‹ Contribution à l'étude d'un complexe biologique: la piéride du chou (Pieris brassicae L.) et ses parasites hyménoptèresChapitre 80 sur 96 · III. — CoNSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

III. — CoNSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les parasites connus de l’A. glomeratus appartiennent à 29 espèces difré-

rentes, dont 17 ont été rencontrées dans nos élevagcs. Ceux de l’A. ebeninus sont au nombre de 10, dont 2 seulement furent retrouvés par nous. Il ne faut pas se méprendre sur le sens à donner à ces chiffres et croire que devant une telle armée d’ennemis, l’Apanteles et l’Anilastus doivent fatalement disparaître, Nos recherches nous ont montré que les seuls parasites vraiment dan- 'gereux pour l’Apanteles sont seulement au nombre de trois : le T. rapo, le D. boucheanus et l’H. fuluipes. Si quelques-unes des autres espèces que nous avons mentionnées ont été retrcuvées chaque année par nous-même Gu par d’autres auteurs, et dans d’autres régions, ce fut toujours à l’état d'individus isolés, avec un taux de parasitisme pratiquement nul : tels VH.-areator, le P. instabilis, le C. ater, VE. appendigaster. Les 10 autres espèces observées par nous ne furent obtenues parfois que d’un seul amas de cocons et seulement au nombre de quelques individus, même d’un seul.

Ces 12 espèces mentionnées comme parasites de |’ À. glomeratus, et que nous n’avons pas retrouvées, sont aussi des parasites occaionnels. Plusieurs d’entre elles n’ont été observées que par un seul auteur. qui n’en a quelquefois obtenu qu’un nombre très faible d'individus, tels l'E. meditorraneus, l'H. microgastris, l’'H. longicauda.

La liste des parasites de l’A. glomeratus n’est pas close, et ne le sera sans doute jamais, Mais les espèces vraiment dangereuses pour lui sont maintenant bien connues et sont en nombre restreint. Nous arrivions aux mêmes conclusions en étudiant les parasites primaires de la Piéride du

Chou. La densité et la quantité des peuplements de l'A. glomeratus constituent des puissants centres d’attrecticn pour les Hyménoptères parasites. On note d’ailleurs que tous les parasites accidentels sont des espèces souvent très polyphages et très répandues. Plusieurs d’entre eux témoignent d’une affinité particulière pour les Microgastérides, ce qui est un facteur favorable de plus pour l’exploilation occasionnelle de l'A. glomeratus.

L'exemple de l'A. glomeratus montre, mieux encore que celui de la Piéride, le peu de valeur à attribuer aux listes de parasites, si on n’étudie pas respectivement le rôle de chaque espèce dans l’espace et dans le temps.

Sur les 10 parasites connus de l'A. ebeninus, + le T. rapo mérite de retenir l’attention ; encore n’est-il pas pour cet Ichneumonide un parasite bien dangereux, comme nous l’a montré son étude biologique. Tous les autres sont incontestablement des parasites occasionnels et leur liste pourra s’allonger encore à la suite de nouvelles éducations. Celà ne, changera rien aux données du probleme : l’action des parasites occasionnels doit être considérée comme pratiquement nulle dans l’étude des rapports de l’hôte avec les facteurs naturels de sa destruction.

Sept des parasites de l'A. ebeninus lui sont communs avec lV’A. glome-

ratus ; ce sont T, rapo, T. galactopus, un Tetrastichus sp., D.-,affünis, E. strigifrons, P. instabilis et un Pezomachus sp. Ajoutons, qu’au laboratoire, nous avons élevé sans difficulté E. appendigaster et S. Païlloti, obtenus de l’A. glomeratus, sur l’A. ebeninus ; il est fort probable que cela peut se produire dans la nature. On conçoit aisément que T. rapo, qui pond à travers le corps de la chenille de P. brassicae, dépose ses œufs indifféremment dans des larves d’Anilastus ou d’Apanteles ; mais on reste surpris de constater que deux espèces de mœurs bien différentes soient exploitées par autant d’Insectes communs, car, en fait, Aparteles et Anilastus n’ont qu’un seul point commun, qui est leur parasitisme interne aux dépens de la chenille de Piéride du Chou. Il ne nous est pas possible d’émettre une hypothèse générale expliquant lexistence d’autant de parasites propres aux deux espècés. Toutefois deux d’entre eux, le D. affinis et le P. instabilis apparaissent comme des espèces très ré-

pandues et s’accomodant d'hôtes très variés, ce qui permet de penser

qu’ils exploitent indifféremment l’Apanteles ou l’Anilastus Rien n’autorise à généraliser cette façon de voir, tant que les rapports des autres parasites communs avec leurs divers hôtes ne seront pas mieux connus. La dispersion des cocons d’Anilastus explique pourquoi les parasites de cet Insecte sont moins nombreux que ceux de l’Apanteles ; maïs il

reste surprenant que le5 chrysalides de P. brassicae ne soient pas plus souvent hyperparasitées,

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