‹ Contribution à l'Étude d'une Radioprotection BiologiqueChapitre 10 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le problème de la radiosensibilité cellulaire tient depuis longtemps une place prépondérante dans les travaux de radiologie.

Après Bergonié et Tribondeau, qui édictèrent les principes de la radiosensibilité, de nombreux auteurs se sont attachés à rechercher les variations de cause intrinsèque ou extrinsèque capables d’amener des modifications de la sensibilité cellulaire.

Mais, parmi ces nombreux travaux, tous, ou presque tous, se sont attachés à rechercher une augmentation de la radiosensibilité. [1 faut arriver à 1935 pour trouver, à notre connaissance, des travaux portant sur des problèmes de radioprotection biologique.

Piffault et Levin, utilisant des paramécies, mirent en évidence l'existence d’une radioprotection biologique par certains lipoïdes.

Ils ont été guidés dans leur étude par les considérations suivantes

L'augmentation de la perméabilité membranaire sous l’action des rayons X, établie par Philippson et Mendeleef, sa mise en cause comme facteur intervenant dans la mort par rupture de la paroi des cellules irradiées, ont conduit ces

auteurs à rechercher si la présence dans le milieu de culture des paramécies de substances s’opposant à la lyse par d’autres agents vulnérants serait capable d’allonger la durée de l’irradiation immédiatement mortelle.

Pour ne pas affaiblir le rayonnement traversant le milieu ainsi modifié, il fallait éviter de trop grands écarts entre les coefficients d'absorption de ce milieu et de celui des substances étudiées,

Leur choix a été orienté, d’une part vers le cholestérol, grâce auquel Ranson avait pu protéger des hématies contre l’action hémolytique de la saponine, d'autre part vers la lécithine, qui, bien purifiée et stabilisée, s’est montré posséder, entre les mains de Levin et Magat, une action comparable à celle du cholestérol, même à des taux extrêmement faibles.

Au cours d’une application des rayons X de grandes longueurs d'ondes faite sur une goutte pendante, les paramécies des préparations réalisées, soit à partir du cholestérol, soit de la lécithine, présentaient une radiorésistance supérieure à celle des témoins irradiés de la même facon, radiorésistance telle que la quantité d'énergie rœntgénienne nécessaire pour déterminer leur mort immédiate soit 4 ou 5 fois supérieure à la dose léthale envers les témoins.

La radiorésistance maxima se produisait pour des proportions très faibles de substance active ne correspondant pas forcément pour la lécithine à la concentration étudiée la plus élevée. La lécithine manifeste une radiorésistance maxima pour le taux de 1/8.000.

Le temps de contact des protozoaires avec le corps agissant jouait un rôle important : la radiorésistance augmentait au début pour devenir maxima après deux ou trois jours, puis reprenait peu à peu sa valeur habituelle.

Les mélanges lécithine-cholestérol possédaient des propriétés différentes de celles de chacun des composants, ayant, dans les circonstances les plus favorables, une action beaucoup moins marquée et moins durable que celle trouvée pour des proportions identiques de chacun des constituants seuls.

Lie

Nous nous proposons d'essayer d'étudier les différents facteurs de cette radioprotection biologique en nous replaçant dans des conditions expérimentales aussi proches que possible de celles que nous venons de résumer.

Dans la suite de cet exposé, nous ne ferons que très rare: ment appel à des considérations théoriques portant sur les différentes interprétations de l’activité des rayons X, nous bornant à réaliser une étude expérimentale aussi complète que possible.

MEYNIEL.

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