‹ Contribution à l'étude de l'accouchement provoqué méthodiquement rapideChapitre 12 sur 20 · MANUEL OPÉRATOIRE DE L'ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE DE L'ACCOUCHEMENT

Nous avons vu dans le chapitre précédent quelles étaient les circonstances dans lesquelles on pourrait être amené à pratiquer l’accouchement provoqué méthodiquement rapide, Nous nous proposons maintenant de voir quels sont ces principaux moyens employès pour mener à bien cette intervention.

Nous n’avons nullement l’intention de passer en revue tous les différents procédés mis en usage pour provoquer l’accouchement; cela nous entraînerait trop loin, et du reste n’entrerait pas en réalité dans notre sujet.

Nous allons étudier les différents procédés destinés à accélérer le travail dèjà commencé, à le provoquer rapidement, sans cependant produire des lésions des organes génitaux de la femme, susceptibles de donner naissance à des désordres ultérieurs. En terminant nous dirons cependant un mot des incisions de Dührsen, quoiqu’elles aient

+ 3012 trait à l’accouchement forcé plutôt qu’à l'accouchement accéléré, Car nous avons vu que dans le cas d’accouche-

ment post-morlem on pourrait être amenè à se servir parfois de ce mode d’intervention.

Dilatation manuelle.

Le premier moyen qui se présente à l’accoucheur est la dilatation manuelle. « C’esf l'introduction forcèe d’un doigt, puis de deux, puis de trois, de cinq, enfin de la main tout entière. Avec du temps, de la patience, et en agissant prudemment, on arrive parfois à vaincre la résistance du col, à le forcer pour ainsi dire, sans le déchirer » (Maygrier, Leçons de clinique obstétricale, 1893).

Ce procédé, des plus simples, est parfois. douloureux pour la femme et pénible pour l’accoucheur ; il est très précieux cependant lorsqu'on n’a pas sous la main l’un des instruments que nous allons décrire.

Ballon de Champetier de Ribes.

En 1888, M. Champetier eut l’idée d'employer un ballon dilatateur plus gros que celui de Barnes, à parois résistantes et inextensibles. Le ballon qui porte son nom, construit en tissu de soie très mince et très fort, rendu imperméable par une couche de caoutchouc, a lorsqu'il

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est gonflé, la forme d’une pomme d’arrosoir dont la base regarde le fond de l’utèrus et dont le sommet de plus en plus rétréci en forme de cône, se termine par un téton creux muni d’un robinet. Le diamêtre maximum de ce ballon est de 10 centimètres.

Avant d'introduire cet appareil, il faut lé nettoyer, le tremper dans la solution phéniquée forte, le jauger et le purger complètement de liquide et d’air. Puis on roule le ballon suivant sa longueur, en forme de cigare, et on le saisit entre les mors longs, étroits et courbès sur le champ d’une pince spéciale, analogue à un petit forceps. Le tout a la forme d’un fuseau, dont la circonférence maxima ne dépasse pas 7 centimètres ; une abondante

couche de vaseline en facilite l’introduction.

Les voies génitales de la femme sont dec e celle-ci est en situation obstétricale, chloroformisée au. besoin. La main est introduite doucement dans le vagin, l’index, puis l’index et le mêdius pénètrent dans le col, au-delà de l’orifice interne, décollant les membranes avec précaution. Puis l’appareil est introduit sur les deux doigts comme guides, très lentement, à 10 ou 11 centimètres dans l’utèrus.

Les doigts sont retirés, la pince est dèclanchée. On injecte une certaine quantité de liquide aseptique dans le ballon, on retire la pince, et l’on achève de remplir le ballon. Il est cependant préférable de ne pas distendre complétement ce dernier, laissant de la place pour quelque 100 grammes de liquide : lorsque la dilatation est assez avancée, on achève la distension du sac. Dans les bassins rétrècis, en effet, le ballon complétement gonflé peut être

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