‹ Contribution à l'étude d'un Acarien: Le Thrombicula autumnalis ShawChapitre 13 sur 16 · DESCRIPTION DE LA NYMPHE DU THROMBICULA AUTUMNALIS SHAW · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LA NYMPHE DU THROMBICULA AUTUMNALIS SHAW

La forme nymphale du Thrombicula autumnalis Sh. a été décrite sommairement par Oupeuans [1913, p. 127], Kneisst 11916, p. 253] et Hinsr [1926, p. 140].

Les nymphes provenant de mes élevages (p. 72) me permettent de compléter ainsi cette description.

La longueur du corps, y compris Le rostre ou capitulum, est de 930 2; celle du tronc seul est de 720 uv; la largeur de l’abdomen, en arrière de la dernière paire de pattes, atteint 310 pe.

La couleur de l'animal vivant est rose très pâle.

Régions du corps.

Le corps est divisé en deux parties : l’une antérieure très petite, le céphalothoraz [proterosoma], sur lequel se trouvent dorsalement les yeux et deux organes sensoriels piligères, ventralement les organes buccaux et les deux premières paires de pattes, l’autre postérieure, beaucoup plus grande, l'abdomen laysterosoma] portant les deux dernières paires de pattes, les organes génitaux et l'orifice (uropore) de l'appareil excréteuri(?).

L'abdomen, assez allongé et pas très large, est en forme

(') Le céphalothorax [proterosoma] comprend donc seulement la partie antérieure [gnathosoma + propodosoma] du prosoma de la larve, tandis que l’abdomen [hysterosoma] correspond à la partie postérieure [metapodosoma] de ce prosoma et à l’opisthosoma (voir le tableau de la page 76).

de 8, c'est-à-dire présente, en arrière des épaules, une constriction due à ce que les bords latéraux sont fortement rentrants.

En outre, à cette dépression sous-humérale correspond sur le dos un profond sillon linéaire, transverse, qui divise l’abdomen en deux parties, une antérieure et une postérieure, la seconde étant subglobuleuse, moins large et plus longue que la première.

La partie antérieure se montre profondément excavée à son bord de jonction avec le céphalothorax, de sorte que les épaules sont proéminentes non seulement latéralement, mais aussi en avant.

En outre, la face dorsale de cette partie antérieure est divisée en trois aires, une médiane et deux latérales, dont la saillie se trouve encore accentuée par la pilosité recouvrant cette région.

Pilosité du corps.

Le tronc, ainsi que les membres, est entièrement garni d'un revêtement dense de poils très fins et souples, qui prennent naissance sur un petit écusson circulaire, saillant en une sorte de tubercule peu élevé.

Ils sont pourvus de barbules qui sont assez longues, et plutôt rares, mais qui se trouvent de tous les côtés du poil, disposées vraisemblablement en quinconces.

Is sont ordinairement plus longs sur l'abdomen que partout ailleurs, et leur longueur y augmente d'ailleurs progressivement d'avant en arrière ; elle varie, en cffet de 30 y à 110 u, les plus longs se voyant à l'extrémité postérieure, où ils sont ainsi beaucoup plus longs que dans la région antérieure (°).

Sur la face dorsale du céphalothorax les poils sont plus courts et assez clairsemés (?).

(‘) Chez le 7. Canestrinii Bulla, Benuese à constaté l'existence d’une différence sexuelle dans la longueur des poils de l'abdomen qui sont au moins trois fois plus longs chez les femelles que chez les mâles : tandis que chez la femelle, qui a 4350 p de long, les poils de la partie antérieure ont 100 à 120 p et ceux de l'extrémité postérieure atteignent 350 y, au contraire, chez le mâle, qui est à peine plus petit (1000 & de longueur), les premiers mesurent seulement 40 à 50 u et les seconds 80 y.

(2) D'après Hrrsr [1926, p. 142}, ces poils céphalothoraciques ne seraient pas conformés comme dans les autres espèces de Z'hrombicula jusqu'ici décrits et c'est en raison de ce caractère différentiel joint à la forme plus allongée de l’abdomen que Ilrsr a cru pouvoir créer, pour cette espèce, le sous-genre WNeothrombicula.

