‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 77 sur 96 · IL. — SPILOCRYPTUS FERRIERI N. SP · texte numérisé non relu

IL. — SPILOCRYPTUS FERRIERI N. SP

ETUDE MORPHOLOGIQUE ET SYSTÉMATIQUE

Ce Spilocryptus n’est identifiable à aucune des espèces décrites par ScHMIEDEKNECHT. Nous l’avons mentionné et décrit sommairement en 1925 sous le nom de S. Ferrieri, le dédiant à M. CH. FERRIÈRE, en témoi- ‘gnage de gratitude pcur le concours bienveillant qu’il nous a apporté dans nos recherches sur les Hyménoptères parasites. Nous en donnons ‘ici une description plus détaillée, illustrée par des dessins.

Spilocryptus Ferrieri, n. sp.

Femelle, Tête transversale, plus large que le thorax et noire. Occiput rebordé. Clypeus légèrement bombé. Joues normales. Yeux noirs, non ciliés. Face irrégulièrement sculptée, brillante. Mandibules droite et gauche bidentées. Palpes labiaux de 4 articles, noirs : les trois premiers plus larges à l’extrémité et particulièrement le second; quatrième plus long que chacun des autres et de forme ovoïde. Palpes maxillaires noirs, composés de 5 articles : le premier plus large à l’extrémité; le deuxième allongé, plus long que & premier, s’élargissant progressivement ; le troisième allongé, presque aussi long que les deux premiers réunis, mais plus étroit ; le quatrième «et le cinquième allongés, égaux entre eux, chacun à peine plus long que la moitié du troisième.

Funicule des antennes de 21 à 23 articles. Antennes presque aussi longues que le corps. Radicule, scape et premier article de l’antenne noirs; annelet et les trois premiers articles du funicule testacés rougeûtres, plus ou moins assombris, presque noirs chez certains individus ; extré.

mité du troisième noire. L’extrémité du sixième article, tout le septième 1 | et au moins la base du huitième, blancs en dessus. Les autres articles El noirs. Articles du funicule s’épaississant et diminuant de longueur pro 1 gressivement de la base au sommet, sauf les der les quatre premiers | | articles distinctement plus larges à l’extrémité qu’à la base; les entre] | à côtés subparallèles; dernier article plus long que le précédent, allant | en s’amincissant. | Thorax deux fois plus long que large. Pronotum caché par le scutum du mésonotum en dessus et en avant ; sur le côté, il apparaît sculpté | assez profondément et brillant. Scutum du mésonotum bien délimité par un bourrelet saillant ; sillons parapsidaux bien marqués atteignant le tiers postérieur du scutum et à direction convergente. Fossette antescutellaire profonde, nettement cannelée, Scutellum du mesonotum avec même sculpture que le scutum, mais plus brillant. Mésopleures rugueuses avec sculpture assez profonde et présentant un espace presque lisse vers l’angle supéro-postérieur. Ecailles noires. Métathorax (ou scutum du métanotum de BERTHOUMIEU) portant une dépression large, en fer à | cheval, avec pointe: tournée vers l’arrière; fond de la dépression large, ave@ | cannelures transversales. Propodeum (ou segment médiaire, ou scutellum du métathorax de BERTHOUMIEU) séparé du métathorax vrai par un sillon profond. Aréole basale apparente, et les deux lamelles latérales qui en partent bien marquées. Sculpture fine, réticulée en avant des lamelles; en arrière, sculpture plus grossière comme sur les pleures. Une lamelle transverso-latérale peu distincte à l’endroit où le propodeum s’incline en. arrière vers le bas. Stigmates presque circulaires, à bords peu relevés, brillants. J Ailes ‘antérieures n’atteignant pas l'extrémité de l'abdomen. Ailes nettement enfumées, avec taches claires sur les deux nervures récurrentes, sur la base de la nervure interne de l’aréole et sur presque toute. la nervure externe. Légère décoloration aussi dans l’angle inférieur de. l’aréole. Aréole pentagonale, avec les côtés latéraux parallèles, l’externe: plus petit que l’interne. Aïles postérieures enfumées. Hanches antérieures et trochanters rouges plus ou moins sombres, quelquefois noirs; tout le reste des pattes antérieures, sauf les derniers articles des tarses, testacé rougeâtre. Deuxième paire de pattes complètement testacée rougeâtre, sauf souvent une petite tache sombre à l’extré- mité supérieure des cuisses et des tibias; extrémités des tarses assombries. Troisième paire : hanches, trochanters testacés rougeâtres ; cuisses. ù et tibias de même couleur, sauf les extrémités nettement marquées de noir sur un espace qui peut être compris entre le tiers et le quart de la longueur; articles des tarses assombris, presque noirs à l'extrémité. Abdomen oval allongé ; plus long et plus large que le thorax. Première. partie du péticle testacée-rougeâtre et plus ou moins assombrie, surtout” vers la base; post-pétiole franchement testacé-rougeâtre, bordé de som. bre chez certains individus. Le deuxième segment abdominal et la plus grande partie du troisième sont testacé-rougeâtres; les autres sont noirs;

