MARTELLI
La jeune larve qui en sort, est très facilement reconnaissable à sa tête
surmontée de deux antennes très apparentés, à base large, avec un petit article terminal ; à son corps Composé de 13 segments, à téguments
brillants et sans aspérité. La larve de l’H. areator a les téguments hérissés de petites aspérités et est beaucoup plus grande que celle de l’H. ful.… vipes et de l’H. submarginatus. Les larves adultes ont l'aspect de toutes. les larves du genre Hemiteles : antennes assez nettes sur la tête, crètes.
dorsales et bourrelets latéraux sur les segments abdominaux.
Lorsque plusieurs œufs ont été déposés dans un même cocon, on ob-
tient toujours qu’un seul adulte, La larve de ces Hemiteles vit en parasite externe et solitaire, et se déplace sur le corps de sa victimes. Les suppositions de SEURAT (1899) sur la ponte et le mode d’existence de l’'H. fulvipes sont erronées. Nous sommes d'accord avec MARTELLI (1907) pour reconnaître qu’à chaque ponte un seul œuf est déposé ; mais nous avons bien établi dans nos élevages, que contrairement à l’avis de cet auteur, les femelles ne reconnaissent pas les cocons déjà parasités, phénomène d’ailleurs très général chez Îles Hyménoptères parasites. PICARD (1922) avait raison de croire qu’une des larves détruit ses commensales.
La durée totale dycle évolutif est à la température constante de 28° C. de 15-17 joours, avec prédominance des mâles au début des éclosions. À 16° C., le stade œuf est de 4 jours et la larve arrive au terme de sa
croissance 7 jcurs aprrès sa sortie de l’œuf. MARTELLI (1907) en Italie, donne 30 jours environ en mars-avr:! ct 23 en mai-juin, pour le dévelop. pement total ; Picarp (1922), à Montpellier, l’observa en 13-16 jours en juin. A l’arrière saison, l’évolution est plus lente ; des amas de coccns décoltés le 25 octobre, isolés dans des tubes et conservés dans les conditions du laboratoire, ont denné des adultes à partir du 5 janvier, soit, 40 jours après la récolte.
La sortie des adultes est très précoce au printemps ; un faible relèvement de la température arrête l’hivernation, qui a lieu au stade de larve adulte. Dans la nature, les adultes d’H. fulvipes et d’H. submarginatus apparaissent au milieu d'avril, done avant les A. glomeratus, L’activité des pondeuses se poursuit très tardivement ; la date extrême que nous puissions citer est le 4 décembre 1924, où nous avons trouvé une femelle pondant dans A. glomeratus. D’après MarTeLrLi, le fulvipes à 10 générations par an en Italie, ce qui n’est pas impossible ; sous le climat lyonnais, 7-8 trouvent certainement place.
Les adultes des deux sexes s’abreuvent d’eau sucrée ; nourris les mâles *vécurent en moyenne 16 jours à la température de 12° C., et les femelles 24-25 jours (chiffres extrêmes) en pondant toute leur vie. Prcarp (1922) donne pour la durée de la vie des femelles seulement une huitaine de jours, ce qui est bien peu. Privés de nourriture, à l’étuve à 28° C., les mâles vécurent 2 jours et les femelles 4. La fécondité des femelles est très grande ; d’après PIcARD, une seule femelle peut donner 60-70 descendants. Les femelles vierges sont arrhénotiques et leur “descendance est moindre que si elles s’étaicnt accouplées. L’étude du cycle évolutif montre que les femelles vierges peuvent facilement être fécondées par leurs fils, pendant la belle saison, Les femelles, vierges ou nn, pondent pendant toute leur existence à raison de plusieurs œufs par jourr.
PoLYPHAGIE. ADAPTION A L'A. GLOMERATUS. AIRE GÉOGRAPHIQUE
RaTzBuRG (1844-1852) cite H. fulvipes comme parasite d’un Microgaster, hôte de Liparis dispar L. Il dit lavoir obtenu dans ses élevages en compagnie du Pezomachus instabilis Fôrst et du Microgaster perspi= cuus ; dans ce cas, à notre avis le Pezomachus et l'Hemiteles sont des parasites du Microgaster. H. fulvipes serait aussi parasite de Bombyx pini d’après RATZEBURG ; c’est plus exactement un parasite au second degré. MARTELLI (1907) à déjà rectifié l’erreur de BIGNELL, qui considérait à tort cet Ichneumonide comme un parasite de Pyrameis atalanta. Nous considérons avec lui qu’il est, non parasite direct, mais parasite au second degré de Dendrolinus pini L., Euproctis chrysorrhea L., et Pieris riapi L., ce qui fut du reste confirmé par des observations directes. DE GauLLeE (1908) donne H. fulvipes comme parasite de la Tenthrède Blennocampa pusilla K1.; le parasitisme aux dépens des œufs d’Araignées est à rapporter à l’Apanteles congestus Nees, dont nous avons nous-mêmes obtenu H. fulvipes.
