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Ov peut espacer davantage les inhalations d'oxygène.
La malade peut boire un peu de lait. On lui donne 2 grammes de chloral. |
À 9 heures du soir, miction de 150 grammes.
A 7 heures, les accès de dyspnée reprennent de plus belle et la
morl survient par asphyxie, le 16, à 3 heures du malin.
OBsEervaTION VI
D... B., âgée de 33 ans, entre le 30 mai 1890, à l'hôpital Tenon, salle Royer, n° 18, service de M. Moizard.
Antécédents héréditaires. — Mère morte de tuberculose, père b'en portant.
Antécédents personnels. — Fièvre {yphoïde à 16 ans, suivie d’une ostéomyélile qui a laissé des traces au niveau du liers supérieur du tibia gauche. <
Deux accouchements, le premier il y a 4 ans pénible terminé par une application de forceps ; le second cn décembre 1888 sans accidents, mais extrêmement lent.
Actuellement, elle est enceinte de 4 mois environ.
Il nous à été impossible de relever dans l’histoire de cette malade une trace quelconque de rhumatisme aigu ou d’aflection rhumatismale même légère ayant pu donner lieu à la cardiopathie que l’on observe. Celle-ci paraît remonter àla première grossesse (1886). À ce moment en eflel la malade a eu des accès d’oppression et de suffocalion qui s’exaspéraient au moindre effort,
accompagnés de battements de cœur très violents. Elle ne fut pas auscultée. Après l’accouchement tout rentra dans l’ordre.
Pendant la deuxième grossesse nêmes phénomènes mais qui revêlent un caractère plus aigu ; après l'accouchement rémission complète.
Depuis le début de la grossesse actuelle la suffocation et l'oppression sont devenus très intenses, au point de réndre la marche presque impossible.
A son entrée à l'hôpital, le 30 mai, en dehors des phénomènes précités, on note une hypertrophie accentuée du cœur; la pointe bat dans le septième espace intercostal. Le choc systolique ébranle violemment la paroi ei se fait sentir dans loute la région pectorale.
Frémissement cataire.
A l’auscullalion on perçoit une véritable arylhmie des battements cardiaques. Des souffles sans localisation précise couvre les temps de la révolution du cœur.
-Ces signes joints aux signes subjectifs, à la coloralion bleuâtre de la face, à la cyanose des extrémités, à l'abaissement de la température (36°,5), à la rarelé des urines, à une congestion intense du foie qui dépasse de trois travers de doigt le rebord des fausses côles, font penser à une véritable crise d’asysto'ie.
Au bout de quelque temps tout rentre dans l’ordre, et on constate les signes classiques d'un rétrécissement mitral avec insuffisance.
- Les urines plusieurs fois examinés avaient une densité 1015, et-contenaient à à 6 grammes d'albumine et2 grammes de sucre.
La malade reste plusieurs mois dans le service où, malgré le repos el le régime diurétique elle esquisse plusieurs crises d'asystolie. | $
Vers le mois de séptembre elle a eu sans prodromes, autres que quelques troubles oculaires passagers et un peu de céphalalgie, de véritables crises convulsives ; vu l'aggravalion subite des accidents Wallich-fut appelé à vo:r cette femme.
Voici la note qu'il nous a remise à son sujet:
« Pendant mon internat à l’hôpital Tenon, dans le service de
M. Champetier de Ribes, je fus appelé par mon collègue, Mussy,
Se phae
interne du D' Moizard, auprès d’une femme de son service, atteinte d'affection mitrale et en état d’asystolie. Celte femme était enceinte de huit mois environ, et ne sentait plus remuer son enfant depuis le matin. En présence des phénomènes généraux graves observés chez cetle femme nous pensâmes qu’il y aurait intérêt à vider promptement l'utérus afin d'apporter une atténuation aux troubles de la respiralion. Je plaçai sans difficulté dans l’ulérus au travers du col non modifié un ballon de Champetier et je restai là en permanence. Dès la première demi heure le ballon, que je n’avais rempli qu'à moitié, provoqua des contractions dou-
loureuses.
