‹ Contribution à l'étude de l'accouchement provoqué méthodiquement rapideChapitre 13 sur 20 · LE JA OSE · texte numérisé non relu

LE JA OSE

retenu au-dessus du détroit supérieur, et ne pas appuyer sur le segment inférieur. Dans toutes ces manœuvres, il est très important de ménager religieusement les membranes; aller très doucement, et n’agir que dans l'intervalle des contractions.

Une fois introduit l’appareil exerce sur le col, outre-une distension mécanique, une excitation intense, portant sur tous les points de sa circonférence, telle que l'utérus le plus tolérant réagit, et se contracte énergiquement pour chasser le corps étranger. Le col se dilate, laisse passer le ballon, qui est bientôt accouché, dilatant la vulve. Le passage est tout frayé pour le fœtus : le ballon a joué le même rôle que le premier enfant dans le cas d’accouchement gémellaire.

Simplicité, régularité de l’action dilatatrice sur le col, oblitération de celui-ci, dilatation accessoire de la vulve, innocuitèé pour la mère, tels sont les avantages du ballon de Champetier. Mais cet instrument est loin d’être parfait.

D'abord, il est d’une application difficile pour l’accoucheur, et douloureuse pour la femme. Le volume et l’irrégularité de surface du ballon nécessitent un col facilement dilatable, et chez certaines primipares l’introduction en est impossible. La présence de la main dans le vagin est la plupart du temps nécessaire pour porter le ballon suffisamment haut.

Quelles que soient les précautions prises pour éviter la rupture des membranes, cet accident se produit quelquefois, assez fréquemment même, puisque Pinard l’a noté

quatre fois sur 40 cas, Champetier deux fois sur 18, ef

UTC

Grenet (1) une fois sur huit observations. Le ballon, il est vrai, empêche par son volume et sa forme régulière l’ecoulement de la plus grande partie du liquide amniotique, et de plus il agit pour dilater le col comme agit la poche des eaux, et même mieux, grâce à sa forme conique. Mais la rupture des membranes ne laisse pas que de mettre le fœtus dans des conditions moins bonnes, surtout si l’on a plus tard à pratiquer une version.

Tout en ménageant les membranes, il est possible que l’on décolle le placenta, lorsque celui-ci est inséré sur le segment inférieur. Nous n’en connaissons pas de cas. Mais, dit M. Pinard « si un décollement du placenta se produisait, le remède par le gonfiement du ballon ‘serait immédiatement opposé au mal ». Et même dans les hémorrhagies au cours du travail, il serait fort logique d'appliquer un ballon de Champetier en guise de tampon : c’est du reste ce que prèconisent M. Champetier, M. Bonnaire, et ce que MM. Pinard, Budin, Maygrier, ont fait avec succès.

Le ballon une fois gonflé, augmente la tension dans l'intérieur de l’utèrus; c’est à cela que M. Champetier lui-même attribue le travail très douloureux qui suit l'application de lappareil. Les accidents gravido-cardiaques, lorsqu'ils existent, ne semblent cependant pas être influencès par cette conséquence du gonflement.

Autrement sérieux est le déplacement, le refoulement de la présentation fœtale produit par le ballon. C’est peut-être le plus gros reproche fait à l'instrument. Et cet

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