une tache dorsale blanche sur le septième, Le deuxième segment est plus long que le troisième, qui est plus lCng que le quatrième. Tarière un peu plus longue que tout l’abdomen. ; Longueur : 7-10 millimètres (sans les antennes). Mâle. Semblable à la femelle, sauf sur les points suivants : antennes de 23 à 25 articles au funicule, tous noirs, à côtés Subparallèles; hanches et trochanters ncirs aux trois paires de pattes, sauf le deuxième trochanter de la troisième paire qui est rougeâtre à son extrémité ; pétiole entièrement noir, moins élargi à son extrémité que chez la femelle, avec les stigmates saillants ; base des segments IT et LIT de l’abdomen et extrémité du segment II testacés-rougeâtres; tout le reste noir. Pièces génitales bien visibles. Taille : 5-6 mm. (sans les antennes). |

ÉTUDE BIOLOGIQUE

Nous avons chtenu le S. Ferrieri de chrysalides de P. brassicæ, parasitées par le Pteromalus et par le Chalcis, récoltées en septembre 1925. Au total, 29 chrysalides hyperparasitées furent récoltées ; toutes proviennent du même lieu : une barrière et des herbes basses en bordure de deux plantations de choux à Saint-Genis-Laval. Nous n’avons pas pu en retrouver ailleurs, même très près de cette station. S. migrator avait été trouvé sur un foyer très voisin. |

Du 28 septembre au 27 octobre, douze des chrysalides hyperparasitées nous ont donné les S. Ferrieri ; tous ces adultes furent des femelles. Dans les autres chrysalides, les larves de Spilocryptus ont hiverné dans leur cocon, Au printemps 1926, les sorties des adultes eurent lieu dans l’ordre suivant : 27 février, un mâle; 13 avril, un mâle et une femelle ; 26 avril, un mâle; 29 avril, une femelle. L’adulte quitte son cocon par un orifice circulaire, découpé latéralement près d’un sommet ; il sort de la chrysalide par un orifice à contours irréguliers, pratiqué en un point quelconque de sa surface. L’acccuplement est analogue à celui que nous avons décrit chez le Pimpla instigator.

Nous n'avons pu obtenir que quelques rares pontes de nos femelles, faute de chrysalides parasitées; nous avons dit que celles-ci furent très rares à la fin de 1925.

La ponte a lieu de la même façon que nous avons décrite pour le

- S. migrator. Nos femelles, vierges faute de mâles, ont commencé à pondre

Je huitième jour après leur éclosion. L'œuf est déposé au milieu des larves de Pteromalus; accclé à l’une d’elles. I] est de forme allongée, plus large à l’une de ses extrémités : celles-ci sont arrondies. Il est relativement plus renflé que l’œuf du S. migrator. 11] mesure 1,3 mm, de longueur et 0,45 mm. au point le plus large. Au laboratoire, plusieurs œufs ont été pondus dans une même crysalide. Les chrysalides saines sont vite délaissées, après avoir retenu un instant l’attention des femelles.

La larve vit en parasite externe sur celle du Chalcis ou sur celles des Pteromalus : chaque chrysalide ne nous a donné qu’un seul adulte. Nous

} LEE n'avons toujours trouvé qu’un seul cocon dans les chrysalides d’où les adultes étaient éclos au moment de :a récolte, Cu dans celles où l’insecte

a hiverné. La ponte du S. Ferrieri ne peut avoir lieu que dans des chry- ||

salides contenant des larves adultes de Chalcis ou de Pteromalus, puisque

celle de l’Ichnuemonide est parasite externe. A côté du cocon du Spilocryptus, on trouve la cu les dépouilles vidées des hôtes primaires. Dans le cas où la victime est une larve Chalcis, le cocon du Spilocryptus est toujours dans la partie thoracique de la chrysalide, où se localise la larve adulte du Chalcidien. Dans le cas des Pteromalus, le cocon est n’im-

porte où dans la chrysalide. Si la ponte a lieu trop près de la nymphose |

du Chalcis ou sur une nymphe jeune, comme celle-ci a des téguments durcissant très rapidement, la jeune larve du Spilocryptus meurt d’inanition sur son hôte, ou si elle a commencé à évoluer sur la nymphe, la nutrition devient bientôt impossible, car la larve ne peut plus sucer sa victime. Il

n’en est pas de même avec les Pteromalus dont les nymphes sont molles.

