‹ Contribution à l'étude de Bacillus chlororaphis G. et SChapitre 11 sur 54 · FORMES — SUCCESSION DES FORMES · texte numérisé non relu

FORMES — SUCCESSION DES FORMES

B. chlororaphis se présente sous des aspects variés, mais toutes les cultures que j’ai examinées étant issues d’une même colonie primitive, les variations de forme observées n’ont pu être déterminées que par l’âge du bacille, la nature et la réaction de l’aliment mis à sa disposition, la température de culture, et la vie plus ou moins aérienne de l’organisme, suivant qu'il se trouvait à la surface ou à l’intérieur de la culture.

Je n’ai pas la prétention de donner un tableau complet de la vie de l’espèce puisque les formes que j’ai observées dérivent d’une même colonie.

D’autres changements de milieu peuvent. détermimer des variations plus marquées. C’est ainsi que la race découverte par GuiGNarD et SAUvAGEAU diffère de celle que j'ai cultivée par la tendance à une sporulation facile et prompte. Je n’ai pu me procurer cette race remarquable qui a été perdue presque aussitôt qu’isolée.

Je me suis efforcé d’être aussi précis que possible dans la description de la race que le hasard a mise entre mes mains.

Gélose peptonée glucosée. — Cultivé sur gélose peptonée glucosée, B. chlororaphis, dans des cultures âgées de dix-huit ‘à vingt-quatre heures, se présente avec les caractères suivants : examiné dans une goutte de bouillon ou de solution physiologique, avec ou sans coloration vitale ou après fixation et coloration par une solution aqueuse au violet de gentiane, 1l a une forme allongée, droite ou légèrement incurvée, à extrémités arrondies, mesurant de (3# — 8#) x (0#,7 — 0#,8) (Voir pl. fig. 2, a). Le cytoplasme ne présente pas de différenciation.

A côté de cette forme dominante, on peut remarquer des cellules plus courtes et richement vacuolées.

Dans les cultures âgées de quarante-huit heures, les éléments allongés deviennent rares et on observe surtout des formes de 2 à 3 sur 0,7 à 0#,8 (Voir pl. fig. 2, b).

Le contenu cellulaire ne paraît pas différencié, tout au plus peut-on observer parfois une coloration plus faible de la partie centrale. "

Enfin au bout de trois à quatre jours, l’examen des cultures montre que les dimensions des éléments bactériens ont encore diminué, ils ne mesurent plus que (1#,7 —2#,4) X (04,7 — 0#,8) et ils présentent une grande vacuole centrale.

On trouve aussi des corps microbiens de même taille que les précédents, sans vacuole, présentant seulement une coloration intense aux deux pôles et une teinte extrêmement faible dans la partie médiane. Celle-ci sera vraisemblablement occupée plus tard par la vacuole.

Au fur et à mesure que la culture vieillit, les éléments à vacuole

centrale deviennent plus nombreux, formant souvent des plages, ils diminuent encore de taille ne mesurant plus que (18,2 — 04,8) x (04,4 — 04,5).

Indépendamment des formes étudiées ci-dessus, on rencontre dans des cultures de tout âge, cultures de vingt-quatre heures comme cultures de huit à dix jours, des formes rondes, à contenu cellulaire non différencié mesurant 0,7 à 0,8 de diamètre (Voir pl. fig. 2, d).

La succession des formes de B. chlororaphis cultivé sur gélose peptonée glucosée n’est pas toujours aussi régulière que je viens de l’indiquer. Des cultures de quarante-huit heures peuvent présenter uniquement des cellules de 14,7 à 24,5 de long avec une vacuole centrale.

Si l’on opère avec des géloses ayant perdu leur eau de condensation, des cultures de vingt-quatre heures ne présentent pas la forme allongée, mais des éléments plus petits, à vacuoles

nombreuses, et des cellules courtes à vacuole centrale.

Bouillon peptoné glucosé. Solution de peptone. — Cultivée sur bouillon peptoné glucosé ou sur solution de peptone, la Bactérie mesure 1,5 sur 0,8, ses extrémités sont arrondies ou effilées et elle a parfois la forme de navette ou de tonnelet. Tantôt le cytoplasme est homogène, tantôt 1l présente de nombreuses petites vacuoles, plus rarement une grande vacuole centrale unique. Sans qu’il soit possible d’en fixer l’ordre d’apparition, on voit des formes vacuolées plus courtes de (0%,8 — 0,7 X (0%,6 — 0,7) ou sphériques ayant environ 0,8 de diamètre.

Sur bouillon peptoné, le Bacille se rapproche plus du type décrit par GuIGNARD et SAUVAGEAU; toutefois, 1l en diffère en ce qu'il ne présente pas de renflements aux extrémités.

Milieu synthétique type. — Ce milieu est le plus favorable à la culture du Bacille et les raisons qui le font considérer comme tel seront indiquées plus loin. Le Bacille y atteint des dimensions plus grandes que sur le bouillon peptoné et la diversité des formes est encore plus accusée.

Cultures de quinze à vingt-quatre heures. — Le Microorganisme se présente généralement encore comme un bacille allongé, à extrémités le plus souvent effilées, plus rarement arrondies.

D’autres fois, il affecte la forme de navette. Les dimensions, variables avec la culture, oscillent entre (3* — 7#) X (0#,8 — 1#).

A côté, on trouve des bacilles plus courts (1#,5 à 2#) présentant parfois de petites vacuoles.

Dans certaines cultures, on observe des cellules rondes ayant 0#,9 à 1# de diamètre en moyenne, mais pouvant atteindre 2,2.

