INTRODUCTION
L'absence congénitale du radius est assez rare, et son étude ne tient dans les traités classiques, qu’une
place assez restreinte.
Si son aspect clinique et radiographique est actuellement bien précisé, la discussion reste ouverte sur son étiologie, sa pathogénie et son traitement. À ce. sujet, les opinions divergent. Le but thérapeutique reste modeste, et ne vise qu’au redressement de la main, la fonction subordonnée aux atrophies mus-
culaires laissant toujours beaucoup à désirer.
M. le Docteur Gourdon, ayant eu, dans son service, trois cas d’absence congénitale du radius, nous a proposé de faire une étude de cette malformation.
Nous le remercions d’avoir bien voulu nous confier
ce travail.
Après un rapide aperçu historique de la question, nous rappellerons quelques notions d’embryologie utiles à la compréhension des différentes théories
pathogéniques, nous étudierons les divers types’
Il faut attendre le XVI siècle, pour rencontrer
le premier ouvrage dans lequel il est peut-être fait mention de la main-bote : c’est le Traité des monstruosités, d’Ambroise Paré, 1573.
La description qu’il en donne paraît trop insuffisante pour pouvoir l’affirmer.
«€ J'ai vu, écrit-il, un enfant monstrueux âgé de neuf ans, qui n’avait que deux doigts à la main droite ; le bras droit était assez bien conformé depuis l’épaule jusqu’au coude, mais, depuis le coude jusqu'aux doigts, était très difforme ».
L'étude des malformations ne semble pas avoir retenu l’attention des auteurs de l’antiquité. I faut se rappeler : qu’à Sparte, l'enfant devenait, dès sa naissance, la propriété de l'Etat. Il était soumis à un examen médical, et, tout nouveau-né qui présentait une malformation grave, était sacrifié en vertu de la loi : qu'à Rome, le « Pater familias » avait sur son
enfant nouveau-né, le droit de vie et de mort.
Le premier cas s typique est rapporté en 1788 par Jean-Louis Petit, à l’Académie des Sciences.
Meckel et Toerg, au début du XIXe siècle, apportent plus de précision à la question. Cruveilhier, dans son Atlas anatomiqae, cite le cas d’une double main-bote radiale. ni R
Prestat présente à la Société anatomique de Paris,
sa fameuse observation de fœtus monstrueux en 1837.
Davaine, Ledru, Erischen publient des observa-
tions qui, malheureusement, ne sont pas très fouillées.
Holmes, dans son Traité des maladies chirurgicales, ne fait que les citer.
H faut attendre l’étude approfondie de ie en 1871, pour avoir un aperçu général de la question, tant symptomatique et pathogénique que thérapeutique et anatomique.
Herschel rapporte trente-deux cas d’absence congénitale du radius, en 1878; et Kumel, soixante-sept, en 1895.
Piechaud, à la Faculté de Médecine de Bordeaux, dans ses Leçons de chirurgie orthopédique, donne des descriptions très précises à ce sujet.
Savornin (Lyon, 1898), Leprince (Paris, 1900), Grandjean (Nancy, 1904), résument dans leurs thèses toutes les notions acquises pendant le XIXe siècle.
À partir de cette époque, les auteurs qui se sont
occupés de cette question, sont multiples. Kirmisson,
Fe
10 1 Appert et Morisetti, Nove-Josserand, Wierzejewski et Redard, apportent leur contribution aux travaux et aux bases jetées par leurs devanciers.
Sayre, Bardenhauer, Romano, Broca, dans son
Traité de chirurgie infantile, Ombrédanne, dans son
Précis clinique et opératoire, et Potel dans son Traité
pratique d’orthopédie apportent des travaux originaux
et en particulier, des procédés opératoires.
Katsuji-Kato, en 1923, rapporte deux cents-cinquante cas d’absence congénitale du radius, qu'il a pü rassembler dans la littérature médicale. Il fait une étude approfondie de l’absence du radius, dans laquelle nous avons puisé largement.
Dans notre modeste travail, nous rapportons trois cas d’absence congénitale du radius, que nous avons
pu observer au Sanatorium marin de Kerpape.
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