La partie intra-abdominale de l’opération étant terminée, on dispose le morceau de gaze en forme de blague à tabac, de façon que le fil soit en dedans, son extrémité fixe correspondant au fond et son extrémité libre sortant au dehors. On enfonce cette bourse, avec une pince, jusqu’au fond du bassin. Puis, on remplit la bourse avec de longues bandes de gaze, de façon que ses parois soient partout en contact avec la plaie. Le fil fixé au fond de la bourse sert à l’enlever en la retournant. »

Le professeur J.-L. Faure, l’ardent défenseur de ce tampon-drain, y a apporté certaines modifications et voici le Mickuliez tel qu’il est conçu à l’heure actuelle.

Il comprend :

1° Une pièce de gaze, formant sac, taillée en rond de 55 centimètres, autour de laquelle est fixé un gros fil de soie;

2° Six mèches de gaze de 2 m. 25 de long et O0 m. 05 de large;

3° Quatre compresses de 1 mètre sur O0 m. 60 repliées et cousues de manière à former des lanières de 1 mètre sur 0 m. 05, terminées en biseau à une extrémité et numérotées à l’autre de 1 à 4, à l’aide d’un fil comprenant un nombre de nœuds en rapport avec le numéro de la com- presse.

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En outre, la gaze iodoformée, que l’on incriminait de déterminer de l’intoxication iodoformée, a été remplacée par de la gaze naturelle, stérilisée à l’autoclave. Ainsi se trouve détruite une des premières objections formulées contre le Mickulicz. Le professeur J.-L. Faure conseille aussi d’imbiber les mèches de vaseline blanche stérilisée fondue à la chaleur de l’autoclave, qui faciliterait et rendrait moins pénible l’enlèvement du sac. Mais, ne s’opposerait-il pas, de par sa nature même, à l’action capillaire du drain? N’ayant jamais vu employer de Mickulicz gras, nous ne pouvons discuter ce point de technique. L’addition de vaseline nous semble cependant une complication inutile.

C’est là la description du Mickuliez tel qu’il est employé dans le Werthein. Il est évident qu’un Mickuliez de cette dimension trouverait difficilement place dans une plaie opératoire d’appendicectomie. Il suffira, pour rendre son application aisée, d’y apporter quelques modification dans sa forme, modifications portant sur la grandeur du sac, sur la longueur et le nombre des mèches.

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