‹ Contribution à l'étude de l'ablation de la claviculeChapitre 6 sur 16 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les ablations de la clavicule sont de date assez récente.

Bien que Galien ait reséqué une portion de sternum nous ne trouvons pas d'exemple d'opération de ce geure dans la chirurgie ancienne. On était alors effrayé du danger des rapports avec les vaisseaux.

La première ablation totale (1) fut faite par Kulm en 1715 pour un ostéo-sarcome de cinq livres. Le malade guérit et conserva l’usage de son bras.

Depuis, on fit surtout des résections partielles L'ablation totale fut tentée plus rarement : Nous avons pu toutefois en réunir un certain nombre de cas parmi lesquels nous avons choisi ceux qui nous ont

paru les plus intéressants surtout quant au résultat.

(1) Thèse Haller. Traduction française.

In thèse Lourtier. Paris, 1895.

Moreau et d’Angerville (1), en 1774, enlèvent une clavicule nécrosée et vacillante. Le malade, âgé de 26 ans, meurt à la suite d’une tumeur de la cuisse. A l’autopsie on vit que la clavicule s'était reformée, plus aplatie et moins ronde dans son çorps, mais ayant même longueur que la première et aussi solide.

En 1826, Lombard (2) rapporte le cas d’une fillette de 9 ans 1/2 opérée pour nécrose des deux clavicules. Cicatrisation en deux mois. Vingt mois plus tard, la clavicule nouvelle est encore élastique mais s’'achemine vers l’ossification. Elle est plus volumineuse et plus inégale que la première.

Meyer, en 1833 (3) enlève une clavicule cariée. chez un homme de 31 ans. Le malade mourut cinq ans après de tuberculose pulmonaire. Il pouvait faire

tous les mouvements du bras.

A l’autopsie on retrouva, s'étendant du sternum à l’acromien, un ligament fibreux et presque cartilagineux sur lequel reposait le bord inférieur de los de formation nouvelle. La longueur de ce ligament était de 12 centimètres. Celle de la nouvelle clavicule de 10 centimètres, 3 ; celle-ci très mince partout était aplatie en dedans et arrondie en dehors ; son extrémité sternale élargie et épaissie offrait une surface articulaire évidente, et à6 m, 027 de l’acromion l'os nouveau se terminait par une petite tête fixée à cette

(1) Mém. Acad. Chirurg., t. V, p. 361. 1974.

(2) Arch. Méd. re série, t. X, p. 240. 1826.

(3) Gaz. Méd. Paris, t. [, p. 992. 1833.

Rp TOR

apophyse par un ligament large et épais renfermant quelques points osseux dans son épaisseur. Le bord supérieure de la clavicule nouvelle décrivait à sa partie interne une courbure très prononcée et dirigée en haut et à sa partie externe une autre courbure dirigée en bas. Enfin le bord inférieur était irrégulier parce que quelques grains osseux s'étaient déposés ça et là dans le ligament adjacent.

Biagini, en 1838 (1), publia l'observation d’un garçon de 15 ans dont la clavicule nécrosée et mobile fut retirée par une plaie fistuleuse. Le malade gué-

rit et ne parut pas manquer de clavicule.

La même année Kunst (2) cite un cas de désarticulation pour nécrose chez un homme de 36 ans. Cicatrisation en 33 jours. Revu au bout de 1x ans cet homme avait une bande fibreuse à la place de l'os. Les mouvements étaient bien’ rétablis. Vinson (3) en 1855 relate le cas d’un garcon de 16 ans opéré pour périostite phlegmoneuse diffuse. Une simple traction suffit pour extraire la clavicule. La cicatrisation se fait rapidement et l’opéré se sert de son bras comme s’il n’y avait rien eu auparavant. L’épaule n’est pas rapprochée du sternum.

Un an plus tard Nelaton et Richard (4) resèquent en deux fois chez une femme, une clavicule cariée et

(1) Gaz. Médic.-Paris, p. 460. 1840.

(2) Deutsch Klinik, p. 263. 1850, (3) Gaz. Hebdo, ». 494. 1855.

(4) Ollier. Regénérat osseuse, t. Il, p. 169. 1867.

ST irons

fracturée, conservant avec soin le périoste. La malade meurt par suite de suppurations multiples. A l’autopsie on retrouve une clavicule imparfaitement régénérée. | t

En 1857,Syme 1) rapporte un cas d’abblation totale de clavicule nécrosée chez un homme. Au bout de plusieurs années, il n’y avait aucune différence dans

les fonctions du bras.

