CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES CULTURES
Vitalité dans les cultures. — La végétation dure beaucoup moins longtemps en bouillons peptonés qu’en milieu synthétique. Sous l’influence des peptones, la Bactérie perd rapidement son pouvoir chromogène; mais on remédie à cet inconvénient en faisant de fréquents passages sur gélose ou gélatine.
C’est sur pomme de terre que la Bactérie conserve le plus longtemps sa vitalité. De vieilles cultures de neuf, dix et dixhuit mois, conservées à l'obscurité et à la température de la
BACILLUS CHLORORAPHIS 3
chambre ont été ensemencées en milieu synthétique; toutes ont donné une végétation normale avec cristaux.
Aérobiose. — Bacillus chlororaphis est très avide d'oxygène. Il forme des voiles, des pellicules à la surface des milieux de culture, c’est-à-dire là où l’air a le plus facilement accès. Si le gaz ne pénétre que difficilement dans le vase où se fait la culture, celle-ci devient languissante et s’arrête dès que l’oxygène libre a été consommé. Vient-on à aérer le milieu, la végétation reprend aussitôt. La Bactérie peut même se développer dans une atmosphère d'oxygène pur, mais elle ne peut vivre en l’absence rigoureuse de ce gaz. L’oxygène, l'hydrogène, l'azote, l'acide carbonique ne paraissent pas avoir d'action sur les caractères morphologiques du Bacille, tandis qu’ils ont une grande influence sur ses caractères physiologiques et sur sa fonction chromogène en particulier, ainsi que nous le verrons plus loin.
Température (Essais effectués en milieux peptonés). — Le développement, la fluorescence et la production de cristaux se font facilement vers 10-129 C. L’optimum pour la production du chromogène fluorescent est de 22-250 C. et la température la plus favorable pour le développement de la Bactérie est voisine de 250 C. Au-dessus de 300 C., la production des cristaux et la fluorescence diminuent; la végétation se montre plus intense pendant les premiers jours, mais la culture s’épuise plus rapidement et le développement s’arrête beaucoup plus tôt qu’à la température de 25° C. Le poids total de corps bactérien produit de 25 à 320 C. est sensiblement le même; l'élévation de la température n’a donc fait qu’activer le développement du Bacille et son action est analogue à celle qu’elle exérce sur certaines réactions chimiques qui, pour s’effectuer à la température ordinaire, demandent un temps très long, tandis qu’à une température élevée elles se produisent très rapidement. Cependant, certaines races donnent une culture normale avec chlororaphine à 350 C., mais ce sont là des exceptions. À 36-370 C., il n’y a plus production de cristaux. Le développement intense ne dure que quelques
jours; la fluorescence faible, quelquefois nulle, varie avec les cultures et elle persiste de préférence en milieux peptonés (peptones Defresne).
À 400 C., la culture est faible, le voile nul ou réduit à une mince pellicule. À 420 C., le Bacille ne trouble pas le milieu. Le Microbé est tué par un chauffage de dix minutes à 63° C. A 600 C. température critique de Miquez (1902) ou zone mortelle de DucLaux (1898), la moitié seulement des divers échantillons d’une même culture sont tués. ,
La Bactérie paraît assez bien résister au froid; de très jeunes cultures, soumises à des alternatives de gels et de dégels et ensemencées ensuite, poussent abondamment et donnent des cristaux. La température minima de croissance paraît être assez basse, mais je n’ai pu la déterminer rigoureusement.
De ce qui précède il résulte que B. chlororaphis est un organisme nettement aérobie. La température la plus favorable est voisine de 250 C., il résiste assez bien au froid mais est tué à 639 C. (dix minutes).