‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 10 sur 96 · R) HIBERNATION · texte numérisé non relu

R) HIBERNATION

La Piéride hiverne normalement au stade de chrysalide. Toutefois les chenilles nées de pontes tardives ne terminent pas toujours leur évolution avant les froids de l’hiver; on en rencontre toujours quelques-unes pendant toute la mauvaise saison.

Dans nos élevages, des chenilles écloses les premiers jours de novembre, ont parfaitement bien résisté à des températures de — 7° C. dans le courant du même mois, aux heures chaudes de la journée (2 à 7° C.), elles prenaient un peu de nourriture, Dans la nature nous avons noté une chrysalidation le 21 janvier 1925. D’après ParzLor (1918), qui a observé sur place la grande invasion de 1917, les froids de — 15 à — 17° C. de mi-décembre ont tué la plus grande partie des chenilles qui se trouvaient ‘encore sur les Choux.

L’hibernation sous forme de chenille chez P. brassicæ n’est qu'un ralentissement des phénomènes vitaux sous l'influence immédiate de

ET

la température (Picarp, 1923); c’est ce que nous ont confirmé des élevages comparatifs à partir de ponte. :coltées fin octobre, dont une partie était élevée au laboratoire et l’autre dehcrs. L’hibernation normale d’Aporia crafægi L. sous forme de jeunes chenilles relève d’une autre cause, la diapause obligatoire. Picarp (1922) a dégagé l’origine simple du filage du tapis de soie par les chenilles surprises par le froid et a réduit en même temps à sa juste proportion l’instinct merveilleux que Prcrer (1918-1922) y voulait voir.

Dans la région lyonnaise les chenilles hivernantes sont rares, puisque la plus grande partie des dernières chrysalides de deuxième génération hivernent. Nous avons lieu de croire que la mortalité est très grande chez ces chenilles et n’est pas compensée par le fait qu’elles sont en partie à l’abri des Hyménoptères parasites.

i) ASPECT ET IMPORTANCE DES DERNIÈRES INVASIONS DE CHENILLES DE LA PIÉRIDE DU CHOU DANS LA RÉGION LYONNAISE (1).

En 1917, il y eut une invasion générale des plantations de Choux dans toute la France et la plus grande partie de l’Europe par les chenilles de Piéride. Dans le Lyonnais, les Apanteles arrêtèrent cette multiplication anormale; la dernière génération fut très réduite et échelonnée (PAILLOT, 1918).

En 1919 et 1921, on observa des petites invasions en taches, parfois très intenses, surtout en 1919. En 1922, les chenilles sont rares du côté de Saint-Genis-Laval; nous observons quelques foyers dans la région de Rillieux.

En 1923, l'invasion prend de l’extension; dans les champs de Choux de Bruxelles, au sud-ouest de Lyon, les chenilles d’été ne laissèrent que les côtes des feuilles, et parfois même détruisirent le bourgeon terminal. On les trouvait pendant toute la belle saison sensiblement en aussi grand nombre,

En 1924, après quelques belles journées, les papillons blancs sont apparus en masse vers la fin d’avril,; un printemps chaud amène le chevauchement des deux premières générations. Au début d’août, les chenilles arrivées au deuxième et troisième âge sont anéanties en masse dans certaines plantations de Saint-Genis-Laval; la cause de cette destruction est imputable à des Microorganismes. Nous pouvons affirmer que les Insectes parasites n'y sont pour rien. Une troisième génération, réduite et en retard, cause par place quelques dégâts. Un automne doux HrOIGGEE la période normale de ponte.

En 1925, la première génération ne se montre pas très nuisible; la deuxième génération est plus importante, mais elle n’atteint pas le caractère de gravité observé en 1923. Les générations sont nettement tran-

()-On aura une idée de l’intensité que peuvent Brésenier les invasions de

chenilles de la Piéride du Chou en lisant la lettre de E. MULLER, rapportée par DE GUERNE (1894).

Les

chées, malgré quelques retardataires. Le troisième vol de papillons est très important, c’est le plus impor'ant de 1925; pourtant les chenilles de la troisième génération sont très rares. Ces papillons n’ont pas ou ont très peu pondu; il est difficile d’en connaître la raison. Rappelons que Parzzor (1925) a signalé que certaines infections parasitaires réduisaient la fécondité des papillons.

Page 1