La tête du fœtus, peu déplacée par le ballon, s’engagea, poussant devant elle celui-ci dans lequel J’ajoutai du liquide lente-
ment el progressivement.
Je voyais ainsi l'effacement s'effectuer etla dilatation s’opérer. A mesure que celle-ci croissait je tirais sur le ballon de façon à faire descendre au niveau de l’orifice les parties supérieures, c'està-dire les parlics plus larges. J’injectais ensuite très lentement du liquide de façon à gonfler l'appareil. En cas de résistance pour faire descendre le ballon j'enlevais 50 grammes deliquide. Par ses a lernatives de gonflement et de dégonflement combinées avec les tractions je parvins au bout de 2 h. 3/4 à avoir une dilatation complète. Le fœtus fut expulsé immédiatement après le ballon. Il était mort mais non macéré.La femme fut délivrée presque aus-
sitôt. 1] était 9 heures du soir. J'avais introduit le ballon à 6 heures du soir.
Trois heures avaient donc suffi pour que cette femme, enceinte
de 8 mois, sans début de travail, fut accouchée, délivrée,
Elle éprouva un grand soulagement; les phénomènes asystoliques s’amendèrent les jours suivants.
Au bout d'une quinzaine de jours la malade succomba au cours
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d’une crisé convulsive survenue sans prolrom:s avec abaissament de la température (urémie).
OBsEervaTION VII
Accouchement prématuré provoqué chez une femme cardiaque
‘en état d’asystolie (Ballon de Champetier) transportée à Necker douze jours après son arrivée. Extraction du siège, Placenta sur le segment inférieur.
Pas de rhumatisme, ni scarlatine, ni autre maladie infectieuse.
V pare. Quatre grossesses antérieures normales, terminées par des accouchements spontanés et à terme d'enfants vivants, mais petits, nourris au sein par la mère. Trois des enfants bien portants actuellement.
Le deuxième enfant est mort à l’âge de 2 ans 1/2 mis en garde sa mère attribue sa mort à la mauvaise alimentation.
Pendant la dernière grossesse œlème des membres inférieurs, douleurs lombaires et essoufflement. Ces symptômes disparaissent après l’accouchement.
Dernières règles fin juin.
H.U. 31 cent, état de la grossesse au moment de l’accouchement, environ 7 mois,
Accidents et complications. — Depuis sa dernière grossesse qui date de juillet 1889 celte femme n’a plus souffert ; elle vaquail à ses occupations sans être autrement gênée. Dès le début de la. grossesse actuelle elle éprouve de fortes douleurs lombaires, urine beaucoup et fréquemment, les membres inférieurs s'æœdématient et elle est très gênée pour respirer.-Pas de troubles visuels ni
auditifs, Depuis une quinzaine de jours ces symplômes s’accen-
-Luent; l'ælème devient considérable et envahit les organes génitaux externes et la paroi abdominale, la dyspnée augmente et les douleurs Jombaires sont de plus en plus fortes. Samedi dernier (20 janvier) un médecin la conseille de venir à la clinique où elle arrive aujourd'hui 22 à 3 heures du soir. Depuis 8 jours elle ne prenait que du lait mais le vomissail presque régulièrement.
A son entrée, cette femme est dansun état d'asystolie: respiration haletante, face cyanosée, nez pincé avec les narines pulvérulentes, pouls filiforme, bruits du cœur précipiés el incamotables. A l’auscultation du cœur on constate un bruit de galop, mais l'état de la malade ne permet pas de pousser plus loin linvestigalion. Elle présente un œdème considérable des membres inférieurs des organes génitaux et de la paroi abdominale, remontant jusqu’au niveau de l'ombilic. ô
Le foie est hypertrophié; on sent son bord inférieur dépassant de quatre travers de doigt le rebord des fausses côtes et reposantsur le fond de l'utérus. Au toucher le col est déjeté en arrière et largement perméable. |
Ea y introduisant deux doigts on tombe sur les membranes qui sont très tendues.
