‹ Contribution à l'étude de Bacillus chlororaphis G. et SChapitre 10 sur 54 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

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Le fait que GurGNarD et SAuUvAGEAU ont isolé B. chlororaphis de cadavres de Vers blancs permet-il de considérer ce Microorganisme comme parasite, commensal ou symbiote de ces larves? Je ne le crois pas, car les deux savants auxquels la bactériologie est redevable de la découverte d’une si belle espèce chromogène n’ont pas précisé, dans leur travail, de quelle partie des cadavres 1ls ont isolé leur microbe. De plus, les types de B. chlororaphis observés jusqu’à ce jour ont été, le plus souvent, rencontrés dans les eaux. En effet, G. THiry a pu observer quatre fois B. chlororaphis; or, trois types provenaient d’eaux potables ou impures, le quatrième avait été isolé par Scamipr au Laboratoire de BRruNoTTE. Croyant que le Bacille avait été isolé par hasard de Sphaignes des Vosges, BRUNOTTE m’engagea à le rechercher dans un certain nombre d'échantillons qu’il mit à ma disposition, mais ces recherches ne furent couronnées d'aucun succès.

Macé (1904) a rencontré B. chlororaphis dans l’eau de puits ou de rivière et BonJEAN classe ce Microorganisme parmi Îles bactéries de l’eau, bien qu’il lait assez rarement rencontré.

Le type que j’étudie a été isolé de l’eau d’une source de Vigneulles (1). Un an après la première constatation, j'ai réussi

{1} Vigneulles, petite localité située près de Rosières-aux-Salines (Meurthe-et-Moselle). Origine géologique : keuper moyen (grès keupériens).

BACILLUS CHLORORAPHIS 2

à l’isoler de nouveau de la même source. Ce deuxième type ne différa en rien du premier et, pour ce motif, j'ai cessé de le cultiver. Depuis, il m’a été impossible de réisoler B. chlororaphus de l’eau de la source de Vigneulles. Je Pai recherché également dans deux cents eaux soumises à l’examen bactériologique. Une seule des eaux ensemencées montra des colonies de B. chlo-, roraphis, mais comme, dans le même temps, des cultures en grands ballons étaient journellement filtrées et les filtrats jetés à l’évier, il n’est pas certain qu’il s'agisse là d’un isolement nouveau. Il semble donc que B. chlororaphis soit assez rare en Lorraine puisque Macé ne l’a rencontré que quelques fois et, personnellement, je ne l’ai isolé qu’une ou deux fois. En est-il de même en d’autres régions? Dans le but de résoudre cette question, Je me suis adressé aux savants bactériologistes (1) dont les Laboratoires sont connus pour l’analyse des eaux.

M. le professeur CourmonT (Lyon) a bien voulu faire effectuer durant plusieurs mois des analyses d’eaux avec recherche spéciale de B. chlororaphis, il n’est pas arrivé à le déceler.

M. MIQuEL (Paris) ne l’a jamais rencontré dans les eaux, mais il me fait remarquer qu'il n’a jamais orienté aucune recherche dans le but de le différencier des bacilles qui peuvent lui ressembler.

M. le professeur Bopin (Rennes) me dit n’avoir jamais eu l’occasion de l’observer étant donné l'esprit dans lequel sont effectuées les analyses d’eaux à son laboratoire. M. le professeur LAGRIFFOUL (Institut Bouisson-Bertrand, Montpellier); M. le professeur Ficxer (Institut d'hygiène Berlin); Harisson (Macdonald College, Canada) ne l’ont jamais rencontré.

La Smithsonian Institution (Washington) a bien voulu faire une enquête auprès des chimistes bactériologistes du Département de PAgriculture, du Bureau de la Santé publique et du Service de V’Hôpital maritime. Il résulte de cette enquête que, nulle part, le Bacille n’a été signalé sur le territoire des États-Unis. En résumé,

(1) J’adresse à tous ces Savants l'hommage de ma respectueuse gratitude.

le Bacille n’a jamais été observé en Amérique et il ne l’a été que très rarement en France.

L'organisme est-il réellement aussi peu fréquent dans les eaux ? Je ne le crois pas; il a dû bien souvent passer inaperçu lorsque . la fluorescence faisait défaut et que la formation des cristaux, seul diagnostic de B. chlororaphis, se faisait trop tardivement.

Avant de conclure sur son degré de fréquence, il serait donc désirable que des recherches spécifiques et statistiques soient effectuées; dans ce but, je conseillerai d’ensemencer directement Peau à examiner sur gélose asparagine alcaline (milieu dont la formule sera donnée plus loin); de la sorte, on éliminera nombre d'espèces bactériennes et le Bacille pourra plus sûrement donner des cristaux. On arrivera à un meilleur résultat encore en faisant porter l’examen sur 100 centimètres cubes d’eau qui seront ensemencés dans 100 centimètres cubes de bouillon synthétique type (dont on aura doublé les doses des éléments constituants) légèrement acidulés par l'acide phosphorique et en portant le tout à l’étuve à 25-300 C. Si au bout de dix jours on n’a pas obtenu de cristaux, on ensemencera la culture sur gélose asparagine.

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