LES POUSSIÈRES SILICEUSES DU POUMON
Un nombre considérable de particules siliceuses pénètre normalement dans les voies respiratoires avec l’air inspiré. La pénétration des poussières dans le poumon est un fait connu de longue date, puisque dès 1649 on a signalé la présence de poussières dans les poumons des tailleurs de pierre. Les problèmes posés par l'introduction accidentelle de poussières (1) dans les voies respiratoires intéressent non seulement les biologistes, mais également les hygiénistes et les cliniciens. Ces derniers et tout particulièrement A. Policard et ses collaborateurs ont apporté de nombreuses données d’ordre histologique et anatomo-pathologique.
Suivant leurs dimensions, ces poussières ont des destinées très différentes : les plus volumineuses sont
» Era :
1. Une étude sur le sort de différentes poussières dans l’or-
ganisme a été entreprise, au Laboratoire de toxicologie de la
Faculté de Pharmacie de Paris, par MM. les Professeurs R. Fabre et Ernest Kahane et leurs collaborateurs [7] [8] [9] [13] [16] [25] [29].
A) Ne
arrêtées par le mucus bronchique et rejetées hors de l'organisme avec les expectorations, les plus ténues pénètrent dans le poumon et s’y fixent, soit dans le issu conjonctif, soit dans les éléments lymphoïides [3o]. Elles constituent ce que j'ai proposé d’appeler « l’imprégnation siliceuse normale du poumon » [1].
L'étude de l’imprégnation -siliceuse normale du poumon devait être abordée avec des méthodes chimiques de façon à préciser les connaissances sur la répartition des poussières siliceuses dans le poumon, sur la nature de ces poussières et leur sort dans l’or-
ganisme.
A. — Répartition des poussières siliceuses
dans les différentes régions du poumon.
Une étude préliminaire, destinée à préciser les conditions de réalisation d’un échantillon moyen m'a permis de mettre nettement en évidence l’hétérogénéité de la charge siliceuse du poumon. L'analyse d’un ou deux fragments d’un poumon grossièrement découpé ne suffit pas pour avoir une idée même approximative de la teneur globale du poumon en particules siliceuses. C’est ce qui ressort de l'examen du tableau I.
TABLEAU ÎI.
Dosage des poussières siliceuses dans des fragments de poumons.
Résidu insoluble « silice Matière + silicates » Diiférences fraîche en g. en mg.
pour 100 g.
de matière | fraîche | 1er prélèvement... ...... 100 36,82 | ;Hp90/ 2Éprélèvementsrrr ve 90 DAS TE MNON ER Aer prélèvement ........ 110 33,04 1 69 8% AMpréleyementsre ter 292 AO 5 AE
L’obtention d’un échantillon moyen par broyage
d’un poumon au moyen d’un hachoir semble assez
difficile à réaliser. L'obtention d’une pulpe homogène
est pratiquement impossible étant donné l'hétérogé-
néité de structure de cet organe. Les résultats obte-
nus de cette manière sont un peu plus cohérents
mais non entièrement satisfaisants (tableau IT).