M. Lepage (4 h. 20), pratique une saignée à l’avant-bras droit et retire 420 grammes de sang. Cette saignce la soulage peu. Il fail ensuite quelques mouchetures au niveau des organes génitaux externes.
A4 h. 45, M. Lepage introduit le ballon de Champetier rempli au maximum (509 grammes) el à ce moment les membranes se rompent, pas d’albumiue. |
Œdème. — Considérable aux membres inférieurs. Organes génitaux et paroi abdominale jusqu’au niveau de l'ombilic,
Varices aux membres inférieurs.
Seins petits et bien conformés.
Ventre tendu.
Utérus peu développé.
Tension des parois fortes.
Présentation sommet.
Pas d'engagement.
À partir de ce moment l'utérus se contracte, mais ces con ractions sont indolores. La face est moins cyanosée, la respiration devient moins pénible, le pouls est plus sensible.
Depuis son entrée elle est soumise aux inbalations de O.
A 8h. 10, la dilatation est grande comme une pièce de 5 francs. Les douleurs sont assez rares (Wallich).
Toutes les deux minutes environ on retire 100 grammes de liquide du ballon et on exerce des tractions, et pendant ce temps on réinjecte une quantité de liquide égale à la quantité retirée. La dilatation progresse régulièrement, el à 8 h. 45 elle est presque complète A8 h. 57, la dilatation est complète et le ballon est expulsé complètement rempli.
(En 3/4 d'heure la dilatation avait été conduite de 5 francs à la dilatation complète).
M. Wallich introduit la main droite dans le vagin pour s’assurer s’il y a des procidences et trouve au niveau de lorifice utérin des petits membres ; il saisit un pied et l’attire au dehors (pied droit).
M. Wallich éprouve une certaine résistance pour extraire le siège et surtout pour extraire la tête par la manœuvre de Moriceau. Mlle Rose introduit deux doigts dans la bouche qui se trouve dans le diamètre antéro-postérieur, éprouvant une grande difficulté malgré des tractions éaergiques et sentant que la tête ne s’engage pas elle met la tête dans le diamètre oblique droit et l'extrait assez facilement.
Aussilôt après l’accouchement la malade s'améliore considéra-
blement, la cyanose disparaît presque complètement, la respiration
pee est plus régulière, les battements de cœur moins tumullueux, le pouls est moins fréquent mais toujours faible.
La malade prend 0,20 centigrammes de chloralose.
Déchirure de la fourchette au moment du dégagement de la tête. Extraction simple du placenta à 8 h. 45, 39 minutes après l'extraction.
Après la délivrance Mile Villemeux fait une injection intrautérine.
49 janvier. — Les jambes sont beaucoup œdématiées.
On lui donne 0,20 de chloralose et une macération de digitale contenant 0,15 centigrammes.
30 janvier. — Délire. Émission d'urine dans lés 24 heures 1790 grammes. Chloralose, digitale 0,15.
L'enfant naît en état de mort apparente est ranimé assez facilement par désobstruction des voies respiratoires, flagellation, bain sinapisé, frictions alcooliques. À
Il commence par faire quelques respirations isolées, se colore et finit par bien respirer et crier au bout de 15 à 20 minutes de soins.
Dès le lendemain matin de la naissance de l'enfant, 28 janvier, on remarque deux céphalématomes siégeant sur les deux pariétaux.
Part en nourrice dans le département de la Sarthe.
Sort 10 février 1894. Etat de l’enfant à la sortie très bon.
Féminin. Poids 2060 gr.
Poids placenta 320 gr.
Forme irrégulière.
Transportée le 2 février à Necker.
OgservarTion VIII
Observation recueillie dans le service de M. Maygrier (Hôpilal de la Pitié).
