‹ Contribution à l'étude de certaines myélites et de leurs rapports avec l'encéphalite épidémiqueChapitre 20 sur 21 · RIRES · texte numérisé non relu

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serait-il vain de penser, ne fût-ce qu’un inslant, qu’une argumentation dans le genre de la nôtre, quelque logique qu’elle apparaisse, pût d'aucune manière forcer les faits. Ce sont toujours à eux, en fin de compte, que reste le dernier mot. Et si, terminant nos études dans cette faculté, il nous était permis d'émettre un vœu, nous sou-. haiterions que ce fût de la même Faculté de Bordeaux, et de par les travaux de nos Maîtres, ou, sous leur inspiration, tout au moins de leurs élèves, que nous vint la lumière sur les questions auxquelles nous n’avons su toucher qu'en écolier malhabile.

Traitement.

Quel traitement pouvons-nous opposer à ces myélites ? À l'heure actuelle nous n'avons à notre disposition que le traitement banal comprenant : la révulsion le long de la colonne vertébrale, l'électricité, le massage, les toniques tant hygiéniques que médicamenteux, les eaux minérales (ferrugineuses, chlorurées sodiques, ou sulfureuses), avec à la base, el cela malgré l’absence de tout indice de syphilis, soit le grand traitement mixte que Grasset conseille comme puissamment résolutif dans les myélites infectieuses, soit une autre forme de traitement antisyphilitique. Comme nous avons vu, on ne peut guère compter sur des résultats satisfaisants. Il n'en est pas moins vrai, que pour êlre médiocre, l’amélioraion qu'on peut attendre est cependant réelle, appréciable. Malgré le peu d'expérience acquise sur la question, il nous a paru que l’hectine, dont le nom barbare est benzosulfoneparaaminophénylarsinate de soude, aurait peut-être une action plus efficace que les sels de mercure. Toutes les fois qu'il y à contracture douloureuse, la médication arsénicale précouisée par Sicard peut avoir son indication. Bien entendu, on ajoutera les médications symptomatiques que réclamera chaque cas particulier. On s’efforcera d'éviter lPapparition d’eschares, et s’il s'en forme, on les soignera aseptiquement, pour éviter toute infection secondaire : rien de spécial dans. tout cela. .

Mais, dira-t-on, du moment que vous admellez que ces myélites appartiennent au domaine de l’encéphalite épidémique, il semblerait logique que vous indiquiiez pour celles-là le

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traitement mème de celle-ci. Il est vrai que ce serait logique, puisque, el Grasset attire l'attention sur cette distinction, nous concevons bien l’encéphalite épidémique comme maladie «causale », et non comme infection «€ initiale », à la faveur de laquelle les malades auraient fait des accidents médullaires ne reconnaissant pas forcément les mêmes causes. Seulement, et nous sommes le premier à le déplorer, si nous envisageons la question sous cette forme, nous ne sommes guère plus avancé. L’'encéphalite épidémique n'a pas encore de traitement spécifique, et nous ne sommes pas mieux armés dans un cas que dans l’autre. Cela est si vrai, que M. Netter écrivait dans le Bulletin de l'Académie de Médecine n° 13 du 30 mars 1920 : « Vu la gravité de certains cas d’encéphalite épidémique, et en l'absence d’un traitement rationnel, divers auteurs ont cru pouvoir uliliser des médications bien peu justifiées en apparence : injection de sérum antipesteux, injection intra-rachidienne de sérum antitétanique, vaccin antistaphylococcique, etc... ». La médication classique préconisée dès le début, et qui semble avoir donné des résultats variables mais cependant appréciables, c’est la médicalion par l’urotropine. Dans le mème article dont nous venons de donner un extrait, M. Netter fait justement remarquer que l'injection intra-veineuse d'urotropine, selon Loeper, et déjà utilisée par Ewart dans certaines infections généralisées, doit, selon lui, céder le pas à l’ingestion d’urotropine souvent répétée, le médicament n'ayant qu'une action trop courte quand on l’'administre selon le premier mode. Cette médication n’a pas élé essayée dans nos myélites. Mais tout porte à croire qu'elle serait insuffisante contre les accidents médullaires, et ce sont eux l’objet de nos études.

Toutefois, il est une médication de l’encéphalite épidémique, bien que non spéciale à cette affection, à laquelle nous lenons à faire une place particulière dans le traitement de nos myéliles, non pas lant au sujet de la régression des phénomènes paralytiques, qu'en vue de sauver la vie dans les cas graves, el nous avons vu qu'ils n'étaient pas tellement

rares, rious voulons parler de l’abcès de fixation. Contre les Cas graves d'encéphalite, c'est notre meilleure arme, selon M. Netter, mème ce dernier est-il d’avis qu’on en devrait user plus largement, eu égard aux excellents résultats qu'on en peut attendre. — «€ Multa jam renascentur » s'écrie M. Lhermille à propos de l'encéphalite épidémique; dans le mème ordre d'idées, el toujours à propos de la même encéphalite épidémique, s'il était besoin de convaincre quelqu'un de la vérité du vieil adage : € Nil novi sub sole », j'écrirai pour fui spécialement ceci : ce moyen merveilleux, encore qu'empirique (c'est un observateur de génie, Fochier de Lyon, qui Pa employé le premier, mais empiriquement, el bien que M. Carles, élève de M. Arnozan, nous en ait donné, dans sa thèse inaugurale, une interprétation, et la plus salisfaisante de toutes, quelque chose d’inexpliqué subsiste encore dans son action, ce moyen auquel on doit de véritables résurrections dans les infections générales graves, avait été entrevu, sinon appliqué, par... Hyppocrate, et cela, spécialement à l’occasion de l’encéphalite épidémique, qui déjà exerçait ses méfaits de son temps sous le nom de « lethargus ». De l'article de M. Netter, cité plus haut, nous extrayons ce qui suit : « Les malades qui réchappent du lethargus sont généralement pris d'empyème », écrivait Hyppocrate (Prenotionscoaques, $ IT, p. 136), pour lequel empyème avait la signification d’une collection purulente, quel qu'en fût le siège. Et encore, exprimant la même idée dans son Livre IT Des maladies, $ 5 : « Si le malade réchappe, une suppuration se forme. » (traduction Liltré).

Nous voici arrivé à la fin de notre travail. De la lecture de ces pages, nous n'attendons rien d'approchant, même de loin, du fameux « Telle, lege ! » qui décida de la conversion de Saint-Augustin. N'eussions-nous fait que signaler à l'attention ces myélites, que nous avons présentées comme ressortissant à l’encéphalite épidémique, que notre tâche nous eùt encore paru avoir sa raison d'être.

Mais indépendamment de l'accueil qui sera réservé à notre hypothèse, nous aurons eu, toutefois, la satisfaction, non certes de rendre justice, tant nous sommes peu qualifié pour cela, du moins de manifester notre admiration pour les conceptions de nos Maitres. Et si nous avions un regret, ce serait seulement qu'un sujet tel que celui de notre thèse n'ait pas

élé mis en œuvre par un ouvrier plus savant et plus habile.

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