‹ Contribution à l'étude d'une forme spéciale de vomissements nerveuxChapitre 16 sur 18 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Tout d’abord on devra prendre en considération les cicconstances qui ont présidé au développement de l’état morbide actuel. Il faudra tenir compte de ce que l’apparition, le retour ou l’exagération des phénomènes ont lieu quelquefois sous l'influence de causes d'ordre purement moral, et le plus souvent même sans cause apparente. Enfin on observera avec la plus grande attention la marche de la maladie, et la persistance d’un état assez satisfaisant de la nutrition, malgré des vomissements presque continuels, est un bon élément de diagnostic.

Beaucoup d’affections occasionnent des vomissements

soit aqueux, soit alimentaires. Nous allons en passer quel- ‘ques unes en revue. ; - L’ulcère a pour caractère principal d’être douloureux. La douleur a deux points de localisation bien nets : au niveau de l’appendice xyphoïde et de la colonne dorsale. Elle est véritablement atroce, la pression la réveille, de même que la marche et les mouvements brusques ; l’ingestion des aliments la rend intolérable.

Il y a bien des vomissements alimentaires qui suivent d’assez près le repas, mais il y a souvent en outre des hématémèses qui sont pour ainsi dire pathognomoniques. Et puis, l’ulcère n’évolue pas sans troubles profonds de la santé. Les hémorragies auxquelles viennent s’ajouter les vomissements incessants et les souffrances continuelles conduisent rapidement le malade à un amaisrissement très prononcé.

Les hyperchlorhydriques ont desdouleurs au creux épigastrique qui commencent deux ou trois heures après le repas, ou bien qui surviennent au milieu de la nuit, le matin, alors qu’il y a longtemps que le malade n’a pas mangé. Les douleurs consistent dans une sensation de brûlure, de serrement au creux épigastrique, aves des irradiations dans le dos. Lorsque la douleur a atteint une certaine acuité le vomissement apparaît. Le liquide vomi a une saveur aigre ct brûlante; il contient de l’acide chlorhydrique en grande quantité. Le vomissement calme la douleur; lingestion des aliments la fait également disparaître. Cette influence bienfaisante du repas ne se retrouve pas dans le vomissement lié à un état névropathique.

L’expluration avec la sonde suffit à diagnostiquer d’une manière certaine la maladie de Reichmann.

Les vomissements sont un accident fréquent daus le cours de la grossesse ; et parfois la gravité de ces vomissements est telle que la vie de la femme peut être en danger. La recherche attentive des signes de la grossesse éclairera sur la véritable origine des vomissements chez les femmes enceintes ; dans les premiers mois un examen très minutieux sera nécessaire, et il sera bien difficile de se prononcer si, en même temps que l’on acquiert la cer-

titude d’une grossesse, on trouve chez la malade des signes de névropathie manifeste.

Les tumeurs du cerveau et celles du cervelet s’accompagnent souvent de vomissements remarquables par la facilité avec laquelle ils se produisent, après le repas le plus souvent, quelquefois même pendant le repas. Ils ne provoquent aucune douleur, le malade ne fait pas d'efforts pour vomir, mais ils surviennent au moindre prétexte: un changement de position, par exemple, comme l’action de se lever ou de s’asseoir. Ils disparaissent tout à coup sans raison, pour apparaître au bout d’un temps plus ou moins long. Mais alors il y a, en même temps que les vomissements, d’autres symptômes concomitants. Ce sont des vertiges accompagnés d'attaques d’épilepsie jacksonnienne, de contractures de paralysies et de troubles de lintelligence pour les tumeurs du cerveau; de céphalée intense et de titubation de la démarche pour les tumeurs du cervelet. L'examen de l'œil à l’ophtalmoscope permet souvent d’apercevoir les lésions de la neuro-rêtinite.

Dans le mal de Bright, on trouve également des vomissements qui en sont quelquefois la première manifestation. C’est surtout dans ces formes frustes, alors que les grands symptômes n'ont pas encore apparu, qu’il importe de faire le diagnostic. Ge sera alors par l’analyse de l’urine qu’on y arrivera; on examinera attentivement la quantité d'urine émise chaque jour, s’il y a de la pollakyurie, de la polyurie, ou de l’oligurie. Enfin, on recherchera s’il y a de l’albumine, et surtout si la toxicité des urines est diminuée, La constatation de ce dernier signe est la meilleure preuve que les vomissements sont dus à une altération du rein. ;

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Il y a enfin des vomissements qui sont sous la dépendance d’une névrose bien caractérisée.

Les vomissements des hystériques se produisent, il est vrai, sans douleur et sans éveiller d'inquiétude chez la malade. Mais les sujets présentent en même temps ou ont présenté antérieurement d’autres stigmates de la névrose, la sensation deboule, des névralgies diverses, des zones d’hyperesthésie. D’autres fois c’est une hémianesthésie, une paralysie ou des phénomènes de contracture qui mettent sur la voie du diagnostic, ou bien des trou bles de la vue : amblyopie, amaurose, rétrécissement notable du champ visuel. D’autres malades enfin ont des attaques convulsives et présentent . tableau classique de la crise d'hystérie.

. On peut trouver aussi chez les hystériques de vomisse-. ments qui, sans être sous la dépendance directe de l'hystérie, relèvent d’un autre phénomène d’ordre hystérique. Nous voulons parler des vomissements dus à l’anurie, On 2 alors, pour se guider dans le diagnostic, l'absence d’urine ou du moins la quantité très minime d’urine émise par le : malade. On voit redoubler les vomissements à mesure que. l'urine diminue, on les voit cesser au contraire dès que l'urine reprend son cours normal. L’analyse des vomissements montre que ceux-ci contiennent soit du carbonate d’ammoniaque, soit de l’urée ; il se fait donc une élimination supplémentaire à l’excrétion rénale insuffisante. Aussi les hystériques supportent-ils parfaitement cet état, tandis que l’anurie, dans tous Fe autres cas, aboutit rapi dement à la mort. :

Chez les neurasthéniques, le vomissement s'accompagne ,

‘autres symptômes de la neurasthénie, Les malades :

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accusent une céphalée intense, leur donnant la sensation d’un casque sur la tête. Ils ont une rachialgie très vive dont le siège de prédilection est la région sacrée, et une sensation de fatigue telle que tout travail peut devenir impossible. De plus, l’insomnie est fréquente, et lorsqu'ils parviennent à s’endormir, les malades se réveillent plus fatigués qu'avant de prendre du repos.

Ajouions que les neurasthéniques n'ont pas, comme les névropathes purs, une tendance marquée à rejeter les aliments dès leur ingestion, et cela sans effort et sans nausées, mais que le vomissement.est le résultat de la dyspepsie qui peut, chez eux, revêtir toutes ses formes.

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