La nommée Eugénie S..., 39 ans, entre dans le service le 17 janvier, à 4 heures du soir, grossesse de 7 mois. 0.I.G.A. Angle sacro-vertébral accessible. Urine très albumineuse. Cette femme présente des troubles dyspnéïques et cardiaques très accusés qui avaient apparu au début de la grossesse et avaient aug menté depuis. À son arrivée, l'oppression est vive, elle ne peut rester couchée et sa dyspnée devient très intense. Les battements du cœur sont irréguliers, bien frappés. Il n’y a pas de souffle, mais un dédoublement du premier bruit à la pointe. Le pouls irrégulier très pelit et rapide bat 120 pulsations à la minute. Les poumons sont le siège de râles dans toute leur étendue en avant et en arrière.
Traitement. — Lait. Injections de caféine, ventouses sur le thorax. [nhalations d'oxygène (5 ballons), 4 piqûres d’éther.
A 6 heures, douleurs fortes, régulières. Col complétement effacé. À 8 heures 1/2, dilatation entre 1 franc et 2 francs.
La dyspnée augmentant, la dilatation restant stationnaire, et les contralions utérines disparaissant, on fait l’application du ballon de Barnes qui tombe 1 heure 1/2 après, la dilatation est à ce moment comme 5 francs.
Retour des contractions utérines, régulières et plus éncrgiques. Rupture spontanée des membranes et écoulement d'un liquide très coloré par le méconium (les battements du cœur fœtal ne sont plus entendus depuis plusieurs heures).
BOTTIAU 10
ON à
On essaie de compléter la dilatation avec la main.
Résultat négatif.
Les contractions deviennent de plus en plus rares.
Le col revient sur lui-même et la dilatation revient à la dimension d'une pièce de 2 francs.
Comme il y avait urgence, vu l’état de la mère, à accélérer le travail, on se décide à introduire le ballon de Champetier de Ribes qui est gonflé avec 450 grammes de liquide (2 heures matin).
La dilatation d’abord lente marche plus rapidement à 6 heures du matin, el à 7 heures 1/2 le ballon tombe dans le vagin.
Aussitôt, pour épargner à la femme de nouveaux efforts, on fait immédiatement une application de forceps en O.1.G.A., extraction lente.
Les phénomènes dyspnéïques deviennent plus intenses aussitôt après. Oxygène. Piqüre d’éther,
Délivrance 4/4 d'heure après. Pas d’hémorrhägie ni avant ni après. Enfant du sexe féminin mort, 1750 grammes, que‘ques heures après l'accouchement le pouls est encore très faible-et. l'oppression grande. Ventouses. Caféïne. Suites de conches normales.
L'albumine persiste les jours suivants.
Bronchite généralisée avec expectoration..
Pouls régulier. Température normale.
Transporlée en médecine le 30 janvier, elle y meurt d’urémie:
le 6 février.
OBsERvATION IX
Observation extraite du Journal des accouchements. :
Secondipare à 7 mois de grossesse, inserlion centrale du: pla -
cenla, présentalion de l'épaule droile en première position.
CAE
Hémorrhagie abondante exigeant une terminaison rapide, version podalique. Suites de couches heureuses.
En présence de l’état grave dans lequel se trouve la patiente nous ne la changeons pas de position, et intro luisant immédiatement la main droite dans les parties, les doigts pénëtrent peu à peu dans le col en le dilatant doucement, progressivement, ils décollent le placenta du côté gauche où nous avons cru reconnai- tre le plus petit lobe du placenta dès qu'ils sont arrivés aux mem- | branes, ils les rompent et entrent dans l'œuf. | Saisie d'un pied, tractions modérées qui font descendre le ” siège les épaules par la têle. L'enfant extrait est du sexe mascu- “in, très délicat, long de 40 centimètres, il respire et gémit, - mais ilne paraît pas suffisamment développé pour pouvoir continuer à vivre, il expire une 1/2 heure plus:tard.
Pendant l'opération la patiente n’a perdu que peu de sang et - n’a guère souffert. ET | - Le lendemain l’état est excellent et ne paraît pas-laisser devi-
ner le danger couru quelques heures auparavant.