Mais alors la transformation en adultes, qui est rapide, peut avoir lieu avant que la larve du Spilocryptus ait absorbé assez de nourriture; la mort a lieu à un stade plus ou moins avancé, suivant le nombre de larves de Pteromalus que le Spilocryptus a pu vider. La mort du Spilocryptus peut aussi avoir lieu si la chrysalide ne contient pas assez de larves de Pteromalus. Ces divers cas sent assez rares, mais nous les avons tous rencontrés.

Toutes les larves de Pteromalus d’une même chrysalide ne sont pas forcément tuées par la larve du Spilocryptus. C’est ainsi que certaines chrysalides nous ont donné respectivement, én même temps que l’hyperparasite, l’une 22 femelles et 10 mâles de Pferomalus, l’autre 25 femelles et 2 mâles, une troisième 10 femelles. Les Pteromalus adultes quittent toujours la dépouille de la chrysalide avant le Spilocryptus.

Ces observations sont à rapprocher de celles de MarTELLI (1907) sur Hemiteles melanarius Grav. Après Ronpanr (1872), cet auteur a obtenu de 4 chrysalides de P. brassicæ, présentant l'aspect de celles parasitées par le P. puparum, respectivement 1, 5, 8 et 9 Hemiteles. Deux d’entre elles ont donné, l’une 1 Hemiteles et 28 Pteromalus, l’autre 5 Hemiteles et 2 Pteromalus. D’après ces seules observations, MARTELLI considère H. melanarius comme parasite direct des chrysalides de P. brassicæ et pour les deux derniers cas, il voit des exemples de coparitisme. A notre avis, il est plus vraisemblable de regarder H. melanarius comme un parasite du P. puparum.

L’H. vicinus Grav., signalé par KawaLL (1855) et RoNDANI (1872), et VA. socialts Ratz., signalé par RoNDANI, comme obtenus de chrysalides de P. brassicæ, sont très vraisemblablement aussi des parasites secondaires. Fes RE ue nn ART RAR beaucoup à une larve d’Hemi-

une rangée de bourrelets, très apparents ee paires de spiracles, un sur + fra pe à ; premier segment thoracique, les autres sur

te ne er ER TT Un LE — MS Lt sut Ares

. les 8 premiers segments abdominaux. La tête porte deux petites antennes et les mandibules sont petites, avec une seule dent très pointue.

Le cocon du S. Ferrieri est brun assez foncé, de forme aïlongée, avec les deux extrémités arrondies. Il est relié aux parois de la chrysalide par quelques fils de soie. Retirées de la chrysalide, les larves tissent un cocon parfois très tenu, brillant et transparent. Les indivdus issus de larves parasites du Chalcis sont plus grecs que ceux éclos des larves de Pteromalus; ces derniers sont tous très sensiblement de même taille, quel que soit le nombre de larves de Pferomalus que contenait la chrysalide.

En captivité, nourries avec de l’eau sucrée, de la fin septembre à li. fin décembre, les femelles ont vécu de 16 à 61 jours, soit une moyenne de 43 jours.

Sur le petit foyer observé nous estimons d’après nos décomptes que les taux de parasitisme étaient les. suivants : Chrysalides parasitées par C. femorata, 6 %; Chrysalides parasitées par P. puparum, 85 %. Nous avons ainsi récoïté 29 chrysalides hyperparasitées par le S. Ferrieri, dont 15 parasitées par P. puparum et 14 par C. femorata.

Nous ne pouvons qu’enregistrer ces faits sans commentaire, ce foyer étant unique. Le rôle du S. Ferrieri est pratiquement nul dans Île complexc biologique dont P. brassicæ est le centre.

Le taux du parasitisme atteignait environ 50 % sur C. femorata. i était beaucoup plus faible sur P. puparum.

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