‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 72 sur 96 · XV. — HEMITELES MICATOR GRAV · texte numérisé non relu

XV. — HEMITELES MICATOR GRAV

Cet Hemiteles, assez répandu, a été signalé en France par DE GAULLE (1908), sans aucune indication d’hôtes. Il est caractérisé par les taches foncées qu’il porte sur les aïlés ; la grande tache blanche à la base du stigma; la base des antennes, les pattes et le milieu de l’abdomen qui sont rouges, et la tarière aussi Icngs que la moitié de l’abdomen.

Nous n’avons obtenu qu’un seul mâle d’A. micator d’un amas de cocons d’A. glomeratus, récolté dans la région lyonnaise.’Il est éclos le 6 septembre 1925. Nous avons signalé (1925) que cet Hemiteles était apparu dans ncs élevages de chrysalides d’hiver d’Eudémis de la Vigne : un mâle et une femelle, éclos en avril 1924, provenaient de Marcilly (Rhône), une femelle éclose le 24 avril 1924, de Germolles (Saône-et- Loire). Nous le considérons comme un parasite au second degré de l’Eudemis : une des femlles est sortie d’un cocon de Pharcogènes sp., parasite direct de ce Micrclépidoptère.

XVI et XVII. — PEZOMACHUS INSTABILIS FORST. ET P. NIGRITUS FORST.

FSErune MORPHOLOGIQUE ET SYSTÉMATIQUE.

Ces deux Pezomachus sont assez voisins l’un de l’autre et il n’est pas ioujours possible d'identifier avec certitude des individus isolés, Nous n’avons jamais obtenu de mâle. Les femelles des deux espèces sont aptères. La couleur générale de leur corps est noire. Les antennes sont presque aussi longues que le corps, plus larges à l’extrémité qu’à la base. La tête est relativement globuleuse. Le thorax est allongé, aplati transversalement, très finement réticulé. L’abdomen de forme ovale, a un pétiole assez étroit. La tarière est saillante et environ aussi longue que le ptiole. Les pattes sont de couleur noire, avec des taches seulement assombries. -

Le P. nigritus se distingue du P. instabilis par les caractères suivants : corps entièrement noir, sauf l’extrémité du premier segment abdominal; la ponctuation de l’abdomen est plus serrée et la ciliation plus abondante ; la carène transversale du segment médian est moins marquée, surtout au milieu; les pattes sont noires, avec seulement les trechanters, les tibias antéricurs et la base des tarses brunâtres.

Le P. nigritus pourrait à première vue être considérée comme une variété foncée du P. instabilis. On sait, en effet, surtout d’après RATZE- BURG, que le P. instabilis est de teinte très variable, le prothorax et le

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premier segment de l’abdomen, qui sont rouges chez. la forme typique, pouvant devenir plus ou moins foncés, et même noirs. pate les | caractères distinctifs que nous avons donnés DEPACTIEN se bien, ti parativement, de séparer les deux espèces. Il est très possible qu’elles aient été quelquefois confondues.

ÉTUDE BIOLOGIQUE

* Chaque année, nous avons rencontré quelques individus de ses deux ‘espèces dans nos élevages, mais toujours isolés : l’action destructive de ces Pezomachus sur l'A. glomeratus fut pratiquement nulle. Cependant, on les obtient presque partout comme parasite de ce Braconide : en dehors de la région lyonnaise, ncus les avons trouvés dans des élevages de cocons d'A. glomeratus provenant de la Côte-d'Or et du Jura. Ces deux Pezomachus sont répandus dans toute l’Europe. On les a é evés dans plusieurs régions de France. Ncus les étudions ensemble, car nous : n’avons relevé aucune différence dans leur biologie.

La durée de la vie des femelles, nourries avec de l’eau sucrée et des larves d’Apanteles peut être très longué : c’est ainsi que 4 femelles de P. instabilis, écioses du 12 au 20 septembre 1925, sont mortes respectivement le 14 décembre 1925, le 31 décembre, le 31 janvier 1926, et le 12 avril 1926. En été, la vie fut plus courte : elle varia entre trois semaines et un mois dans nos éducations. VCUKASSOVITCH (1924) a gardé une femelle de P. nigritus un mois, nourrie avec de l’eau sucrée.

Nous n’avons pas pu pendant trois années obtenir la ponte des femelles écloses en été. Nous désespérions de réussir des élevages de ces Pezomachus, quand enfin des femelles écloses en septembre 1925, pondirent trois à quatre semaines après leur éclosion. Leurs pontes s’échelonnèrent très irrégulièrement au cours de toute leur existence. Les femelles mortes sans avoir pondu les annéés précédentes, avaicint été disséquées; même chez des individus ayant vécu un mois, nous avions toujours trouvé les cvaires sans aucun œuf prêt à être pondu. Les élevages de 1925, nous ont montré que la ponte était très tardive chez les femelles vierges. MAR- TELLI (1907) ne paraît pas avoir rencontré ces difficultés dans ses élevages de P. instabilis. Il ést vrai qu’il a observé des femelles ayant pu s’accoupler, D’après cet auteur, les femelles ne S’accouplent qu’une seule fois. Elles sécrètent, quand on les ‘saisit, un liquide à odeur d’acide formique, qui servirait à attirer les mâles. La durée du cycle évolutif total serait de 26 jours environ en avril-mai. Nous ne- pouvons donner aucune précision sur Ce pcint, toutes les pontes obtenues de nos femelles “closes en septembre ayant donné des larves qui ont hiverné, arriveés ru terme de leur croissance. Il s'agissait dans ce cas du LP. instabilis. Le premier adulte a éclos le 18 février 1926. Les éclosions se sont poursuivies jusqu’au jour où nous écrivons ces lignes (avril 1926). Un fait ‘rès remarquable chez cette espèce est la thélytcquis des femelles vierges.