Sur toute la face ventrale du corps ils sont nombreux, courts et plumeux. |

Face dorsale (Fig. 11).

Le céphalothorax | proterosoma] est petit : son bord antérieur dorsal, ou vertex, est incisé sur la ligne médiane et il est ren-

Thrombicula autumnalis Shaw.

Fi. 11, — Nymphe : Face dorsale, % 94.

forcé par une bandelette se continuant par un ensemble de

pièces chitineuses qui se trouvent le long de la ligne médiane et qui constituent la créte métopique.

En avant de l’incision médiane il existe un poil unique un peu barbulé qui, comme l'indique la figure 2 de Hinsr [1926, -p. 142], est porté par un prolongement céphalothoracique constituant un épistome denticulé à son bord antérieur.

Latéralement la crête est flanquée de deux paires de poils souples barbulés (*).

En arrière, près du bord antérieur de l'abdomen, elle forme une grande aréa sensilligère, puis, postérieurement à celle-ci, elle se continue encore sur une petite étendue.

Dans les angles latéraux de l’aréa, qui a une forme rhomboïdale, se trouvent deux petits organes sensoriels, les pseudostigmates : chacun d'eux consiste en une aréole ou fossette arrondie, au fond de laquelle s’insère une longue soie sensorielle.

Ces soies pseudostigmatiques sont longues et souples : elles sont légèrement barbulées des deux côtés, comme le dessine Hinsr (°).

Les yeux manquent totalement : il n'y en a aucune trace et, dans la région où ils devraient se trouver, la peau est également revêtue de poils comme ailleurs (?).

Face ventrale (Fig. 12).

Sur la face ventrale de l’animal se trouvent les articles basilaires, hanches ou coxæ, des pattes, lesquels sont soudés au corps et constituent des plaques épaisses et résistantes, les plaques coxales où épimères.

Les plaques coxales de la première paire sont contiguës à celles de la deuxième. Puis, à une certaine distance, les plaques de la troisième sont de même coalescentes avec celles de la quatrième.

Entre les deux premières paires de hanches ou coxæ 1l y a un sternum hexagonal distinct, muni de poils barbulés, dont

(‘)} Hrnsr dessine ces deux paires de poils, tandis qu'Oupemans n’en mentionne qu’une.

(2) D’après Oupemans elles seraient lisses.

(3) Dans les formes de Thrombicula (espèces exotiques) chez qui les yeux existent, il n’y en a qu’un seul de chaque côte et ils ne sont pas situés vers les bords du céphalothorax au niveau de l'insertion des pattes des {re et 2e paires, mais se trouvent placés à l'extrémité postérieure du céphalothorax et beaucoup plus intérieurement, car ils se sont rapprochés de l’aréa sensilligère.

le nombre m'a paru supérieur à celui [9] indiqué par Hirsr. Les coxæ portent chacune ventralement de dix à quinze poils barbulés.

Au niveau des coxæ des deux paires postérieures est placé,

FiG. 12. — Nyÿmphe : Face ventrale. x 94.

sur la ligne médiane, l'orifice génital qui a la forme d'une fente longitudinale assez courte limitée par deux lèvres saillantes, et qui, chez la femelle (seul sexe connu jusqu'ici), est muni de deux paires de ventouses assez allongées (!) et de trois paires de soies lisses.

() Chez les T'hrombidiidæ les lèvres génitales externes sont bordées de poils dans les deux sexes, mais, en outre, au-dessous d'elles il existe, dans la femelle,

Un peu plus en arrière se trouve un autre orifice également pas très long, désigné ordinairement sous le nom d’anus, mais qui est l’uropore ou orifice de l'appareil excréteur : il présente, sur chaqué bord, une rangée de poils courts semblables à ceux du reste de l’abdomen.

Pattes.