En 1866, Bowe(2) cite le cas d’un garçon de 7 ans auquel fut enlevée toute une clavicule nécrosée. La reproduction osseuse n’est pas mentionnée. IL y avait abaissement et rapprochement de l'épaule mais l’opéré ne semblait éprouver aucun inconvénient de

la perte de sa clavicule.

Iroine en 1867(3), publie l'observation d’un garçon de 16 ans atteint de périostite phlegmoneuse diffuse. L’os est disséqué en conservant le périoste. 1] se forme un nouvel os plus large et un peu plus long que l’ancien mais moins épais. Six mois après l'opération le malade se servait facilement de son bras.

Le Fort en 1873 (4) opère une jeune fille de 18 ans pour périostite diffuse. La malade meurt au bout de 3 semaines avec des suppurations multiples. A l’autopsie on voit une clavicule en voie de reproduction.

1) Médical Times, t. I, p. 249. 1859.

2) Médical Times and Gaz. vol. 11, p, 194. 1866. 3) The Lancet, t. I, p. 106. 1865.

(4) Gaz. Hôpitaux, p. 958-779 et 987. 1893,

M > 1978 Ré où Cl

Flament et Verstraete en 1897 (1) citent un cas de sarcome sous-périostique de la clavicule droite chez un homme de 46 ans, pour lequel le professeur Duret pratique non sans peine une résection totale sans conservation du périoste. Un mois après l’opération le malade exécute des mouvements étendus : il arrive facilement à élever son bras jusqu'à l'horizontale ; il met la main sur la tête, l’entraine derrière le dos et saisit la main gauche. Un an après, sans qu’il y ait eu de récidive, les mouv ments du bras sont bien conservés.

Richelot, en 1898 (2) pratiqua la résection des 2/3 internes de la clavicule pour difformités causées par un cal saillant et une luxation en avant de l’exirémité interne de la clavicule.

Il obtint la guérison avec un résultat esthétique.

La thèse de Flament, en 1899, relate plusieurs cas d’ablations totales. Entre autres, un cas de sarcome chez un enfant de 10 ans auquel on réséqua les deux tiers externes de l'os Le malade guérit de son opération avec conservation de tous les mouvements du bras. Mais il y eut récidive au bout de cinq mois.

Flament et Besson (3) citent un autre cas de sarcome à myeloplaxes développé aux dépens du périoste de la clavicule droite chez une femme de 39

1) Flament, thèse de Lille 1899.

) Bull. et Mém Société Chirur. Paris, p. 618. 1898.

(2 (3) Flament, thèse Lille. 1899.

AR (ae

ans. Trois semaines après l’extirpation totale, disentils, la malade sort de l'hôpital ayant recouvré l'intégrité de tous les mouvements du bras. Elle élève le bras de la position pendante à la position verticale, elle porte la main sur la tête, derrière la tête, dans le dos, à la même distance que la main du côté opposé. Un an plus tard celte femme porte des petits enfants sur son bras. |

Kahn (1) dans sa thèse (1900), préconise La résection sous-périostée de la clavicule dans la tuberculose. Destrois cas qu’il cite, l’un d’eux ne put être suivi, les deux autres, chez des hommes de 22 et 28 ans furent suivis d’un bon résultat fonctionnel avec régénération osseuse.

Hackett (2) en 1904 parle d’excision de la claviculeavec régénération et parfait fonctionnememt du bras.

En 1905 Theinkaus (3) cite un cas d’ostéomyelite aiguë suivi de nécrose totale de l'os ; la clavicule fut enlevée et il se fit une régénération parfaite au bout de 9 mois.

En 1907 Miller (4) publie un cas d’excision pour tuberculose suivie de guérison.

Young, en 1908 (5), relate une excision de la clavicule avec résultat fonctionnel parfait.

(1) Kahn, thèse Paris 1900.

(2) Montréal, Méd. journal p. 432. 1904.

(3) Post Grad Bull, Milvankee p. 93. 1905.

(4) Jour. Med. Surg New-Jersey 5 p. 75. 1904. (5) Ann. Surg. Philadelphie, p. 823.

BEN Wyaues

Michel et Driant, (1) rapportent une observation de résection pour ostéomyelite.

Backonsky (2) préconise aussi le traitement opératoire dans la tubercuiose de la clavicule.

Tous ces cas ont une certaine analogie si nous les. envisageons surtout au point de vue des suites de l'opération. La plupart des malades dont il y est parlé conservent des mouvements étendus et.ne paraissent pas gênés par leur manque de clavicule. Nous pouvons donc déjà entrevoir la bénignité d’une telle intervention au point de vue du résultat fonctionnel,

(1) Revue Méd. Est, Nancy 1908 p. 647.

(2) Russ Zratseh n° 9.

Page 1