Chaque ponte correspond au dépôt d’un seul œuf: la larve vit en para.

site externe et solitaire et se déplace à la surface du corps de son hôte. L’adulte quitte le cocon de scn hôte par un orifice circulaire, à contours irréguliers, pratiqués latéralement près du sommet. Avant la nymphose, la larve du Pezomachus tapisse l’intérieur du cocon de l’Apanteles d’un léger revêtement transparent.

La larve adulte ressemble beaucoup à celle de l’'H. areator. Elle se compose de 14 segments, dont la tête, qui porte deux petites antennes.

Les téguments présentent des petites aspérités serrées et émoussées, blanchâtres.

La nutrition des femelles aux dépens des larves d’Apanteles enfermées dans leur cocon ressemble beaucoup à celle de l’H. areator. La femelle du Pezomachus parcourt l’amas de cocons, les tâte avec l'extrémité de ses antennes courbées vers l'avant et s’agitant constamment. L’abdomen est ramené en avant et en-dessous ; la tarière est enfoncée dans cocon. La femelle larde alors de coups de tarière sa victime et cherche à l’amener contre la paroi du cocon par des retraits plus violents de la tarière. Ce résultat obtenu, la tarière est enfoncée à fond encore 2 ou 3 fois ; le sang de li victime perle à la surface du cocon. La femelle 1èche ce liquide qu’ont voit sourdre en une large gouttelette ; pendant la succion, la tarière reste engagée par sa pointe dans la paroi du cocon ou est retirée entièrement. Quand tout le sang a été absorbée, la femelle essaye encore de s’abreuver en plaquant plus intimement son orifice, buccal au trou percé dans le cocon. Quand il ne s’écoule plus de liquide, elle enfonce à nouveau sa tarière, en utilisant le premier orifice, qu’elle parvient à retrouver. De nouveaux coups de tarière dans le corps de la larve d’Apanfeles provoquent un nouvel écoulement de liquide sanguin. L’absorption a lieu encore la tarière engagée ou retirée ; dans le premier cas, la femelle suce directement le liquide qui perle et ne se sert pas de sa tarière comme l’H. areator. Ici encore c’est le sang de la Vistime qui en se coagulant assure le plaquage contre la paroi interne du cocon. Rien ne laisse supposer que la femelle sécrète un liquide spécial servant à la fixation de sa victime nous avons Cépendant porté toute notre attention sur ce point.

PoLYPHAGIE. ADAPTION À L'A. GLOMERATUS

FoRsTER, d’après RATZEBURG 11852), aurait obtenu P. instabilis d’un Microgaster, parasite de Bombyx pini ; RATZEBURG la eu, en compagnie d'H. fulvipes et de Microgaster perspicuus : nous le considérons comme parasite du Braconide. Le même auteur le donne comme parasite de Microgaster crataegi, ct comme parasite au £econd degré de Tortrix buoliana.

Marrezzr (1907) et Sizvestrri (1912) l’observèrent comme parasite de PA. glomeratus et de l'A. ebeninus ; Marrezr1 le cite comme hôte d’un

d’un Lepidoptère Zigaena filipendulae, et d’un Coléoptère Cionus scrophulariae. Le prétendu parasitisme aux dépend des Araignées, mentionné par LABoULBÈNE (1895), puis DE GAULLE (1908) est à rapporter à l'A. congestus Nees. : nous avons obtenu le P. instabilis plusieurs fois de ce Braconide. :

De GauLLe (1908) donne P. nigritus comme parasite de deux Microlépidoptères Coleophora helianthemella et C. settari. VouxASsoviTcH (1924) a élevé une femelle d’un cocon d’Angitia fenestralis Holmgr., parasite | de la Pyrale de la Vigne.

Bien que ces deux Pezomachus soient des parasites très communs, jusqu’à présent ils paraissent n’avoir été observés chaque fois qu’en tout petit nombre. La cause de la faible multiplication de ce parasite semble être la ponte très tardive, parfois nulle des femelles vierges, qui doivent être nombreuses dans la nature, puisqu’en 4 ans nous n’avons pas rencontré un seul mâle dans la région lyonnaise, Le grand intervalle qui sépare deux pontcs successives réduit à presque rien le taux du parasitisme aux dépens de l’A. glomeratus, car les femelles ne sont pas en mesure d’exploiter avce intensité les foyers souvent très peuplés de ce Braconide, Bien que la biologie de ces deux Pezomachus reste assez mal connue, il est bien établi que, parasites normaux de l’A. glomeratus, ils sont pour lui des ennemis négligeables. -

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