III. — DIBRACHYS AFFINIS MASI
ETUDE MORPHOLOGIQUE ET SYSTÉMATIQUE
D. affinis fut décrit pour la première fois en 1907 par Masi; nous avons vu qu’il est assez difficile à distinguer du D. boucheanus, avec lequel il a dû être longtemps confondu. L’examen du nombre des dents de la mandibule gauche des adultes est indispensable pour séparer avec certitude des deux espèces; la dissection des pièces buccales s’impose
donc dans la généralité des cas. La remarque suivante nee souvent de distinguer ces deux Dibrachys j;-ndant leur existence : la femelle de D. affinis, en train de pondre, abandonne difficilement sa victime; si on cherche à Ven éloigner, elle se retourne agressive, les mandibules écartées, il est alors facile d’en compter les dents. Celle de D. boucheanus, au contraire, quitte le plus souvent sa proie À la moindre tentative qu’ôn fait pour l'en écarter.
Nous avons déjà dit que les larves du D, affinis étaient tarots parasites internes, et celles du D. boucheanus, parasites externes.
ÉTUDE BIOLOGIQUE
Le parasitisme de D. affinis aux dépens de l'A. glomeratus a été signalé pour la première fois en 1912 par SILvEsTRI en Italie, VOUKASSOviréH (1924) l’obtient le prmier en France, de chrysalides d'hiver de Polychrosis botrana Schiff., récoltées en 1921-22 et 192223, dans la région de Toulouse. Nous avons retrcuvé D. affinis sur ces deux hôtes dans la région lyonnaise; nous l’avons signalé aussi comme parasite de Compsilura concinnata.
Nous avons obtenu ce Chalcidien que deux fois dans nos élevages d'A. glomeratus : un cocon nous a donné en octobre 1923 cinq adultes (quatre femelles et un mâle); du 2 au 6 novembre 1923, quelques individus sont sortis d’un amas de cocons du même Braconide. D’une chrysalide d’Eudémis, récoltée au cours de lhiver 1923-24, à Marcilly-. d’Azergues, nous avons eu 17 D. affinis au printemps 1924 : nous avions mis en élevage 725 chrysalides de ce Microlépidoptère, reconnues saines ou parasitées par des Hyménoptères parasites. En 1924-25, sur 797 chrysalides d’hiver, pas une n’a donné ce Chalcidien, Toutes ces chrysalides provenaient du vignobble de Bourgc gne, du Beaujolais et des environs de Saint-Genis-Laval. ;
En quatre années nous n’avons trouvé qu’une seule pupe de Compsilura parasitée par le D. affinis.
Ainsi D. affinis existe bien dan la région lyonnaise; nous constatons que son parastisme aux dépens des larves d’Apanteles et des chrysalides d'hiver d’'Eudémis y est pratiquement nulle. Il n’en est pas partout ainsi : SILVESTRI (1912) et Voukassovircx (1924) le censidèrent comme un des ennemis les plus actifs de l’'Eudémis de la vigne dans la région de leurs recherches (1). SILVESTRI propose même de favorsier sa multiplication et son maintien dans les vignobles par la culture intercallaire des Choux; le parasite trouverait ainsi sur place ses deux hôtes préférés, aux. dépens desquels il pourrait pulluler en abondance. SILVESTRI fait quelques réserves sur cette méthode à cause de la multiplication simultanée
du D. boucheanus, qu’il chserva seulement comme parasite au second : degré de l’Eudémis;
ces.risques sont à notre avis, moins grand que ne le craint SILVESTrRI
, Puisque D. boucheanus se comporte assez souvent :
(1) 62 0/0 des chrysalides
hivernantes d’Eudémis furent D ité SAN A parasitées par D. affinis à Portici, en 1910. è
comme parasite direct des chenilles enfermés dans leur cocon (FAURE et ZOLOSTAREWSK, 1925), Il est à not:: que dans la région de Saint-Genis- Laval, les Choux et la Vigne sont deux cultures importantes, ce qui n’a pas pour conséquence d’enfrainer une multiplication intense du D. affinis. |
SILVESTRI à obtenu aussi le D. affinis de cocons d’A. ebeninus; lui et Vouxassovircx l’ont élevé au laboratoire sur des Insectes très variés. On trouvera chez ces deux auteurs des données très intéressantes sur la
biologie de ce Chalcidien, Ce parasite est très rare dans la région
lyonnaise; son rôle fut insignifiant de 1922 à 1926 dans le complexe biologique que nous étudions. Nous l’avons pourtant recherché sur deux hôtes qui lui sont connus et sur lesquels son parasitisme n’est pas négjligeable sous d’autres climats. Peut-être D. affinis est-il une espèce méridionale, mal adaptée à la région lyonnaise, qui serait à la limite de son aire de dispersion? Les recherches dans l’espace et dans le temps sur ce Ptéromalide sont encore trop peu nombreuses pour pcuvoir se prononcer avec certitude sur ce point.