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OH HO

FROMMER a appliqué cette réaction à la recherche qualitative de l’acétone dans l’urine, et il a pu déceler l’acétone à une dilution de 0,01 mg. par centimètre cube. ù

Les quatre réactions-type utilisées pour le dosage des « corps-cétoniques » sont, comme nous venons de le voir, des réactions de l’acétone elle-même. En effet, l’acide B-hydroxybutyrique et l’acide acétylacétique qui, dans les liquides biologiques, se rencontrent à côté de petites quantités d’acétone préformée, sont ,pour le dosage, transformés en acétone.

On dose généralement, d’une part : le bloc acétone préformée + acide acétylacétique (ce dernier se transformant spontanément en acétone à la température de l’ébullition); et, d’autre part, l’acide B-hydroxybutyrique. Les résultats sont le plus sou- .

os

vent exprimés en acétone. Cependant, l'écriture la plus correcte serait la notation en millimolécules.

Nous allons maintenant décrire les diverses méthodes de dosage avant de les analyser.

MÉTHODES VOLUMÉTRIQUES

DOSAGE DU BLOC ACÉTONE PRÉFORMÉE + ACIDE ACÉTYLACÉTIQUE

Méthode de GUILLAUMIN

GUILLAUMIN [6], s'inspirant des travaux de SHAF- FER, MARIOTT, MESSINGER, VORTMANN, HUPPERT, et surtout HUBBARD, a élaboré pour l'urine une méthode iodométrique de dosage du. bloc « acétone préformée + acide acétylacétique ».

Principe de la méthode.

L’urine, préalablement déféquée et filtrée !, est distillée après addition d’acide phosphorique. Ce premier distillat additionné de permanganate de potassium et d’acide sulfurique, est distillé à son tour. Le deuxième distillat, additionné de bioxyde de sodium, est distillé et fournit un liquide sur lequel on pratique le dosage.

1. Il n’est pas inutile de rappeler que la défécation de l’urine est indispensable, lorsque l’on a en vue le dosage de l’acide B-hydroxybutyrique mélangé à l’acétone et l’acide acétylacétique. Dans le cas où l’on négligerait l’acide B-hydroxybutyrique, la défécation doit également être effectuée, lorsque l’on a à doser des quantités aussi faibles que celles rencontrées dans l’acétonurie physiologique.

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Pour cela, en présence de soude, on ajoute une quantité connue, et en excès, de liqueur titrée d’iode. L’acétone est ainsi transformée en iodo-

forme. On passe alors en milieu légèrement acide,

et l’on dose à l’hyposulfite l’iode en excès.

Remarque. — La distillation effectuée en présence de permanganate en milieu acide a pour but d’oxyder les composés à fonction alcool.

La dernière distillation, pratiquée en présence de bioxyde de sodium oxyde les aldéhydes (préexistants ou formés au cours de l’oxydation permanganique), retient les acides (préexistants ou résultant de l’oxydation des aldéhydes), en même temps que les phénols de l’urine.

Appareillage et mode opératoire.

Voici l’appareillage et le mode opératoire proposés par GUILLAUMIN : ;

Appareillage. — L'appareil distillatoire est constitué par un ballon de 500 cm° surmonté d’une Colonne de Vigreux de 20°à 25 cm. de long et placée verticalement. A cette colonne est relié, par un tube coudé deux fois à angle droit, un réfrigérant descendant, également vertical. On lui raccorde un tube de 7 à 10 mm. de diamètre, muni d’une boule de sûreté et terminé par une boule de Villiers. Cette boule de Villiers plonge dans 20 cm*° d’eau distillée placés dans une éprouvette.

Défécation de l'urine.