En laissant de côté les articles basilaires (hanches ou coxæ) ou épimères, soudés au corps, les pattes ont 6 articles libres :

fic. 13 — Nymphe : Tarse et tibia de la première paire de pattes. x< 250.

1° trochanter; 2 basifémur (trochantin), 3° télofémur (fémur), 4 génual (patella), 5° tibia, 6° tarse.

des ventouses internes, ordinairement au nombre de deux ou trois paires [Sig Taor, 4904, p. 167].

En particulier, chez les Thrombicula femelles, l’orifice génital est pourvu seulement de deux paires de ventouses, dans le stade nymphal, au lieu de trois chez l'adulte,

Les quatre paires de pattes sont courtes relativement au tronc.

Elles sont très velues {poils plumeux) et à leur extrémité on trouve seulement deux grands ongles.

Il semble que les postérieures soient les plus longues.

Les pattes antérieures (Fig. 13) sont certainement les plus grosses et se terminent par un tarse plus ou moins conique, rétréci au sommet. 6

Dans cette première paire, ce dernier article, qui est en moyenne deux fois et demie plus long [180 |] que large [70 x] (1), est pourvu, sur sa face interne, de deux sortes d’organes appendiculaires : d’une part, des poils ordinaires barbulés d’un ou de deux côtés, et, d'autre part, des soies (poils sensoriels) lisses, complètement transparentes, vitreuses (?).

L'avant dernier article (tibia) [long de 145 u}, est seulement un peu plus court que le tarse et pourvu de poils barbulés. Ounemaxs avait observé, sur la face interne, seulement une unique soie sensorielle lisse, j'ai constaté, en outre, sur la face externe l’existence de quatre soies semblables.

Pièces buccales.

L'appareil buccal comprend deux paires d'appendices :

1° dorsalement, les chélicères ou mandibules :

2° ventralement, les mazxillipèdes où pédipalpes, dont les plaques coxales, ou articles basilaires, se fusionnent en une plaque unique, la lèvre inférieure ou hypostome, portant, sur ses côtés, Le reste des articles qui constitue les palpes.

Le céphalothorax forme un prolongement ventral qui est le cône buccal ou rostre, contenant le pharynx et s'étendant jusqu'à la bouche. Tandis que sur la face ventrale de cet organe conique se soudent les plaques coxales des maxillipèdes, il présente, sur sa face dorsale, une profonde dépression à bords relevés, appelée gouttière chélicérale [Ge], dans laquelle sont placées les chélicères, qui se touchent sur la ligne médiane du corps (Fig. 15). |

(} Le rapport existant entre la longueur et la largeur de ce tarse est 2,33 d’après Kxaeissz et 2,60 selon Hrrsr. (?) D’après Ounemans, il y aurait, en outre, dorsalement un poil bifurqué,

MARC ANDRÉ ii

Chaque chélicère [CA] est composée de deux articles : je - premier forme le corps conique de cet appendice et il porte, du côté ventral, près de son sommet, le deuxième article qui constitue un ongle mobile (Fig. 14). |

L'article basilaire finit, à son bord antérieur dorsal, par un prolongement (doigt immobile) membraneux, mince et transparent qui, s’opposant à l’ongle (doigt mobile), forme avec celui-ci une sorte de pince rudimentaire.

L'ongle, qui est mobile dans Le sens vertical et dont la taille atteint environ la moitié de la longueur totale de l’article basilaire (y compris le doigt immobile), est très robuste, falciforme, recourbé vers le haut et il est finement denticulé sur son bord dorsal concave. ;

FiG. 44, — Nymphe : Chélicères et trachées. x 290.

A la face dorsale des chélicères, vers le quart postérieur de leur longueur, sont placés les orifices respiratoires ou stigmates. Cette situation de ces orifices dans la région tout à fait antérieure du corps est caractéristique de l’ordre des Prostigmata auquel appartiennent les Thrombidiide.

Ordinairement chez les Thrombidiidæ, les stigmates sont surmontés, chacun, d'un organe spécial, l'appareil protecteur stigmatique ou péritrème.

