‹ Contribution à l'étude d'une forme spéciale de vomissements nerveuxChapitre 14 sur 18 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(Due à l'obligeance de M, le Dr Weill.)

Rose H..., quatorze ans, entre le 5 décembre 1895 à la salle Saint-Ferdinand.

Antécédents héréditaires.

Père bien portant.

Mère bien portante. A six enfants vivants dont une fille de dixsept ans, hystérique en traitement à l'Antiquaille dans le service de M. le Dr Bard. Les autres sont en bonne santé. La mère a eu probablement la syphilis il y a trois ans. Elle a eu deux fausses couches vers le quatrième mois dans le courant de l'année 1893; et en 1891 elle a eu un enfant qui est venu au monde, dit-elle, couvert de croûtes,

Antécédents personnels.

Rougeole à quatre ans. Elle n'a pas eu la coqueluche ni la scarlatine. Elle a joui d’une bonne santé habituelle jusqu’à l’âge de douze ans. Elle est réglée depuis cet âge.

Depuis ce moment sa santé est devenue délicate, elle a une toux constante, des bronchites fréquentes avec changements de saisons. La malade marche beaucoup; elle fait des courses en ville.

Il y a quinze jours, elle a été prise de vomissements incoercibles. L'enfant ne peut supporter d'aliments ni solides, ni liquides; et elle vomit aussitôt après l’ingestion. Elle a maigri depuis deux semaines.

Elle attribue ses vomissements à des frayeurs qu’elle a eues. Elle raconte que son père rentrant souvent ivre la poursuivait pour la battre ainsi que ses sœurs.

Actuellement, l'état général est assez bon, bien que l'enfant soit un peu amaigrie. Elle est très nerveuse, pleure ou rit souvent sans raison; elle est très impressionnable. Elle dit elle-même que parfois elle est comme une folle.

Les vomissements dont elle se plaint se font sans efforts, sans nausées ; ils sont peu abondants, Parfois, surtout le matin, au

lever, ils ont un goût aigre ou amer. Ils suivent d'ordinaire l'ingestion d’un aliment. L’appétit est diminué. Du côté de l’abdomen, la malade se plaint de borborygmes presque continuels, Elle est légèrement constipée.

On ne rencontre sur les téguments pas de trace d’anesthésie, Pas d’hémianesthésie.

La pression au niveau de l’appendice xyphoïde réveille une douleur assez violente. Il en est de même de la pression au niveau de la pointe du cœur.

Il n’y a pas d’anesthésie pharyngée, pas de rétrécissement du champ visuel,

Les réflexes rotuliens sont légèrement exagérés ; on obtient parfois une ou deux secousses épileptoïdes.

La malade n’a jamais eu de crises de nerfs.

Rien au cœur,

La température n’a pas dépassé 37°8.

Dès son arrivée à l’hôpital, la malade cesse de vomir aussi fréquemment.

On n'institue aucun traitement; néanmoins, les vomissements vont toujours diminuant, et,le 11 décembre, ils s’arrêtent complètement.

On remarque également que les zones douloureuses ont disparu, et que les réflexes ont diminué.

Le 13 décembre, la malade sort de l'hôpital et ne vomissant plus du tout.

Afin de pouvoir écarter toute idée de simulation de la part de la malade, la mère est interrogée avec soin plusieurs jours après sa sortie, et confirme la guérison de sa fille,

Le 31 décembre, la malade rentre dans le service, les vomissements ayant reparu,

Ils sont plus fréquents que la première fois et se répètent presque coup sur cuup, jusqu'à ce que la malade ait expulsé tout le contenu de son estomac. Ils sont parfois suivis d’une sensation de douleur au niveau de l’estomac et le long de l’œsophage, qui persiste quelque temps après.

La malade a maigriet perdu considérablement ses forces.

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