ETUDE CRITIQUE
L'étude théorique de lépure montre qu'il est essentiel de déterminer exactement, sur chaque cliché, le pied de la verticale de déplacement Че ‘ал poule (point 0 des schémas) ; il faut en outre, que sur les deux clichés, ces pieds se correspondent, ce qui implique une immobilité absolue de la patiente pendant le temps nécessaire à la prise des deux clichés. La patiente étant encente et reposant sur le ventre, nous doutons fort que cette condition puisse. étre remplie. Cette condition Е pas remplie, la méthode de la double projection n'a plus sa raison d'étre puisque cela reviendrait à radiographier deux courbes différentes : оп retomberait dans le cas dela projection unique.
|. MM. Portes et Blanche ajoutent que l'exactitude de l'épure est contrólée, quand les tangentes menées du point 0 aux deux contours se confondent. Cela
n'est encore vrai que dans le cas oü la patiente est restée complètement immobile.
Par ailleurs, l'établissement des contours du détroit supérieur peut être difficile au niveau de l'arc postérieur du bassin, du fait dela faible visibilité du promontoire et surtout, parce que la hgne du promontoire peut étre confondue surles clichés, avec celle des vertèbres sacrées : d’après les auteurs la difficulté apparaitrait dans 1/4 des cas. Cette difficulté ne pouvant tenir qu'à l'inclinaison variable du sacrum, il est facile de concevoir qu'à Vinclinaison de chaque sacrum correspond une incidence déterminée des rayons, pour laquelle là visibilité du promontoire est nette.
, Parle procédé de la double projection, le sacrum étant radiographié sous deux incidences différentes, fatalement, au moins sur l’un des deux clichés, l'image du promontoire devra étre « devinée » et cela au détriment de la précision de la méthode.
Dans le cas particulier où la sécante devient tangente « les points ee’ représentent les homologues d'un point Е qui est l'extrémité d'un diamètre transverse ». Cette propriété de la tangente n'est nullement démontrée par les auteurs ; nous croyons méme que cela est faux, tout au moins dans le cas de bassin asymétrique. Dans ce cas, en effet, le diamètre о se présente plus au point О
selon sa vraie longueur. De méme dans le cas du
bassin symétrique, pour que cette propriété exist6{
il faudrait queles deux tangentes issues du point O
fussent parallèles entres elles c'est-à-dire le point О
situé à l'infini. Pratiquement, il est au point O une
` position limite, à partir de laquelle la tangente perd
sa propriété ; on concoit facilement en effet, qu'à mesure que le point O se rapproche dela courbe du détroit supérieur les» points ее’ s'éloignent de l'extrémité du diametre transverse pour зе rapprocher de la symphyse pubienne.
De méme, quand la sécante devient axiale « les
points aa' et bb' représentent respectivement les.
images du promontoire et du pubis ». Ceci n'est
encore vrai qu'à une seule condition, c'est que le
point O soit situé dans le prolongement de l'image du diamètre promonto-pubien ; or dans le cas de bassin asymétrique, type Noegelé par exemple, 1а femme étant couchée sur Je ventre, le promontoire et la symphyse pubienne ne sont plus contenus dans le méme plan vertical et axial; le point О ne peut dont étre située dans le prolongement du
diamètre ; il faudrait pour cela, placer la femme dans
une position intermédiaire au décubitus ventral et latéral ; position inutilisable par son extréme instabilité et par les difficultés d' obtention de bons clichés. `
Nous voyons donc que la méthode, rigoureuse
> dans son principe, est loin de conserver en pra-
tique sa précision. Si nous ajoutons à cela, qu'elle exige un matériel considérable, une grande expérience de l'opérateur et en dernier lieu, une constraction géométrique assez compliquée on comprendra facilement que ce procédé radio-pelvimétrique
р UNDI
n'ait pas été, à de rares exceptions prës, appliqué
-sur le vivant.
Toutefois, si quelques fidèles continuaient à croire à la possibilité d’application clinique de cette
méthode, nous leur proposerions une simplification.
Simplification de la méthode de la double projection
(Application à la mensuration du diamètre promonto-pubien)
En plaçant le focus de l'ampoule dans le plan vertical contenant le diamètre promonto-pubien, le pied de la verticale de déplacement, le diamètre ` promonto-pubien et ses deux images sur les clichés, sont tous contenus dans un méme plan vertical ; nous sommes ramenés, dans ce cas, à une construction de géométrie plane des plus simples. Nous connaissons, en effet, les distances de l'ampoule à la plaque, la longueur de l'image du diamétre promonto-pubien sur les deux clichés, les distances qui séparent les extrémités de ces images du pied de la verticale de déplacement, également connu ; il n'y a donc plus qu'à faire la construction.
Sur l'un des cótés d'un angle droit on porte deux longueurs OS et OS’ représentant les distances de l'ampoule à la plaque. Sur l'autre côté, des distances CD et EF représentant la longueur de l'image du diametre sur chacun des clichés ; on joint les extrémités de chaque diamètre au foyer correspondant et
on obtient, par intersection, le diamètre promonto-
dS n.
pubien АВ; il n'y а plus qu'à mesurer simultanément sa longueur et son inclinaison par rapport au plan de la plaque.
Le principe de cette simplification s'applique à la
mensuration de tous les autres diamétres, а la condition que le pied de la verticale de déplacement de l'ampoule se trouve situé sur le diamétre ou sur son
ag
prolongement.
H. Antonetti | 3
Méthode de Lévy-Solal (1)
(méme principe).
L'originalité de cette méthode, réside dans l'utilisa- . tion du chassis axiphore, et surtout du stéréothésimètre qui permet, par vision stéréoscopique, de vérifier les points homologues des clichés, de fixer les coordonnées horizontales d'un point quelconque du détroit supérieur et sa cote par lecture directe. Dans cette méthode on utilise le décubitus dorsal qui entraine une mauvaise visibilité du promontoire, ce qui oblige M. Lévy-Solal à placer, par toucher vaginal, un repere métallique sur le promontoire.
Nous venons de passer en revue les différents procédés de radiopelvimétrie, proposés à ce jour, à lexception du procédé de Fabre, le seul devenu classique; nous lui réservóns notre critique et c'est la raison pour laquelle il ne figure pas à sa vraie place. Ce procédé a été l'objet de nombreuses critiques mais il ne semble pas que des arguments précis aient été apportés ; nous nous proposons, en particulier, d'expliquer la conclusion de Varnier. De notre
cóté nous tendrons à démontrer que non seule-