‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 76 sur 96 · I. — SPILOCRYPTUS MIGRATOR F., VAR · texte numérisé non relu

I. — SPILOCRYPTUS MIGRATOR F., VAR

Une femelle unique de cette espèce a été obtenue d’une chrysalide de P. brassicæ, parasitée par Pimpla instigator et récoltée le 31 août 1925 : ia larve a tissé son cocon le 26 septembre, l’adulte en est sorti le 6 octo-

Ven =, 1604 —

bre. Des chrysalides récoltées le même jour et au même endroit, nous ont donné les P. instigator adultes du 5 septembre au 5 octobre, avec un maximum du 12 au 28 septembre. |

Cet individu correspond bien à la description que donne SCHMIEDEK- NECHT du S$. migrator et avec les exemplaires de la collection entomologique du Muséum de Berne (FERRIÈRE, in litteris), mais il s’agit d’une variété aux hanches postérieures rcuges au lieu d’être noires. Des observations sur d’autres espèces d’Ichneumonides ont montré que la couleur rouge ou noire, des hanches ou des pattes postérieures dépendait en grande partie de la température et de l’humidité. Un mâle, descendant de cette femelle, a les hanches postérieures noires.

Le cocon est blanc brillant, un peu transparent. L’adulte en sort par un orifice plus ou moins circulaire pratiqué près d’un sommet. Il perfore ensuite les téguments de la chrysalide. Le cocon mesure 11 millimètres de longueur sur 4 millimètres de largeur. I est de forme allongée, avec les extrémités arrondies.

La femelle éclose le 6 octobre et restée vierge, a pondu sans hésitation dans des chrysalides de Piéride, contenant des larves adultes de P. puparum. La femelle tâte la chrysalide avec ses antennes courbées vers le bas: et vibrant rapidement. Bientôt, elle s’arrête. La tarière, entourée des valves, prend une position perpendiculaire à la surface piquée, comme | tout l’abdomen qui a été ramené en avant et sous le corps. Pendant le forage de la paroi de la chrysalide, les antennes tendues en avant sont” immobiles, et les valves sérvent de guides à la tarière. Quand les téguments. sont perforés, les valves, devenues inutiles, sont ramenées brusquement en arrière, dans la position de repos. La tarière s'enfonce davantage. La femelle s’en sert pour explorer l’intérieur de la chrysalide et repérer sa ou ses victimes. Si le point de pénétration a été mal choisi et ne permet pas d’atteindre les larves parasites de la chrysalide, la tarière est retirée et enfcncée un peu plus loin.

Pendant le dépôt de l’œuf, la femelle est immobile, sauf la base de Pabdomen qui se contracte irrégulièrement. La tarière est seulement à demi enfoncée, comme nous l’avons signalé chez le P. instigator. L'œuf. doit s’étirer pour passer dans le canal laissé libre dans le gorgeret. |

Notre unique femelle fut tuée accidentellement le 19 octobre, après

avoir vécu 13 jours. Un mâle a vécu 18 jours, nourri avec de l’eau sucrée (mars 1926). |

L’œuf est de forme allongée, légèrement pyriforme, de teinte faiblement jaunâtre. Il mesure 1,9 mm. de longueur sur 0,5 mm. près du bout le plus large. Son chorion est lisse. Nous l’avons trouvé déposé au milieu des. larves de Pteromalus, adhérent à l’une d’elles. En octobre, dans les conditions du laboratoire, les œufs donnèrent des larves après 6-7 jours.

La jeune larve a le corps cemposé de 13 segments, plus la tête, qui est relativement plus petite que celle des Hemiteles, dont les larves ont un aspect très analogue. Deux petites antennes, bien visibles à l'œil nu,

sont placées sur le dessus de la tête. La jeune larve se déplace facilement au milieu des larves de Pterormalus.

. N'ayant obtenu qu'un nombre restreint d'œufs, nous n’avons pu élever complètement qu’une seule larve. Elle a vécu en parasite externe sur les larves de Pteromalus qu’elle a tué en grand nombre. Le stade de larve, active a été de 16 jours. Ayant fini de s’alimenter, la larve adulte est restée deux jours avant de-commencer son cocon, À partir de ce moment, elle a hiverné dans son cocon, au laboratoire. Le 12 février, elle a évacué le contenu de son tube digestif. Les yeux de la nymphe sont apparu en rouge pâle, sous les téguments de la larve, le 15 février. La nymphe s’est dégagée le 19 février et l’adulte est éclos le 10 mars, Cet adulte fut un mâle : comme il provenait d’un œuf pathénogénétique, il ‘en réslute que S. migrator est arrhénotoque.

$. migrator est un parasite polyphage : DE GAULLE (1908) le donne comme hôte de divers Lépidcptères, Bombyx, Macroglossa et Psyche; d'Hyménoptères, Hylotoma, Trichiosoma et d’un Diptères, Eristalis sepul.

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