PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Bien que disparaissant généralement de lui-même, et sans laisser le plus souveut de troubles profonds de la santé, il faut cependant faire quelques réserves quant au pronostic du vomissement nerveux.
Il est bien de règle en effet que l’intolérance gastrique ne s’accompagne pas d’une dénutrition proportionnelle à l'intensité des vomissements et que la santé et l’embonpoint ne sont guère influencés par le rejet continuel des aliments. Mais il n’en est pas moins vrai que dans certains cas, les vomissements prolongés ont conduit le malade à un état d’amaigrissement considérable et d’affai blissement marqué.
Et puis, pour peu que les accidents se prolongent, le malade tourne pour ainsi dire dans un cercle vicieux morbide : le nervosisme étant cause prédisposante des vomissements, ceux-ci produisent l’anémie qui elle-même entretient chez les sujets l’état névropathique.
Eu somme si, au point de vue de la vie, le pronostic est bénin, la résistance fréquente des vomissements à tout
on — traitement vient l’assombrir en bien des circonstances.
Le traitement en effet n’a guère de prise sur le vomissement nerveux.
On pourra au début essayer le traitement symptomatique ordinaire du,vomissement. On donnera la potion de Rivière, 20 à 30 grammes d’eau chloroformée saturée, la glace à l'intérieur. On administrera de loxalate de cerium à la dose de 40 à 50 centigrammes, en même temps qu’on aura recours à l'application de compresses imbibées d’eau tiède au creux épigastrique.
Rien n’est plus variable que les résultats obtenus par les divers traitements. Un malade chez qui on aura vainement essayé la potion de Rivière, la glace, l’oxalate de cerium, verra ses vomissements cesser de suite après l’ad ministration de quelques gouttes de teinture d’iode, où de 1 centigramme de nitrate d'argent.
Il ne faudra pas d’ailleurs avoir une trop grande confiance dans le traitement, on serait parfois cruellement déçu.
Un trait caractéristique du vomissement nerveux, c’est l'inutilité du régime au point de vue de la guérison. Les aliments sont rejetés quels qu’ils soient, et l'intolérance gastrique n’est nullement en rapport avec la plus ou moins grande digestibilité des aliments. Il ne sera donc pas nécessaire de soumettre le malade au régime lacté, ou même de ne lui permettre que certaines catégories d’aliments à l’exclusion des autres.
Mais si la thérapeutique ne donne que de bien médiocres résultats, il sera souvent plus efficace de soustraire les malades au milieu où ils se trouvent, aux accidents quotidiens qui peuvent influer sur leur état de névropathie.
Do
C’est ainsi que des enfants en butte chez eux à de mauvais traitements ou des jeunes filles en contact permanent avec des personnes malades ou d'humeur difficile, cesseront de vomir, dès qu’en changeant de milieu, ils trouveront ailleurs un peu de sympathie ou de distraction. . |
N'oublions pas enfin que si le traitement le mieux dirigé reste inefficace dans bien des cas, le vomissement disparaît souvent de lui-même, ce qui rend moins redoutable sa résistance au traitement.