‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 60 sur 96 · IV. — CATOLACCUS ATER RATZ · texte numérisé non relu

IV. — CATOLACCUS ATER RATZ

ETUDE MORPHOLOGIQUE ET SYSTÉMATIQUE

RATZEBURG (1852) décrit le premier cette spèce scus le nom de Pfero= malus ater, d’après des individus obtenus de soi-disant nids d’Araignées, qui ne sont en réalité, comme nous le verrons, que des amas de cocons d'Apanteles congestus Nees. SCHMIEDECKNECHT (1909), après THOMSON (1878),, le donne comme synonyme de l’Homoporus luniger Nees. Ce n’est pas du tout notre avis, car nous avons obtenu dans nos élevages une variété de l’H. luniger, très nettement différente du C. ater. Nous ne pensons pas également que ce Chalcidien puisse être identifié au C. cavigena Thoms., comme le pense KurDbJUMOv (1913). Cet auteur a donné une bonne description du C. ater obtenu en Russie d’A. glomeratus.

Cette espèce a un aspect très particulier par la forme courte et bombé de son thorax, sa grosse tête, son scutellum relativement grand et recouvrant en partie un Court métathorax, et par sa couleur noire sans reflet métallique. Elle est facile, au premier coup d’œil, à distinguer de tous les autres Chalcidiens que nous avons obtenus de l’A. glomeratus.

Il convient de remarquer que si ces caractères la sépare nettement des Pteromalus, genre voisin, ils ne cadrent pas très bien avec ceux du genre Catolaccus, dans leque KURDJUMov place cette espèce.

ÉTUDE BIOLOGIQUE

La biologie du C. alter est assez mal connue; peu d’auteurs se sont occupés de lui. Il est apparu d’une façon sporadique dans nos éducations d’A. glomeratus en 1923, 1924 et 1925. Il ne nous a pas été possible d’en faire l’élevage au laboratoire : nous n’avons pas observé l’accouplement, et les femelles vierges ou celles laissés avec les mâles, n’ont pas voulu

pondre dans des cocons d’Apanteles. Pensant qu’il s'agissait peut-être d’un parasite au troisième degré de ‘à Piéride du Chou, np leur avons offert des cocons d’Apanteles contenant des larves de Dibrachys ou d’'Hemiteles : ce fut le même insuccès. Nous ne pouvons donner aucune explication de ces échecs successifs. Pourtant VOUKASSOVITCH (1924) a chtenu la ponte d’une femelle vierge sur une larve de Goniozus claripennis Fôrst, enfermée dans son cocon. /

L’adulte quitte le cocon de l’Apanteles par un orifice circulaire, à bords irréguliers, placé en un point quelconque de sa surface. Le, trou de sortie est légèrement plus grand que celui des autres Chalcidiens parasites de l’Apanteles. La durée de la vie des mâles varie de 6 à 22 jours d’après VOUKASSOVITCH; nous avons conservé des femelles vierges ncurries avec de l’eau sucrée, pendant 26-27 jours en septembre.

La larve du C. ater vit en parasite externe sur son hôte ; la durée du développement larvaire est de 15 jours environ, à la température de 29° C. (Vouxassovircx). La descendance des femelles vierges est composée uniquement de mâles. Comme la plupart des parasites, les femelles ne reconnaissent pas les hôtes déjà parasités.

Des cocons d’A. glomeratus, récoltés au début d’août 1924, nous ont donné des C. after adultes le 7 et 8 septembre suivant. L’hibernation a lieu sous forme de larve dans le cccon de l'hôte; en 1925, nous avons obtenu les premiers adultes vers la mi-mars et les éclosions se sont échelonnées jusqu’au 21 avril. Le Chalcidien fut aussi obtenu par nous de cocons d'A. glomeratus, récoltés dans la région d’Auxonne (Côte-d'Or).

Nous avons eu plusieurs adultes en août 1925 provenant d’amas de cocons d’Apanteles congestus Nees, que nous avions reçus de St-Trivier-sur- Moignans (Ain) ; FERRIERE (in litteris) l’avait déjà obtenu du même Braconide au Mont-Salève (Savoie). RarzeBuRG (1852) écrit à prepos de cette espèce : « M. ReissiG me montra un amas soyeux fait par une Araignée vivant sur les Pins. Dans celui-ci se trouvaient de très nombreuses loges, où des Microgaster avaient habité. Il en obtint le Pferomialus ater ». Il n’est pas douteux qu’il s’agit d’un amas d'A. congestus. RATZEBURG et d’autres auteurs ont fait la même confusion à propos de l’Hemiteles ful-

vipes Grav. qu’ils donnent comme parasite d'œufs d’Araignées et qu’on obtient communément d'A. congestus.

C. ater a été observé en outre comme parasite de Goniozus claripennis Fôrst., dans la région de Toulouse (Vouxassovrrcx 1924); 1 est alors parasite au second degré de la Pyrale de la Vigne. GRAssHEIM (1913) le

mentionne de la Russie du Sud, comme pasasite de Pimpla maculata F., hôte de Phytonomus murinus F.

Ce parasite paraît ossez pu spécialisé dans le choix de ses victimes,

puisqu'on la obtenu d’Insectes très divers, Ichneumonides, Braconides et Proctotrypides.

A. glomeratus paraît bien n'être exploité qu'exceptionnellement par C. ater. Les individus dispersés apparus dans nos élevages, le fait qu’il , . 0 . + . , n'avait jamais encore été signalé en France sur ce Braconide, confirment

cette hypothèse, En tout cas, dans l£ égion lyonnaise, son action nuisible fut pratiquement nulle pendant ces dernières années, même celles où les cocons d’Apanteles se rencontraient en abondance (1923 et 1924).

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