J) INFLUENCE DU MILIEU SUR LA MULTIPLICATION DE LA PIÉRIDE DU CHOU
La culture des Choux occupe de vastes espaces dans toute la banlieue de Lyon, sauf sur la rive gauche du Rhône. Au nord, ce sont les vastes plantations de Rillieux-Sathonay, atteignant le plateau des Dombes; au sud, tout le secteur allant du Rhône à la route nationale de Lyon à Montbrison, où la culture des Choux de Bruxelles domine. Dans toute la banlieue ouest, très peuplée, les choux abondent en culture potagère ou maraîchère.
En avril-mai, les Choux ne se rencontrent guère que dans les jardins potagers, par petits groupes. Les premiers papillons se répandent dans toute la campagne à la recherche des plantes pouvant recevoir leur ponte : on observe alors une dispersion de l’espèce, qui se retrouve presque partout en petites colonies.
Les papillons issus de la première génération (deuxième vol) se trouvent en présence de conditions toutes différentes; de vastes plantations ont été établies dans tout le pays. Ce sont autant de centres d’attraction puissants par la masse compacte des choux qui les constituent. On enregistre alors un groupement des pontes; les chenilles se rencontrent en grand nombre sur des petits espaces. Les dégâts prennent toute leur importance. |
Les papillons de deuxième génération rencontrent ces mêmes peuplements végétaux qui les attirent; les chenilles de troisième génération sont également groupées. -
Toute la banlieue lyonnaise est très peuplée; les maisons d’habitation, les hangars, les murs, les haïes, les arbres y sont très abondants : cette
topographie locale particulière provoque et facilite le groupement des chrysalides, suivant le mécanisme que nous -avons signalé plus haut.
k) INFLUENCE DES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES SUR LE CYCLE ANNUEL DE LA PIÉRIDE DU CHOU.
D'une façon générale, les trois générations annuelles sont assez bien marquées sous le climat lyonnais, Mais le graphique ci-dessous montre qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que le chevauchement devienne règle. 11 n’est donc pas étonnant qu’il en soit ainsi dans les pays plus méridionaux. Un printemps moins précoce ne permet au contraire que deux générations; tel est le cas dans le nord de l’Europe, et plus près de nous dans les montagnes du Jura.
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Une période de beau temps au printemps, comme en 1925, en provoquant l’éclosion en masse des papilons, assure la séparation des générations. Si la température s’élève progressivement, les sorties s’êchelonnent et les générations chevauchent (1923). Un mois de juin très beau, en activant l’évolution des premières chenilles écloses, amène au même résultat. Dans nos élevages, nous avons obtenu des papillons de première génération le 9 juin 1924, en même temps que des chrysalides hivernantes:; le chevauchement est alors assuré.
Les fortes chaleurs de l’été, en réduisant la durée du cylcle évolutif, limitent les périodes de vulnérabilité aux parasites; ce qui contrebalanee dans uné certaine mesure les désavantages résultant du groupement des chrysalides. Un automne doux donne plus d'importance à la troisième génération, les chenilles issues des pontes trop tardives ne. peuvent pas se transformer avant les premiers froids et trouvent alors de mauvaises conditions pour passer l'hiver.
Les conditions les plus favorables pour la multiplication de la Piéride du Chou dans la région lyonnaises ont réalisées par un printemps avec ‘une période de beau temps, qui assure la séparation des générations; un été chaud, mais nuageux, qui réduit les périodes critiques de vulnérabilité à l’égard des Hyménoptères parasites et permet le maximum de dispersion des chrysalides; un automne froid et précoce, qui supprime les vols tardifs de papillons de troisième génération, Ceci s'applique aux rapports de la Piéride ct de ses Hyménoptères parasites; mais on n’a aucune donnée précise sur l'influence de la température sur ie développement des maladies à Microorganismes,
1) RÉSUMÉ DES RECHERCHES SUR LA BIOLOGIE DE LA PIÉRIDE pU CHOU DANS LA RÉGION LYONNAISE.
Les œufs sont déposés par plaques au nombre de 50 à 80 en moyenne; les jeunes chenilles vivent en société pendant toute la période de leur existence où elles peuvent recevoir la ponte des parasites.
Les chenilles adultes quittent les Choux pour aller se chrysalider, et elles ne s'arrêtent dans leur course vagabonde que si elles traver$ent une zone d’ombre. Elles montent alors au support le plus proche pour se fixer. Ainsi se forment des groupements de chrysalides qui peuvent être très importants. La Piéride perd ainsi les avantages qu’elle devrait retirer de la dispersion naturelle des individus avant la nymphose. |
La Piéride a trois générations assez nettement marquées dans la région lyonnaise; de faibles variations climatériques entraînent le chevauchement des générations. La génération d'automne n’est le plus souvent que partielle.
La première génération est en général dispersée, mais son échelonnement sur un plus long espace de temps diminue cet avantage en Pexposant plus longtemps à ses ennemis.
La génération d’été trouve dans son évolution rapide des conditions
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Fig 1. Biologie de la Piéride du Chou (P. brassieae) dans la région lyonnaise. De l'extérieur au centre, chaque cercle correspond respectivement aux papillons, aux pontes, aux chenilles et aux chrysalides. Les maxima pour les chenilles se rapportent aux stades vulnérables aux Apanteles et aux Anilastus.