CHAPITRE II
LE GENRE T'HROMBICULA
Nous avons vu que, d’après Les observations de Kneïssi ct de Hinsr, confirmées par mes propres recherches, les nymphes obtenues par l'élevage de Leptus autumnalis doivent être rapportées au genre T'hrombicula Berlese, 1905.
La première forme observée qui doit être rangée dans ce genre fut le Thrombidiun. coarctatum Berlese [1888, p. 179, pl. V, fig. 5) de l'Amérique du Sud, qui se distinguait par la configuration toute spéciale de l'abdomen présentant un étranglement bien marqué immédiatement après les épaules.
En 1899 Buorra lin Canesrrini, p. 975] décrivit un Thrombidium Canestrinii, des Alpes du Trentin, qui, bien que figuré insuffisamment, offrait la même forme de l'abdomen.
En 1905, Benese |{p. 155] fit connaitre une espèce de Java présentant également cette constriction sous-humérale et il la prit pour type d'un genre nouveau sous le nom de Thrombicula minor.
Bien qu'aberrant, ce genre appartient au groupe des Thromhidiidæ supérieurs caractérisés par leur pilosité compliquée formée d'organes appendiculaires plumiformes.
Les Thrombicula sont caractérisés :
1° par leur très petite taille, leurs dimensions étant environ celles des Microthrombidium :
2° par la forme en 8 de leur abdomen, due à ce qu’il est divisé en deux parties par un profond sillon en arrière des épaules ; ‘
3° par le faible développement des yeux, dont il n'existe au maximum qu'un seul de chaque côté, mais qui souvent peuvent totalement manquer ;
(") Ewan [1925, p. 251] pense que la forme adulte du Chig gger américain (Leplus irrilans Riley), qui représente aux Etats-Unis notre Rouget, est un animal
coprophile qui vit dans les matières fécales et les substances ligneuses en décomposition.
4 par leur couleur blanche ou tout au plus légèrement rose, ce qui les distingue de tous les autres Thrombidions d’un rouge plus ou moins vif.
De nombreuses formes extra-européennes ont été rangées dans le genre Thrombicula :
Japon : le 7. akamushi Brumpr [1910] et les T. pallada, palpalis, intermedia, scutellaris Nacayo, Mivacawa, MiramurA, Tamiya, TENIN [1921 | ;
Indes Orientales : à Java, les 7. minor Bercese [1905] et mediocris BerLese [1912]; à Sumatra, les T. Keukenschrijvert, rara et deliensis WaALca [1924-1995] ;
Australie : dans le nord du Queensland, le 7. Hirsti SamBon F1927 |;
Amérique du Nord : aux Etats-Unis [New Jersey, Pensylvanie, Maryland, Virginie, Floride, Louisiane, Texas, Missouri, Iowa, Kansas] le T. érritans Rirey [1873] (— ‘halzahuatl Murray [1877| — A/freddugesi Ounemans [1910 — cinnabaris Ewine [1920] — sémilis Hirsr [1922]) avec une variété /ropica Ewine, du Vénézuéla ; dans le Wisconsin, le T7. splendens Eine [1913]; au Texas, le T. dentata Ewinc [1925] ;
Amérique Centrale : à Saint-Domingue, le T. ensularis Ewine 11925]; à Panama, les 7. panamensis et Alleei Ewixe [1925- 1926] ;
Amérique du Sud : au Brésil, le 7. brasihiensis Ewine [1925] (‘); au Pérou, le T. peruviana Ewixc [1926]; dans la République ae le HÉRENNS etle Chili, le T. coarctata BERLESE DPÉSR
En Be, trois espèces seulement ayant dépassé le stade larvaire (*) ont été signalées jusqu'ici :
T. Canestrinii Burra [1899]: Alpes du Trentin [Burra, Ber- Les] et Bavière | Keissi | ;
(‘) La larve du Brésil décrite sous le nom de Wicrothrombidium Gôldii a été rapportée également au genre Z'hrombicula par EwixG [1925] et it doit probablement en être de même pour d'autres formes larvaires rangées par OupEmans (1912) dans le genre Microthrombidium Haller.
(2) En 1926, M. Ewing a signalé un 7. hylæ parasite sur un Ayla Batracien américain.
Récemiment [1929 g] j'ai moi-même donné la description d’un Thrombicula agameæ recueilli en parasitisme sur un Saurien (Agameæ stellio L.) de Palestine,
(®) Les T. Fahrenholzi Oudms. et 7. Desaleri Meth. ne sont connus qu’à l’état de larves.
T. formicarum Berzese [19107 : Hollande [ Wasmaxx] et Bavière | Kweïssi | ;
T. autumnalis Suaw [17907], dont on ne connaissait jusqu'à ces derniers temps que la forme nymphale obtenue par élevage : France [Bruvanr et Axnré}, Allemagne | Kweissc] et Angleterre | Hirsr].
En France le premier Thrombicula complètement adulte connu, que je pense d’ailleurs pouvoir rapporter au T. autumnalis, à été découvert par moi en août 1929 (voir plus haut, p. 72). |
CuaApiTRe II