Culiures de trente-six à cinquante heures. — La forme allongée ne domine plus, elle est partiellement remplacée par des cellules ovoides mesurant de 2% à 3* de longueur. Le contenu cellulaire peut ne pas être différencié, mais souvent les deux extrémités se colorent plus fortement que le milieu et ce dernier présente quelquefois de nombreuses petites vacuoles ou une grande vacuole centrale.

Cultures de trois à quatre jours. — On ne trouve presque plus que des formes courtes (1# —1#5) x (0#,5 — 0#,8) avec vacuole.

A mesure que la culture vieillit, les dimensions du Bacille se réduisent et les formes rondes deviennent de plus en plus nombreuses, ce qui fait que des cultures de deux mois (parfois même de dix jours) donnent l'impression d’une culture de Micrococcus de 0#,7 à 0,9 présentant quelques bacilles comme impuretés. Certaines cellules présentent des granulations cytoplasmiques de forme et de dimensions variables. Certaines de ces granulations se colorent en rose ou en rougeâtre par les bleus de méthylène et de toluidine.

L'époque d'apparition des différentes formes est sujette à variations. Ainsi, des cultures de quarante-huit heures peuvent ne présenter que des formes très courtes, vacuolées, et des cellules rondes, tandis que des ensemencements de vingt-trois jours montreront un mélange de cellules vacuolées avec d’autres à contenu non différencié. Mais si on ne peut fixer l'instant du

passage d’une forme à une autre, l’ordre dans lequel les transformations se font est assez régulier et la présence des éléments vacuolés dans les cultures anciennes est un fait général sans aucune exception.

La comparaison des résultats obtenus dans des milieux normaux montre que l’on peut distinguer des formes jeunes caractérisées par une plus grande longueur de la cellule et un cytoplasme non différencié, et des formes âgées, vivant dans des milieux appauvris, que l’on reconnaît à leurs dimensions plus réduites et à la vacuolisation du cytoplasme.

Je vais passer à l’étude des cultures sur des milieux que je considère comme anormaux. Dans ces milieux, l’âge de la culture n’est plus la seule cause à considérer dans l’évolution des formes de la Bactérie. Celle-ci, dès le début, en présence d’un milieu peu favorable, présente des aspects nouveaux.

Milieu synthétique type additionné d’ammoniaque. — Le Bacille est très sensible à l’ammoniaque; cultivé dans un bouillon renfermant par exemple 08,034 de N H, %, il prend la forme d’un bâtonnet allongé à extrémités généralement arrondies et de dimensions variables. Il peut atteindre jusqu’à 15# de long sur 0#,8 à 0#,9 de large (Voir pl. fig. 6). Souvent, plusieurs éléments restent unis et forment alors des filaments assez longs.

Le contenu cellulaire ne paraît pas sensiblement différencié, sauf en quelques points où il existe de petites vacuoles pariétales.

Milieu synthétique type additionné d’acide sulfurique. — Dans le milieu additionné d’acide sulfurique (0,098 de H, SO, %) les cellules de dimensions normales sont rares; on voit apparaître une forme courte, carrée, rectangulaire, ou trapézoïdale, mesurant de (04,7 — 14,5) X (04,7 — 1#,2) (Voir pl. fig. 5).

Les éléments sont isolés ou disposés de façon à simuler des diplobacilles, rarement ils sont en chainettes.

Milieu synthétique (acide aspartique plus NH;). — Cultivée sur milieu synthétique à base d’acide aspartique, plus ammoniaque, la Bactérie devient filamenteuse; chaque filament, composé de plusieurs individus dont chacun atteimt parfois une longueur de 18#, peut mesurer et dépasser 60# de long sur 0#,5 à 1% de large.

Les éléments, qui forment de longs filaments, présentent fréquemment des renflements en forme de massue, leur cytoplasme est vacuolaire. De plus, il semble, mais c’est là un point que je ne puis préciser, qu'une gaine existe tout autour des: filaments (Voir pl. fig. 7).

On rencontre çà et là des éléments isolés piriformes à grande vacuole, occupant le tiers ou la moitié du corps bactérien.

Milieu synthétique (asparagine avec suceinate et propionate). — Dans ce milieu, le Microorganisme se montre sous des aspects variés. Le plus souvent il présente des formes plus ou moins allongées à extrémités arrondies ou renflées en massue ou en haltère dont les dimensions sont de 5 à 6“ de long sur 1,2 à 1#,7 de large (Voir pl. fig. 8). Tous ces éléments sont richement vacuolés. Dans certaines cellules, les vacuoles viennent au contact les unes des autres, se fusionnant plus ou moins complètement pour donner une grande vacuole. Cette vacuole peut atteindre des dimensions telles que la cellule se présente comme réduite uniquement à son enveloppe.

La caféme, l'acide phénique en bouillon peptoné, le bichromate de potasse et l’acide borique en milieu synthétique type ne déterminent pas de variations morphologiques intéressantes.

Milieu synthétique type (Culture à 400 C.). — Nous venons d'étudier les variations morphologiques du Bacille sous l'influence de divers agents chimiques, nous allons examiner maintenant les modifications de forme que l’on peut imposer à la Bactérie à l’aide d’un agent physique, la chaleur.

Les cellules sont plus allongées qu'à 25-300 C. Le cytoplasme

devient vacuolaire et renferme des granulations, parmi cellesel certaines sont métachromatiques (Voir pl. fig. 9).

Il est à remarquer que toutes les semences ne sont pas également sensibles à l’action de la chaleur.

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