Cependant ces organes protecteurs font défaut chez quelques formes parmi lesquelles se trouve précisément le Thrombicula autumnalis : en effet, ainsi que l’a indiqué Oupemaxs [1913, p. 127], 1l n'y à pas de péritrèmes au-dessus des stigmates dans cette espèce. Get auteur a d'ailleurs constaté la même absence chez le Microthrombidium syloalicum CG. L. Koch [tod., p. 123, pl. XI, fig. 24}, chez le M. parvum Oud. ['ibid., p. 129) etle 17. rhodinum C. L. Koch [1916, p. 18, fig. 7], où les stigmates, assez petits, ont plus ou moins la forme de deux reins se tournant le dos.

En général, comme chez la plupart des Acariens, les troncs principaux qui partent chacun de l’un des deux stigmates et qui sont seuls munis d'une sculpture chitineuse spiralée, donnent naissance à des touffes de fines trachées fasciculées, toutes d'égale épaisseur, qui ne se ramifient plus et sont dépourvues de fil spiral. x

Mais il y a des formes exceptionnelles chez lesquelles, de même que chez les Gamasides, le système trachéen est arborescent : dans ce cas, chacun des deux troncs ne donne qu'un petit nombre de branches trachéennes, d'inégal volume, qui se distribuent dans le corps et qui alors sont toutes munies intérieurement du fil spiral typique.

Or c’est cette disposition que j'ai constatée chez le Thromuicula autumnalis : chaque tronc trachéen principal se ramifie également en un petit nombre de trachées pourvues d'un fil spiral.

Ce même mode de développement avait été observé par Sig Tuor [1904, p. 40] chez le Tarsotomus — Erythracarus) hercules Berlese, et récemment Ouneuans | 1998 a, p. XIII: 1928 , p. 311] l’a signalé chez l'Enemothrombium ramosum George | Ottonia|.

Egalement du côté dorsal, les bases des chélicères sont recouvertes par une lame membraneuse délicate [Ld] dont le bord antérieur est tronqué suivant une ligne droite : elle représente peut-être ce qui est, chez les Halacariens, la paroi dorsale de la partie basale du rostre où capitulum (c’est-à-dire ce qui à été considéré parfois comme un soi-disant épistome)

Au-dessus de cette lame le bord antérieur dorsal du céphalothorax (bord frontal) s’avance et se prolonge en une saillie, Le véritable épistome | Ep] ou lèvre supérieure qui, comme nous

FiG. 45. — Nymphe : Appareil buccal, vue ventrale. #y, hypostome ; Zm, lobe maxillaire; #5, lobule interne (mala interior); Me, lobule externe (mala exterior) ou galea ; Pm, palpe maxillaire.

l'avons dit, est denticulé à son bord antérieur et montre un

poil unique un peu barbulé (Fig. 16).

Sur la face ventrale du cône buccal, l’hypostome | Hy], formé

par la coalescence des plaques coxales des maxillipèdes, offre une partie postérieure très large et une partie antérieure trian-

Fig. 16. — Nymphe : Appareil buccal, vue dorsale. Pm, palpe maxillaire; Ch, chélicère; Gc, bord de la gouttière chélicérale ; La, lame membraneuse recouvrant les bases des chélicères; £p, épistome.

gulaire formée de deux pièces symétriques, les lobes maxillaires [Lm]|, qui se soudent sur la ligne médiane pour constituer

une lame se terminant par un bord distal Libre divisé en quatre lobules : deux internes (malx interiores) | Mi] et deux externes (malæ exteriores) | Me]. {Ges derniers, les galexæ, sont membraneux, moins chitinisés et dépourvus de poils barbulés, tandis qu'il en existe de nombreux sur le reste de l’hypostome. On observe, en outre, de chaque côté, sur le bord antérieur de l'hypostome, trois soies lisses situées à la base des galeæ (Fig. 15).