H. fulvipes est surtout connu comme parasite de Microgastérides outre les Microgaster indéterminés que cite RATZEBURG, puis MARTELLI et DE GAULLE, on l’a obtenu avec certitude de l’Apanteles spurius Wesm,
(MarTELLI, 1907), À. ordinarius Ratz. (MARSHALL, 1890), À. zygaenarum Marsh. (MarsxaLL, 1890), A. solitari::: Ratz., 4. lautellus DeuReS A. xanthostigma Hal, A. pallidipes Reinh. (GAUMONT, 1912) et À. congestus. Nous l’avons eu aussi de cocons d’un Microplitis sp. récolté scus des écorces de vigne en Champagne (8 mars 1926). De
Le parasitisme aux dépens de l'A. giomeratus a été signalé ou étudié par plusieurs auteurs : MarsHaALL (1890), SEuRaT (1899), MarTELLI (1907), SILVESTRI (1912), GAUTIER (1919) et PICARD (1922).
H. fulvipes a une aire de dispersion très grande ; il paraît répandu dans toute l’Europe, et en particulier dans toute la France.
H. submarginatus à été obtenu pour la première fois par BRIDGEMANN en Angleterre d’un Microgaster Sp. ; SCHMIEDEKNECHT la vu sortir de cocons d’Apanteles diffficilis Nees, qui avait parasité Dilobia cœrulæcephala. Nous l’avons eu de cocons d’A. congesius, provenant de l’Ain.
H.fulvipes et H. submarginatus, parasites polyphages, exploitent essentiellement les larves de Microgastérides enfermées dans leur cocon. Ce sont des ennemis redoutables de VA. glomeratus, qui paraît être toujours parasités par eux dans une forte proportion. L’H. fulvipes, nettemèent plus abondant que l’H. submarginatus dans nos élevages, fut avec le T. rapo et le D. boucheanus, le parasite le plus fréquent et ie plus actif de l'A. glomeratus dans la région lyonnaise. Nous l’avons obtenu aussi d’amas de cocons reçus de la Côte-d'Or et du Doubs. Nos recherches bibliographiques, jointes à nos propres observations, ncus le font considérer comme un des éléments les plus importants du complexe biologique que nous étudions, Comme le D. boucheanus, l'H. fulvipes évolue irès rapidement, sa fécondité est très grande, son activité se poursuit pendant la plus grande partie de l’année : ce sont autant de facteurs favorables à sa multiplication. Il est encore plus nuisible que le D. bou cheanus, à cause de son affinité particulière pour les Microgastérides, qui le retient sur les foyers de cocons d’A. glomeratus. On ne peut pas considérer H. fulvipes comme un parasite électif de A. glomeratus, car il est bien évident qu’il se maintient grâce à d’autres hôtes, en particulier au début du printemps et dans les périodes où les cocons d’A. glomeratus font défaut; mais on doit reconnaître que vis-à-vis de ce Braconide, il trouve des conditions favorables à un parasitisme intense. L'association constante de l’H. fulvipes avec l'A. glomeratus tient non pas tant à une affinité particulière pour ce Braconide, qu'aux conditions réciproques de développement des deux espèces, qui facilitent lexploitation de l’une par l’autre, Toutes choscs égales, l’H. fulvipes sera plus dangereux que le D. boucheanus, parasite à caractère extrêmement erratique. |
Les rapports du T. rapo, du D. boucheanus-et de l’'H. fulvipes avec V’A.
glomeratus, dont ils sont les ennemis redoutables, ne relèvent pas tous
des mêmes causes : le T. rapo est un parasite électif de ce Braconide ses le D. boucheanus, sans aucune spécialisation dans le choix de ses victimes, exploite ses peuplements de cccons sim
plement parce qu’il y trouve en abondance des hôtes convenables ;
H. fulvipes témoigne, en plus
du D. boucheanus, d’une affinité particulière pour les Microgastérides, qui l’incite à rechercher ces peuplt:ments et à s’y maintenir.