AVANT-PROPOS
Historique des textiles chimiques
Un textile artificiel fut exposé par un Français, le comte de Chardonnet de Grange, pour la première fois, en 1889, à l'Exposition Universelle ; il l’avait obtenu en filant à l'air une solution de nitro-cellulose dans un mélange d'alcool et d’éther. Le fil obtenu offrait, malheureusement, des inconvénients très graves : il se décomposait spontanément et était inflammable au plus haut point.
En 1890, le chimiste français Despeissis faisait breveter un procédé de préparation d’une soie artificielle, consistant à filer, dans un bain coagulant, une solution de cellulose dans la liqueur de Schweitzer.
Les chimistes anglais, Cross, Bevan et Beadle préparèrent, en 1891, un xanthogénate de cellulose, par action du sulfure de carbone sur l’alcali de cellulose. Cette découverte, perfectionnée par Stearn, en 1903, permit, par dissolution du xanthogénate de cellulose dans une lessive alcaline, d'obtenir la « viscose » qui, filée dans un bain coagulant, donne, par régénération, une fibre artificielle.
Quelques années plus tard, Cross et Bevan, mettant à profit les observations faites par Schutzenberger, en 1865, sur l’acétylation de la cellulose, et par Franchimont, en 1879, qui perfectionna cette opération par addition d’un catalyseur, firent breveter, en 1894, un soi-disant tétracétate de cellulose, soluble dans le chloroforme. Des améliorations à ce procédé permirent de mettre au point une méthode de préparation des textiles chimiques.
Considérations économiques
Les soies artificielles, suivant leurs différents procédés de fabrication, sont classées sous l’une ou l’autre des rubriques :
soies à la nitro-cellulose,
soies cupro-ammoniacales,
soies à l’acétate de cellulose,
soies à la viscose de cellulose ; elles sont désignées couramment sous les noms respectifs de : soies nitrées, soies au cuivre, soies à l’acétate, soies viscose.
En 1927, des spécialistes compétents estimaient que la soie au cuivre représentait 1 % de la production totale des soies artificielles, la soie à l’acétate, 3 %, la soie nitrée, 8 % et la soie viscose 88 %.
Il est à prévoir que la soie au cuivre est destinée à disparaitre ainsi que la soie nitrée; la soie à l’acétate, par ses qualités et ses prix, restera limitée aux articles de valeur, tandis que la soie viscose verra très certainement son emploi se généraliser de plus en plus, car, par son prix, elle est accessible à un public très large, qui, après l'avoir essavée, l’adopte surtout pour son bel aspect.
L'’essor de la soie artificielle a été très rapide, comme l'indique, d’une façon saisissante, une statistique de sa production :
Années Production mondiale (en tonnes) LORS 2 ut DNA MT AL Ten ANT EN 600 TOO PE Ne RTE UN EE tp 3.000 LOTO ET Re MAG Eee ATOS Re LES PE AE SU 8.000 1 SA RSR EE Re PRE qe TE D A 12.000 RO RE A TT RE ERP ee DRE OR 30.000 ER EN E Te tOL RD De en ie OUT EEE Re Pie 40.000 PDA TEE SU RES ER NN EE STE ET ee 63.000 LODER SERRE AUOT NE 80.000