Les palpes maxillaires (Fig. 17), assez longs et courbés en arc vers le bas, sont formés de cinq articles : le 1° basal (#rochanter) est extrèmement petit; le 2° {fémur) est beaucoup plus long que les autres ; le 3 (génial où patella) et le 4° (tibia) sont plus petits; le pénultième (c'est-à-dire Le 4°) se termine par une unique griffe simple, sans ongle accessoire et il porte, sur son bord ventral, à la base de l’ongle, un appendice tactile (/entacule), qui pend inférieurement et qui représente le 5° article ({arse). :

Le fémur [2] porte un poil barbulé ventral et cinq dorsaux.

Sur le génual {3}, ventralement il y a quatre poils barbulés d’un seul côté ; dorsalement on en observe deux et, en outre, trois soies lisses.

Sur le tibia | {], à la face interne, on voit dorsalement deux fortes épines [a, db], à pointe plus ou moins émoussée ('), et ventralement, en arrière de l'insertion du tarse, un poil unilatéralement barbulé {c| (?). Sur la face externe, le tibia présente : 1° une rangée oblique comprenant trois poils barbulés |d, e, f] et une soie lisse [g] (°) ; 2° au-dessous de l'insertion du tarse, un poil barbulé [4]; 3° à la base de la griffe terminale, il existe, de plus, un poil barbulé [2] (*).

Cette griffe terminale est simple, forte, assez longue (°).

(‘) Dorsalement au-dessus de ces épines, Ouveuaxs [1913, pl. XIL, fig. 4] figure un fort poil unilatéralement barbulé, tandis que, d'après Benzese [1912, p. 87], en avant de ces deux épines, il en existerait typiquement chez les Thromb'cula une troisième subapicale, naissant plus près de la griffe terminale. Je w’ai vu ni cette troisième épine, ni le poil dessiné par OurEmaxs. -

(2) Pour Oupemaxs, ce serait une assez forte soie lisse.

() Cette rangée co uprend, d’après Ouvemaxs, deux poils barbulés el rois soieslisses, tandis-que Ilinsr (1926, p. 143, fig. 2 a] l'indique comme formée de quatre poils barbulés.

(*) Ce poil, qui n'est pas mentionné par Ihusr, est remplacé, dans L figure d'Oupemaxs, par une soie lisse.

.. () À son extrémité proximaule, elle présenterait, d’après Ouveuans, un petit -denticul:.

MËM, SOC ZOOL. T. NNIX. 1)

Le tarse [5], ou tentacule, est papilliforme, un peu renflé coniquement et il montre : 1° sur sa face interne trois poils

Fi. 47. — Nymphe : Tibia et larse du palpe maxillaire droit. £, face externe ; Z, face interne.

[7, #, /] à barbules rares ; 2 sur sa face externe, quatre poils [m, n, 0, p] semblables; 3° à son extrémité distale, cinq soies

lisses (*).

CuaritTRe IV

LA FORME ADULTE DU THROMBICULA AUTUMNALIS Saw

Morphologie.

L'unique Thrombicula adulte que j’ai pu découvrir dans les conditions indiquées p. 72, est, comme je l'ai dit, mutilé par la perte des trois derniers articles de chacune des pattes de la première paire : la présence de trois paires de ventouses autour de l’orifice génital le caractérise comme femelle.

La longueur du corps, y compris le rostre, est de 2050 u;

(:) Sur la face externe Ounemans [1913, pl. XII, fig. 5] représente dix poils barbulés et trois soies lisses, tandis que Hrrsr [1926, fig. a] figure sept poils et cinq soies. RCA

celle du tronc seul est de 1700 x; la largeur de l’abdomen, en arrière de la dernière paire de pattes, atteint 850 u.

L'animal vivant était blanc très légèrement jaunâtre, c’est-àdire dépourvu de pigmentation.

La morphologie générale est la même que celle de lanymphe.

Fire. 48. — Adulte : Vue de profil. x 51.

Le corps se divise en céphalothorax et abdomen : ce dernier est en forme de 8, avec épaules proéminentes latéralement et antérieurement (Fig. 18).

