‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 67 sur 96 · X. — MONODONTOMERUS DENTIPES (BOH.) (WALXK · texte numérisé non relu

X. — MONODONTOMERUS DENTIPES (BOH.) (WALXK

En ouvrant des cocons d’A glameratus, récoltés à St-Genis-Laval, le 12 octobre. 1923, nous trouvons sur la larve du Braconide ou à côté de sa dépouille vide, des larves présentant un aspect tout différent de celles des autres parasites que nous rencontrions ordinairement. Quatre seulement de ces larves furent isolées ; il ne nous fut pas possible d’en retrouver d’autres dans les amas de cocons récoltés les jours suivants au même lieu. Chacune de ces larves vivait en parasite externe et solitaire ; elle ressemble beaucoup à celle du M. aerzus Walk., représentée par Howanrp et FiskE (1911). Arrivée au stade adulte, deux larves moururent par suite des manipulations que nous leur avions fait subir pour les dessiner ; les deux autres se transfcrmèrent au printemps suivant, après hibernation dans notre laboratoire et donnèrent un mâle et une femelle, Nous avons reconnue ces adultes pour un Monodontomerus,

que FERRIERE a identifié à M. dentipes Boh. (synonyme de M. virens Thoms.).

Ce Chalcidien se reconnait : à la tache enfumée de ses ailes située

près du radius, celui-ci étant allongé ; à son pronotum bien développé ; à la petite épine que portent ses fémurs postérieurs. Il est de teinte vert brillant, à reflets bleutés ; les hanches et les fémurs sont de la couleur du corps ; le reste des pattes est d’un testacé plus ou moins foncé. Chez l’unique femelle que nous ayons eue, la tarrière est restée très saillante après la mort ; nous ne saurions dire si cet aspect est normal.

Le parasitisme de ce Chacidien aux dépens des larves d’Apanteles est

assez Surprenant au premier abord, car il n’était connu jusqu'ici que

comme parasite grégaire de chrysalides de Lépidoptères, Zygaena (Anthocera) occitanica Vill, (Rasaup, 1910, 1916.17), Lymantria dipar L.

Erqagr

(RuscHKkA et FuzmEk, 1915) et Euproctis chrysorrhea L. (HowarD et FiskE, 1911).

Pourtant des faits du même ordre ont été signalés à propos d’une espèce voisine, le M. aereus Walk., qui fut importé aux Etats-Unis pour lutter contre le « Brown-tail Moth » et « Gipsy Moth ». Ce Torymide avait été reconnu en Europe comme un auxiliaire précieux, qui poursuit tout son développement dans les jeunes chenilles hivernantes de VE. chrysorrhea, et qui peut parasiter les chrysalides des deux Bombycides ; mais on ne tarda pas à s’apercevoir qu’il se conduisait aussi en parasite au second degré, en s’attaquant aux pupes de Tachinaires, en particulier à celles de C’ompsilura concinnata, et aux larves d’Apanleles lacteicolor Vier. Les larves du M. aereus vivent en parasites externes entre l’enveloppe pupale et la nymphe du Diptère, ou sur la larve du Braconide, enfermée dans son cocon (HowaRp et Fiske, 1911 ; MARCHAL, 1916). Des travaux plus récents ont confirmés ces observations : GAu- MonT (1922) a obtenu ce Chalcidien en grand nombre de pupes de Tachinaires parasites de l'E. chrysorrhea aux environs de Montargis ; Vou- KASSOVITCH (1924) l’a trouvé sur Chalcis intermedia Ness, parasite des chrysalides de la Pyrale de la Vigne ; nous l’avons eu nous-même de deux pupes de Compsilura, parasite âe P. brassicæ. SCHMIEDECKNECHT (1909) estime que le M. cupreus Sm., observé par FABRE (1886), comme parasite externe et social des larves de divers Chalicodomes, est le M. aereus.

L’ectoparasitisme des larves du M. aereus et du M. dentipes est un, fait nettement établi ; il est incompatible avec le développement aux dépens des chrysalides de Lépidoptères. La contradiction n’est peut-être qu’apparcnte et réside dans une confusion dont auraient été l’objet des espèces très voisines. Le cas ne serait pas sans précédent ; les deux Dibrachys, boucheanus et affinis, morphologiquement très voisins, mais très différents au point de vue biologique, ont bien été confondus jusqu’en 1907, époque où Masr a séparé les deux espèces. L'étude systématique et biologique des deux Monodontomerus mérite d’être reprise ; nous regrettons d’avoir manqué de matériel et de temps pour nous en occuper.

L'exploitation des cocons d’A. glomeratus par le M. dentipes apparaît comme tout à fait exceptionnelle.

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