VALEUR DE L'ASCENSION EXPRIMÉE EN MILLIMÈTRES DE MERCURE
ATMOSPHÈRES oxygène pour cent TT ere en volume rer jour | » jour | 3e jour | 4e jour | 5e jour | 6e jour | 7° jour | &e jour |
Nora. — Les signes indiquent l'apparition des cristaux.
On voit que la dépression augmente d’abord avec l’âge de la culture, puis passe par un maximum, et enfin diminue légèrement. À un moment donné, elle est d'autant plus grande que l'atmosphère est plus riche en oxygène, ce qui démontre l’avidité de la Bactérie pour ce gaz. Les cristaux n'apparaissent que lorsqu'un vide partiel s'est produit dans le ballon et que l’atmosphère a déjà subi un appauvrissement en oxygène. Cet appauvrissement est d’ailleurs beaucoup plus grand que celui qu'on pourrait déduire de l'observation du tube barométrique. En effet, l'analyse des gaz, effectuée à différents âges de la culture, montre qu'en même temps qu'il y à une absorption d'oxygène, il y a un dégagement plus ou moins grand de CO,. Je me bornerai à citer un seul exemple. Des ballons après ensemencement préalable sont remplis d'O pur suivant la technique donnée
plus haut; on scelle les tubulures et on met à l’étuve. On procède à l'analyse au bout de vingt jours. L’extraction des gaz n'étant pas faite à l’aide de la trompe à mercure, ce qui entrainerait des produits volatils du bouillon, tels que CO,, NH,, etc., mais en ouvrant les ballons sous le mercure; par suite du vide existant, le liquide pénètre dans le ballon. On détermine la quantité de métal qui à pénétré dans le vase de culture et on chasse les gaz restants, par le mercure.
L'analyse d’un type a donné les résultats suivants :
Capacité totale du ballon. . . . . . 305cm3 Vide volume He enire) NN 5105 Volume total du gaz recueilli. . . . 200,5
Composition de l'atmosphère recueillie
Pour cent
en volume ANICITOECATDONM OUR. CCR. SC O7L0 COXVPÉTEN EME AN 0. CN: 0,0 AT MONA EAN Mu TN ot ADI?
En réalité, le chiffre 87,8 ne représente pas seulement l’acide carbonique, mais encore des traces de produits volatils acides provenant du bouillon.
Pour des raisons analogues, le chiffre obtenu pour l’ammoniaque est trop fort, mais il faut remarquer que ce n’est pas la composition quantitative de latmosphère qui nous intéresse le plus, mais bien sa composition qualitative.
La disparition complète de l’oxygène montre combien est crande l’avidité de la Bactérie pour ce gaz. Le dégagement considérable de CO,, NH,, etc. prouve que le tube barométrique n’accuse que la différence de pression entre l'oxygène absorbé et les produits volatils dégagés. IT serait donc illusoire de conclure des expériences précédentes que les cristaux verts peuvent se former dans une atmosphère renfermant par exemple 100% d'oxygène. Lorsque les formes cristallines apparaissent dans le milieu, l'atmosphère de la culture est profondément modifiée. On peut essayer de tourner la difficulté en renouvelant cons-
tamment l’atmosphère, mais les résultats sont variables suivant la vitesse du courant gazeux ainsi qu’en témoigne l’exemple sui-
vant.
Fig. 2. — Ballon à cultures dans des atmosphêres renouvelées (Voir explications dans le texte).
A des ballons de 600 centimètres cubes (fig. 2), on soude intérieurement un tube a, qui pénètre de quelques millimètres dans la couche de liquide nutritif, au voisinage de la paroi latérale du ballon; c’est par ce tube que s'effectue l’arrivée du gaz dans la culture. Un autre tube b, soudé à la partie supérieure du col, permet de faire l’aspiration.
Après ensemencement, on fait passer dans les ballons des courants gazeux de nature et de vitesse différentes. Avec l’air, lorsque la vitesse du courant est égale ou supérieure à deux bulles par seconde, on ne remarque pas de formations cristallines. En ne faisant passer qu’une bulle par seconde, on n’observe que quelques cristaux dans la partie de la culture la plus éloignée de l’arrivée de l’air. Le voile est brisé seulement au point où s'échappe la bulle gazeuse. Si on arrête le passage de l’air dans ces ballons au moment où apparaissent les premières formes cristallines, on constate une abondante précipitation, parfois très brusque, de chlororaphine.
Enfin des passages d’air plus lents qu’une bulle à la seconde, permettent la production régulière et abondante des cristaux.
Mais du fait que la présence d’une trop grande quantité d’oxygène peut retarder l'apparition des cristaux peut-on prétendre favoriser la production de la substance verte en faisant vivre la Bactérie, à partir d’un certain moment de sa végétation, dans une atmosphère de moins en moins oxygénée? Pour le vérifier, j'ai fait les expériences suivantes : après un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit jours d’ensemencement, des ballons sont fermés hermétiquement:; d’autres reçoivent des atmosphères de gaz inertes en quantités variables; enfin dans d’autres ballons, on fait des vides correspondant à des hauteurs de mercure variables. Ces différents essais conduisent à des résultats qu'on peut résumer ainsi : la fermeture précoce (après un, deux, trois jours) entrave ou supprime la formation des cristaux, , mais, lorsque les cultures ne sont fermées qu’au moment de Papparition des premières formes cristallines, la production de substance verte ne semble guère modifiée.
L’appauvrissement précoce en oxygène, lorsqu'il est très faible, ne fait qu’entraver la formation des cristaux; s’il est assez sensible, il en empêche toute production. Enfin, des atmosphères de gaz inertes introduites au début de la précipitation des cristaux ne paraissent pas l'arrêter.
Le Bacille peut vivre dans des atmosphères moins oxygénées que l'air; peut-il se développer en l’absence rigoureuse d’oxygène? Des cultures faites soit dans le vide, soit en présence d'hydrogène, d’azote ou de CO, n’ont jamais présenté de traces de végétation bactérienne et, à fortiori, de cristaux. Pour pouvoir tirer de ces expériences des résultats précis, il est absolument indispensable d’expulser les dernières traces d'oxygène qui restent souvent en dissolution dans le liquide de culture.
On pourrait expliquer ces faits de la façon suivante : en présence d'oxygène, le Bacille donne naissance à une substance mère des cristaux, soluble et non cristallisable dans les cultures; puis, la Bactérie vit en anaérobie en l'absence d'oxygène, empruntant ce métalloïde à la substance mère qu’elle réduit ainsi et fait passer à l’état de chlororaphine extrêmement peu soluble et cristallisant même dans des solutions très étendues.
Nous verrons plus loin quelle valeur il convient d’accorder
à cette hypothèse.