La pilosité, très dense, consiste en poils barbulés, dont la longueur, sur la face dorsale de l’abdomen, augmente progressivement d'avant en arrière.

Dorsalement le céphalothorax se prolonge en avant par ur épistome denticulé et il présente une crête métopique, consti;

Thrombicula sp (autlumnalis Shaw ?).

Fr. 19. — Adulte :

Face dorsale. x 5+.

tuée comme chez la nymphe, avec deux soies pseudostigmatiques légèrement barbulées (Fig. 19).

Les yeux manquent totalement.

Sur la face ventrale de l'animal (Fig. 20), Les plaques coxales

de la première paire de pattes sont contiguës à celles de la

deuxième ; puis à une certaine distance, les plaques de la troi-

sième sont de même coalescentes avec celles de la quatrième. I 'existe un sternum distinet.

L'orifice génital est muni, chez cet individu adulte femelle,

Fic. 20 — Adulte : Face ventrale. >< 54.

de trois {au lieu des deux existant dans le stade nymphal femelle) paires de ventouses (Fig. 21).

L'uropore est bordé d’une rangée de poils barbulés courts. Les pattes sont assez courtes, très velues et munies, à leur extrémité, de deux grands ongles.

Les antérieures étaient mutilées dans l’unique individu étudié’: il est probable que, comme chez la nymphe, elles devaient être les plus grosses et se terminer par un tarse plus ou moins conique, rétréci au sommet.

HiG RL Adulte

Cette mutilation des pattes antérieures, qui n’est d’ailleurs pas rigoureusement symétrique, est d'autant plus regrettable que le caractère essentiel sur lequel BErLEsE se base pour dis-

Fr6. 22, — Adulte : Chélicères. >< 258.

tinguer Les espèces de Thrombicula est le rapport existant entre la longueur et la largeur du tarse I : ce rapport atteint presque 5 chez T. formicarum Berl. et il est égal à 3,5 chez T. Canes-

trinit Buffa, tandis que nous avons vu que chez la nymphe de T. autumnalis il est seulement voisin de 2,5.

Oupemans [1913, p. 129] pense, toutefois, qu'il ne faut pas exagérer la valeur du caractère tiré de la forme de ce tarse I, car, chez une espèce d'Erythræidæ, le Belaustium rhopalicum GC. L. Koch, ïl a constaté plusieurs cas où, dans un seul et même mdividu, le tarse de droite et celui de gauche offraient des proportions inégales.

Le cône buccal ou rostre présente, sur sa face dorsale, une profonde dépression, la gouttière chélicérale, dans laquelle sont placées Les chélicères.

Dans chaque chélicère [Ch|, le premier article finit, à son bord antérieur dorsal, par un prolongement (doigt immobile)

membraneux et porte, du côté ventral, près de son sommet, le deuxième article en forme d’ongle (doigt mobile) falciforme,

finement denticulé au bord dorsal concave (Fig. 22). A la face dorsale des chélicères s'ouvrent les stigmates de l’appareil trachéen arborescent.

ie ET

PB

Fire. 23. — Adulte : Appareil buccal, 4, vue ventrale ; Z, vue dorsale. Hy, hypostome ; Lm, lobe maxillaire ; Mi, lobule iaterne (mala interior) ; Me, lobule externe (mala exterior) ou galea ; Pm, palpe maxillaire ; Ch, chélicère ; Ld, lame membraneuse recouvrant les bases des chelicères ; Æp, épistome.

Egalement du côté dorsal, les bases des chélicères sont recouvertes par une lame membraneuse délicate [ Ld] dont le bord est tronqué suivant une ligne droite (faux épistome).

Au-dessus de cette lame le bord frontal du céphalothorax

se prolonge en une saillie, le véritable épistome [Ep|, denticulé à son bord antérieur et portant un poil unique un peu barbulé (Fig. 23, B).

