CASE UN RO
Ce point a tojours été, pour les auteurs qui l’ont étudié, sujet à controverses. Tant d’éléments entrent en ligne de compte dans cette évaluation : situation respective du promontoire et de la symphyse, inclinaison de la symphyse sur le diamètre promonto-pubien, inclinaison du bassin en ante ou retroversion, qu’il semble difficile de fixer un chiffre exact. Il est cependant admis que 15 millimètres répondent à la moyenne des cas.
Le promonto-pubien minimum une fois déterminé, l’opérateur introduit à nouveau le doigt pour explorer l’éxcavation où il constate le degré d’incurvation du sacrum, la saillie des épines sciatiqués ; il examine enfin si au détroit inférieur les ischions s’écartent suffisamment l’un de l’autre et s’il n’y a pas ankylose de l’articulation sacro-coccy-
gienne.
DIMENSIONS RESPECTIVES DE LA TÊTE FŒTALE ET DU BASSIN MATERNEL. — La pevimétrie digitale nous a donc renseigné
de la façon la plus exacte qui soit sur les dimensions du bassin de la mère ; maïs ce n’est pas tout, une notion indispensable nous manque : celle du volume de la tête de l’enfant. Plusieurs méthodés ont essayé de la déterminer. La céphalométrie externe bien mise au point par M. Perret permet d’apprécier avec toute la justesse désirable Île diamètre indispensable à connaître : le bi-pariétal. M. Perret, après une longue étude sur les nombreux crânes d’enfants à terme qu’il avait recueillis, constata, en effet, que le diamètre ©. F. était toujoures supérieur d'environ 25 milimètres au B. P. Après avoir apprécié l'épaisseur de la paroi abdominale de la parturiente, l'opérateur plaçait une des extrémités du céphalomètre sur le front de l’enfant, l’autre sur l’occiput et lisait la graduation : déduisant ensuite l’épaisseur des tissus interposés, il obtenait la longueur de lO. F. d’où il lui suffisait de retrancher 25 mm pour avoir le B. P. : après l'accouchement il pratiquait directement sur l’enfant une mensuration nouvelle, qui, toujours, ou avec un écart très minime, venait confirmer la première. Malgré l'excellence de la méthode, il ne nous est pas arrivé de voir pratiquer la céphalométrie externe, nous lui
avons toujours vus substituer dans notre service le palper mensurateur.
Après quelques soins préparatoires, évacuation du rectum et de la vessie, la femme était étendue sur le dos, la tête basse, les jambes fléchies, les mains le long du corps, c’està-dire dans la position de presque absolu repos : on la priait alors de respirer largement, puis l’opérateur, après s'être plongé les mains dans l’eau chaude de manière à ce que le contact du froid sur le ventre ne déterminât pas une brusque contraction de la sangle abdominale, cherchait la tête audessus du détroit supérieur, ou tentait de l’y amener si elle ne s’y trouvait pas. Cela fait, appliquant fortement d’une main la tête fœtale sur le promontoire, de manière à ce qu’elle y reposât par son pariétal postérieur, il cherchait de l’autre à pénétrer entre le pariétal antérieur et la symphyse pubienne : s’il y parvenait, c’est que le passage était possible ; si la tête affleurait, elle devait alors passer avec frottement : si elle surplombait le bord supérieur de la symphyse c’est que le diamètre B. P. était supérieur au promonto-pubien et par conséquent tout passage impossible.
Telle est la méthode à laquelle nous avons vu demander les renseignements nécessaires à l’interruption de la grossesse : l’étude des observations que nous avons prises va maintenant nous permettre d’en apprécier la valeur.