‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 31 sur 96 · CYCLE ÉVOLUTIF · texte numérisé non relu

CYCLE ÉVOLUTIF

La durée du cycle évolutif varie avec la température: les observations faites dans nos éducations ne font que confirmer les chiffre

s donnés par MARTELLI et PrcaRp.

EAST Roses

En juin-juillet, sur les chrysalides de première génération de la Piéride du Chou, elle varie de 20 à 30 jours; en août-spetmbre, elle n’est que de 17 à 20 jours; elle croît lentement à partir de septembre, Les dernières larves hivernent dans la chrysalide pour entrer en nymphose seulement au printemps de l’année suivante. Des élevages faits à l’étuve à une température constante de 22* €, ont montré à Picarp que le cycle est très régulièrement de 25 jours. La durée du stade œuf varie de 3 à 5 jours suivant la saison. La sortie des adultes au printemps dans la région lyonnaise commence vers la fin mai, avec son maximum vers la mi-juin, soit avec un retard d’environ un mois sur ce qu’on observe dans le Midi de la France et en Italie. L'apparition des adultes coïncide avec celle des premières chrysalides de Piéride du Chou; bien qu’en captivité, les femelles soient susceptibles: de pondre dès leur sortie des chrysalides, on a établi qu’il était nécessaire qu’elles aient pris de la nourriture avant cet acte. Elles peuvent s’alimenter dans les quelques jours de la fin de juin où les chrysalides sont encore peu nombreuses, et sont alors prêtes pour exploiter au mieux les très nombreux hôtes qui s'offrent à eux au début de juillet. Cette.exploitation intense des chrysalides les plus précoces s’observe à toutes les générations de la Piéride du Chou, et non seulement avec les Pteromalus mais aussi avec les Apanteles; les cycles évolutifs de ces deux parasites avancent un peu sur celui de la génération correspondante de la Piéride, ce qui explique leur ruée sur les premiers stades vulnérables de la génération suivante. Cest aussi un argument en faveur de la prédilection de ces deux parasites pour la Piéride. Rien d’aussi constant et d’aussi marqué ne s’observe avec les autres ennemis que nous étudions. Cette surexploitation n’est pas forcément favorable au parasite, car on constate parfois des cas de superparasitisme entrainant la mort prématurée de l’hôte ainsi que de ses parasites par la famine.

Les Pteromalus issus de la première génération de P. brassicæ éclosent vers le 20 juillet; à ce moment les chrysalides sont rares, sinon totalement absentes; les femelles doivent attendre la deuxième décade d’août pour pondre. C’est évidemment une période critique pour la conservation de l’espèce; les femelles exploitent-elles alors des hôtes de fortune? C’est certainement vrai pour une partie d’entre elles; mais ce n’est pas nécessaire. Il n’en est pas moins certain que l’espèce franchit cette phase sans trop en souffrir, et revient à la Piéride dès l’apparition des premières chrysalides. Nous n’avons jamais constaté un fléchissement du taux du parasitisme aux dépens de la deuxième génération. L'étude biologique nous avait déjà montré que les femelles pouvaient rester en période d’attente pendant plus d’un mois. A partir de ce moment l’espèce se maintient sans difficulté sur la seule Piéride dont les chrysalides se rencontrent alors jusqu’à la fin de la période d’activité des femelles du Pteromalus. La date la plus tardive que nous ayons notée à ce sujet est le 3 novembre 1923, où nous avons capturé une femelle en train de pondre.

LENS se

L'étude comparative des cycles annuels de la Piéride et du Pteromalus montre que cette dernière espèce n'a et ne peut avoir que trois générations par an sur la Piéride dans la région lyonnaise. Il est possible cependant que quatre générations de Pteromalus puissent trouver place dans une année, ce qui nécessite alors en juillet-août l’exploitation d'hôtes secondaires. Mais l’existence de cette quatrième génération n’est pas nécessaire à l’Insecte pour sa conservation, la vie des femelles étant assez longue pour attendre l'apparition de nouvelles chrysalides de Piéride. Nous pensons qu’elle doit être normale dans les années et dans les régions où les générations de Piéride du Chou se chevauchent; il est même possible alors qu’une cinquième génération existe normalement, puisqu’à Montpellier, Prcarp (1922) a observé des pontes de Pferomalus jusqu’au 29 novembre. Nous restons loin des dix générations annuelles que MARTELLI prétend possible en Italie.

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