Fi. 24. — Adulte : Palpe maxillaire droit, face externe. 5 367. Sur la face ventrale du cône buccal (Fig. 23, A) sont soudées

les plaques coxales des maxillipèdes fusionnées pour consiituer l’hypostome dont la partie antérieure est formée par les

lobes marillaires | Lin]: ceux-ci sont coalescents en une lame qui se termine par un bord distal divisé en quatre lobules

Fig. 25. — Adulle : Palpe maxillaire droit, face interne. >< 367.

deux internes (malæ interiores) [Mi] et deux externes (rnalæ exteriores) [Me]. Ges derniers, les galeæ, sont membraneux, moins chitinisés et dépourvus de poils barbulés, tandis qu'il en existe de nombreux sur Le reste de l'hypostome. On observe, en

outre, de chaque côté trois soies lisses situées à la base des galeæ.

Tout cela est conforme à ce qui existe chez la nymphe du Thrombicula autumnalis. Seuls, les palpes maxillaires (Fig. 24 et 25) formés de cinq articles, /rochanter, fémur, génual, tibia (terminé par une griffe simple), farse (constituant un appendice ou tentacule), offrent certaines différences dans leur armature.

Sur le fémur [2] il y a une douzaine de poils barbulés et sur le génual [3] on en observe une trentaine.

Sur le tibia [#], à la face interne, on voit : 1° dorsalement deux fortes épines [a, b|, contiguës ; 2° au-dessus de celles-ci, une troisième [s] subapicale, naissant plus près de la griffe terminale (‘); 3 au-dessous de ces trois épines, une soie lisse [‘]; 4° ventralement, en arrière de l'insertion du tarse, un poil unilatéralement barbulé [c]. Sur la face externe, le tibia présente une dizaine de poils barbulés et une soie lisse [uw] située à la base de la griffe terminale.

Cette griffe est simple, forte, assez longue, pourvue d'un petit denticule à son extrémité proximale.

Le tarse [5], ou tentacule, est papilliforme, un peu renflé coniquement et il montre : 1° sur sa face interne, cinq poils barbulés et une soie lisse; 2 sur sa face externe, une dizaine de poils semblables et deux soies lisses ; 3° à son extrémité distale, six soies également lisses.

Cette armature du palpe chez notre exemplaire adulte offre, sur plusieurs points, des différences avec celle que j'ai indiquée plus haut (p. 121) dans la nymphe, mais elles ne sont guère plus considérables que Les discordances que j'ai signalées, chez cette forme nymphale, entre ma propre description et celles données par Hirsr et par Oupemaxs pour le même appendice.

Ges divergences sont peut-être analogues aux variations qui, dans le cas de la larve, chez des exemplaires de localités différentes, ont été signalées soit pour la pilosité du corps par Hirsr (voir p. 80) et Meracacz (p. 83) soit même pour les soies du palpe maxillaire par ce dernier (p. 90).

Il est possible qu’on ait affaire là à des caractères de variétés, de formes géographiques (sous-espèces) ou de races locales, ou bien que l’on soit en présence de faits de mutation.

(1) L'existence de cette troisième‘épine est indiquée par BERLESE [1912, p. 87,

comme typique chez les Thrombicula : je l'ai observée très nettement che l'adulte, mais ne l’ai pas trouvée chez la nymphe..

Ounemans [1913, p. 129] s’est demandé, en effet, si, en éievant diverses larves s’identifiant, selon toute apparence, au Leptus autumnalis, on aurait, à coup sûr, des nymphes répondant bien toutes à une même description ou si, au contraire, l’on n’obtiendrait pas plutôt différentes formes dérivant les unes des autres.

Dans cette dernière hypothèse, le terme « Leptus autummalis » serait un nom collectif groupant des larves qui appartiendraient à une série de « petites » espèces (espèces élémentaires ou Jordaniennes) affines, issues par voie de mutation et séparées seulement par de très faibles caractères.

Oupemaxs rappelle, à ce sujet, le fait suivant : Träçaardx [1902, p. 14] a signalé que chez des Bdella, où il existe une extraordinaire variabilité des caractères spécifiques, on peut, dans une espèce donnée, discerner une série de formes qui descendent d'une même souche et qui ne sont pas des variétés locales, dues à des conditions climatologiques différentes, car on les rencontre ensemble dans un même lieu.

