CHAPITRE PREMIER
GÉNÉRALITÉS SUR LES RouGETs
in examinant divers Insectes et Arachnides, 1l n’est pas rare d'observer, adhérents à leurs téguments, un plus ou moins grand nombre de petits corps (pouvant atteindre parfois 1 mm.) d'un vif écarlate. »
Ce sont des parasites qui, connus vulgairement sous le nom de Rougets, ont été considérés par LaTReiLLe comme constituant un genre Leplus.
Il a créé ce genre [1796, p. 177; 1806, p. 161 ; 1829, p. 290] pour une forme hexapode d’Acarien terrestre, le L. phalangii Latr., vivant en parasite sur des Arthropodes et il rattachait au même genre l’Acarus autumnalis Suaw 11790, pl. 42] (‘), parasite des Vertébrés supérieurs (Mammifères et Oiseaux).
Regardés donc d'abord comme étant des adultes, les Leptes ont été reconnus ultérieurement par Ducs [1834, p. 5] être des larves de différentes espèces d’Acariens terrestres octopodes, à corps soyeux d’un rouge plus ou moins vif, qui, pour la plupart, appartiennent, dans l'ordre des Prostigmata, à la famille des Thrombidiide.
{‘) Je donne ci-contre la reproduction de cette figure, dessinée par Nonper. MÉM, SOC. Z001, T, XXIX. (4 4
Ces animaux sont libres à l'âge adulte, mais leurs larves sont de véritables parasites qui enfoncent leurs pièces buccales dans la peau de leur victime pour se procurer les éléments nécessaires à leur nutrition.
Elles se trouvent communément soit sur de très nombreuses espèces d’Insectes (notamment les Aphides), soit sur des Arachnides (par exemple les Phalangides).
LR
__ Acarus autumnalis Shaw.
Reproduction du dessin original de Nodder (1790).
Il s’en rencontre également qui sont parasites sur les Vertébrés et quelquefois produisent des effets pathologiques très sérieux.
D'ailleurs, comme l’a fait remarquer Bruyanr [1909 à, p. 15}, sous le vocable de Leptes parasites des animaux on a certainement décrit :
1° des larves d’Hydrachnides où Acariens d’eau douce (larves d'Hydryphantes, de Midæa, de Diplodontus, etc.) parasitant le plus souvent les Insectes aquatiques (!) ;
‘(9 En particulier, l’Acarus gymnopterorum L., qui vit sur les Culicides et auquel beaucoup d'auteurs ont assimilé la larve du Thrombidium fuliginosum Herm. est, d'après Oupemans (in litt., 12 octobre 1925; M. André, 1926 a, ie 180), celle de l’'Hydryphantes ruber De Geer.
2° des larves d'Achorolophus et d’autres genres voisins constituant la famille des Erylhræidæ Oud. (— Rhyncholophidæ Koch) (!) ;
3° des larves appartenant à la famille des Thrombidiidæ : ce sont les seules dont nous nous occuperons dans ce travail.
Il a été entièrement fait au Muséum national de Paris, dans le Laboratoire de Zoologie (Vers et Crustacés), où M. le Professeur Charles GRaviër me confia en 1917 les fonctions de Préparateur : depuis cette époque, ce Maître si bienveillant n’a cessé de me prodiguer ses encouragements et de mettre largement à ma disposition tous les moyens d'étude qui m'étaient nécessaires : c’est une dette de très profonde gratitude que je tiens à affirmer en le priant de vouloir bien agréer le respectueux hommage de ce mémoire.
Sans violer l'intimité des liens affectueux qui m'unissent à M. Edouard Lamy et qui rendent entre nous tout remerciement superflu, il me sera permis de dire ici qu'après avoir développé en mot le goût des Sciences naturelles, il m'a indiqué le sujet de ce travail et qu'au cours de mes recherches il ne m’a ménagé ni les conseils, ni les critiques, me témoignant en cette circonstance, comme toujours, une sollicitude constamment en éveil.
Je prie M. le Professeur Etienne Rasaup d’agréer l'hommage de ma très vive reconnaissance pour l'honneur qu'il m'a fait en voulant bien accepter de juger cette thèse.