CULTURES SUR MILIEUX SPÉCIAUX
Dans l’étude des cultures sur milieux spéciaux, nous nous bornerons aux réactions les plus simples et les plus caractéristiques. Le lait nous donnera l’épreuve de sa coagulation et montrera si le Bacille secrète une présure et une caséase: le blanc d'œuf indiquera s’il secrète une trypsine et la peptone donnera la réaction de l’indol.
Action sur le lait. — Bacillus chlororaphis, cultivé sur lait entier additionné ou non de carbonate de chaux, colore la couche crèmeuse en jaune citron. La caséine coagulée donne un précipité jaunâtre et un liquide incolore jaune sale ou jaune rougeâtre. Puis, le coagulum se transforme peu à peu en un liquide opalescent et visqueux. La liquéfaction peut être complète en quinze jours, après lesquels le liquide s’éclaircit.
Le lactose est presque entièrement respecté ainsi que l’attestent les résultats suivants qui sont les moyennes de trois séries d'expériences :
Témoin À Témoin B Témoin C Lactose, pour cent. , . Aer,21 4Sr 31 387,52 Culture A Culture B Culture C
Lactose, pour cent. . , Aër19 48r 26 gsr 29
D'autre part, le milieu reste sensiblement neutre ou alcalin pendant la durée de la coagulation et dégage une odeur rappelant celle de la coumarine.
Enfin, une culture coagulée est filtrée et le filtrat neutre est mélangé à son volume de lait frais, le tout, additionné de 2 °/60 de chlorure de calcium, est maintenu à 309 C., la coagulation du lait est rapide : le Bacille secrète donc une présure.
La peptonisation du milieu s’effectue de bonne heure comme
l’indiquent les résultats suivants :
Caséine pour 100
DÉMO RE RE RARE is en ET 07 CUIR OU EE 1 12
Le dosage de la caséine dans de telles conditions, sans être d’une grande exactitude, est suffisamment précis pour montrer sa disparition.
À mesure que le coagulum disparaît, des albumoses et peptones apparaissent dans le milieu et ce n’est que lorsque la culture est assez riche en produits de peptonisation que les cristaux se précipitent.
On ne peut, en effet, les observer que tardivement dans les cultures, quelquefois vingt jours seulement après l’ensemencement. Comme nous savons que les peptones à elles seules sont suffisantes au Bacille pour la production de chlororaphine, il semble logique d'admettre que dans le lait les cristaux se forment aux dépens des produits de peptonisation.
Il résulte donc des observations précédentes que, sur le lait, le Bacille secrète une présure et une caséase et ne fait pas fermenter le lactose ,
Action sur l’albumine euite. — On peut rapprocher de la peptonisation de la caséine l’action du Bacille sur l’albumine cuite. Si on ensemence B. chlororaphis sur des cubes de blanc d’œuf (milieu d’après GrimMBERT) (1903), on obtient des cultures fluorescentes. L’albumine devient transparente et les arêtes du cube s’émoussent. Cette modification du blanc d’œuf est probablement due à la sécrétion d’une trypsine.
Recherche de l’indol et du phénol. — L’indol et le phénol sont des produits normaux de la fermentation putride ou putréfaction des matières albuminoïdes.
La recherche de l’indol et du phénol dans les cultures de B. chlororaphis faites en milieux peptonés, nous permettra done de déterminer si ce microbe est capable de produire la putréfaction. Ces considérations justifient les différents essais que j'ai effectués pour mettre l’indol en évidence dans les cultures du microbe de GuiGnarD et SAUVAGEAU. Ces essais peuvent se résumer ainsi :
19 Milieu peptoné. — Solutions de peptones Defresne et Chapoteaut à 1 et 2% en présence d’air et d’atmosphères de plus en plus pauvres en oxygène; cultures faites à 250 C., 300 C. et 370 C,
La recherche de l’indol a été effectuée sur des cultures de deux à quinze Jours, en opérant, soit directement sur les solutions de peptones, soit sur l'extrait éthéré des cultures. Chaque expérience comportait des tubes témoins. Le nitrite de soude, la vanilline, le furfurol, la paradiméthylamidobenzaldéhyde n’ont jamais décelé de composés indoliques;
20 Solutions de peptone additionnées de sels minéraux. — Peptone de 5 à 10%; phosphate de soude 0,500 % ; sulfate de magnésie 0,100 % ; cultures à 300 et 379 C. de deux à vingt jours.
Là encore, les réactifs précédents ne révèlent aucune trace d'indol.
Le Bacille ne produisant pas de composés imdoliques, il était à prévoir qu'il ne donnerait pas non plus de composés phénoliques, c’est ce que l'expérience a vérifié.
Action sur les nitrates. Nitrate de potasse. — Certaines bactéries ne possèdent pas de propriétés réductrices vis-à-vis des nitrates alcalins, tandis que d’autres, au contraire, les réduisent en nitrites. Quelques-unes même, poussant plus loin leur action, décomposent entièrement les nitrates en laissant dégager l'azote.
Ces actions différentes des microbes sur les azotates m'ont conduit à chercher à quel groupe appartient B. chlororaphis.
À cet effet, j’ai suivi la technique et les procédés d'analyse indiqués par GRIMBERT (1903) en remplaçant seulement les matras de 125 centimètres cubes par des ballons de 200 centimètres cubes; de ce fait, les résultats se rapportent à 2 grammes de nitrate.
Les cultures ont été prolongées à la température du laboratoire durant trois mois (juin, Juillet, août).
La faible quantité d'oxygène que le milieu offre à la Bactérie rend la végétation très pénible. On n’observe ni cristaux, ni fluorescence. Le dégagement gazeux est lent et les cultures répandent une odeur voisine de celle de la coumarine.
Les résultats consignés dans le tableau ci-dessous permettent de se rendre compte de l’action du Bacille sur le nitrate.
Peptone à 1 c/o
A B NtTALe AUETéDULE EE 7 28r 000 28r,000 INTEATE ROULE ER I 0 ,508 0 ,824 SOLLPOUTICODEME EPA LUMEN,. Poe 25 &A,2 Nétrite restant 0. 7 081,105 087,079 CARO A RE LE SC S ENTO ICO E E ren 0 15005 COLE PR PAREE. 6: 0 RÉACHONE ee A Très alcaline.
Le Bacille réduit donc les nitrates en nitrites et son action peut même aller jusqu’à un dégagement d’azote. Très rarement on constate un faible dégagement de CO,; en général, ce gaz est absorbé par la potasse pour donner du bicarbonate.
L’intensité de la réaction est très variable; le volume de gaz dégagé, dont le maximum observé est 56°%°5, peut descendre à 20, 15 et 10 centimètres cubes.
L’addition de bouillon de bœuf à la solution de peptone nitratée détermine une végétation microbienne plus abondante et une destruction de nitrate beaucoup plus grande, comme lindiquent les chiffres suivants :
Culture A Culture B NtrAledétTUIE en LU 481,210 181,380 SOLIDOUTEC OS Dee ae 100) 69
INIÉTITE TESEANE em 1, 08r,085 08,135
Le bouillon, par lui-même, est un assez mauvais milieu de culture; néanmoins, il semble bien que la différence observée dans l’activité de la fermentation soit due à ses qualités nutritives. En effet, on ne saurait prétendre qu'il fournisse les composés azotés (aminés ou amidés) et carbonés nécessaires à
une réaction secondaire de ce genre :