La question ne pourra évidemment être résolue que par l'examen comparatif d’une série d'exemplaires, en parfait état, provenant de diverses localités. Mais, en raison des grandes difficultés que l’on rencontre à se procurer ces matériaux d'étude, il m'a paru utile de consigner ici, dès maintenant, le résultat de mes observations.

Ethologie.

La dépigmentation du corps et l’atrophie plus où moins prononcée des organes visuels indiquent que les Thrombicula doivent mener une existence hypogée : ce sont, en effet, des animaux à mouvements lents, qui vivent cachés dans le sol, sous les pierres, les troncs Pres ou dans les Piles

Cependant St. Hirsr [1926, p. 140) pensait qu’en particulier l'adulte du T. autumnalis devait habiter les nids de Rongeurs : Mulot (Apodemus sylvaticus L.) et Campagnol (Microtus qlareolus Schreb.).

Or, en fait, aucune forme analogue n'a Jamais été signalée jusqu'ici dans les galeries de petits Mammifères et toutes mes recherches dirigées dans ce sens sont restées infructueuses : au contraire c’est dans le sein même de la terre que vivait l'unique individu adulte que j'ai découvert.

Il semble done que les Thrombicula sont des Acariens qui vivent simplement enfoncés dans la terre, c’est-à-dire qu'ils appartiendraient à la faune appelée endogée par Pauvor [in Racovirza, 1907, p. 388] plutôt qu'à celle des terriers (faune microcavernicole).

Ainsi que pour tous les Arthropodes terricoles, l'élément principal qui conditionne leur existence doit être l'humidité et il est probable qu'ils ne s’accommodent guère que d’une atmosphère dont l’état hygrométrique est voisin de la saturation [Pevenmnorr, 1906, p. 225] (1); ils doivent donc préférer les terrains argileux (surtout ceux recouverts d'humus), qui retiennent le maximum d’eau, et il est à présumer que, comme tous les endogés |Jraxxez, 1926, p. 46], ils exécutent des migrations verticales saisonnières, s’enfonçant dans la profondeur du sol pendant les périodes sèches et remontant vers la surface dans les temps humides.

Résumé

Certains résultats de ce travail sur la forme larvaire d’Acarien connue sous le nom de Leptus autiunnalis Shaw permettent de préciser des faits incomplètement connus jusqu'alors.

J'ai reconnu qu’à l’état de vie libre ce Leplus se rencontre presque exelusivement à la surface du sol, dans des localités où celui-ci est très humide : en France, son apparition a lieu seulement vers la fin d’août ou les premiers jours de septembre.

J'ai établi que cette larve, qui -se fixe en parasite sur des Vertébrés à sang chaud, dégorge dans sa proie une sécrétion digestive qui est capable de solubiliser les divers tissus de celle-ci (digestion extra-intestinale) et qui constitue un appareil temporaire, en forme de trompe tubulaire, le stylostome.

J'ai précisé la description morphologique de ce Leptus qui appartient, parmi les Thrombidiidæ, au groupe des larves ne possédant qu’un seul bouclier céphalothoracique dorsal, et j'ai fait notamment l’étude détaillée de son appareil buccal.

J'ai pu réaliser l'élevage de Leplus fixés sur un jeune Lapin et obtenir ainsi, à La mi-octobre, des nymphes femelles qui appartiennent indiscutablement au genre Thrombicula Berlese.

(') Nous avons vu (p. 5i) que dans la vie des larves elles-mêmes (Rougets) le besoin d'humidité joue un rôle de première importance,

J'ai donné une description aussi complète que possible de ce stade nymphal.

Enfin, je pense avoir découvert une forme complètement adulte du Leplus autumnalis, restée jusqu'ici totalement inconnue, laquelle constitue, en tout cas, la première espèce du genre T'hrombicula trouvée en France à l’état d’imago.

Page 1