GUILLAUMIN préconise, pour la défécation, la mé-

thode de VAN SLYKE au sulfate de cuivre et à la chaux. Voici la méthode de VAN SLYkE [7] :

Dans un récipient jaugé de 250 cm, on mesure dans l’ordre : 25 cm3 d’urine, 100 cm* d’eau, 50 cm de solution cuprique (200 gr. de sulfate de cuivre cristallisé dissous dans q. s. d’eau pour faire un litre). On mélange et l’on ajoute 50 cm de lait de chaux (à 100 gr. par litre de chaux pure). On agite fortement le mélange, dont la teinte bleue fonce. On complète à 250 cm°, on homogénéise, puis on laisse reposer 30 minutes, et l’on filtre sur filtre plissé 1.

Remarque. — Le filtrat doit être limpide. On doit, de plus, s’assurer qu’il est exempt de sucre. Lorsque les urines contiennent plus de 8 p. 100 de glucose, on abaisse la prise d’essai à 20 ou même 15 centimètres cubes.

Dosage proprement dit.

1° temps : Distillation. — Le volume de la prise d'essai du filtrat précédent est fixé par l’intensité de la réaction de Legal, préalablement effectuée sur l’urine.

Lorsque la réaction est très intense (anneau violet foncé occupant rapidement toute la couche d’ammoniaque, ce qui correspond à une teneur en acétone comprise entre 0,5 et 3 p. 100), la prise d’essai

1. HuBBarp [8] a proposé pour la défécation une technique un peu différente. Cet auteur utilise comme réactif du sulfate de cuivre et de l’acétate de plomb en milieu sodique.

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sera de 5 à 20 cm. Lorsque la réaction, sans être intense, est encore très nette (ce qui correspond à une teneur en acétone comprise entre 0,1 et 0,5 p. 100), la prise d’essai est de 25 cm°. Lorsque la réaction est à peine positive (concentration en acétone inférieure à 0,1 p. 100), la prise d’essai sera de 50 cm. Enfin, si la teneur en acétone est inférieure à la limite de sensibilité de la réaction de Legal, la prise d’essai sera de 100 cm.

La prise d’essai est placée dans le ballon de l’appareil distillatoire. On ajoute de l’eau distillée, de manière à avoir un volume de 100 cm*, puis: on verse 1 cm° d'acide phosphorique et un fragment de paraffine pour éviter la mousse durant la distillation. Celle-ci doit être conduite de façon à maintenir une franche ébullition, et de telle sorte que lon obtienne en dix minutes de 30 à 40 cm° de distillat. Le résidu de la distillation est recueilli quantitativement et conservé pour y doser ultérieurement l’acide 8-hydroxybutyrique.

Le distillat et les eaux de lavage de l’éprouvette sont amenés à 100 cm° et versés dans le ballon, préalablement rincé ; on ajoute 10 cm° de permanganate de potassium à 1 p. 100, et 10 cm° d’acide sulfurique à 1 p.5 en volume, et l’on distille à nouveau pendant 10 minutes. Le deuxième distillat est amené à 100 cmÿ avec les eaux de lavage; on le verse dans le ballon distillatoire rincé au préalable; on y ajoute 0,5 gr. de bioxyde de sodium et 5 cm* de soude à 10 p. 100. On distille, en recueillant, cette fois, 50 à 60 cm° de distillat.

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2e temps : lodométrie. — A la totalité de ce distillat, que l’on a pris soin de recueillir dans une fiole bouchant à l’émeri, on ajoute 25 cm* d’iode N/10 et 10 cm de soude pure à 10 p. 100. On bouche la fiole, on l’agite vivement, et l’on abandonne au repos pendant 10 minutes. Après ce délai, on ajoute une quantité d’acide sulfurique au cinquième, suffisante pour neutraliser la soude et donner au milieu une réaction légèrement acide. La quantité d’acide sulfurique à employer est fixée par un essai préalable sur la soude à 10 p. 100. Cette quantité est, en général, de 3 à 5 cm° d’acide sulfurique pour 10 cm° de solution de soude utilisés.

On dose l’excès d’iode en présence d’empois d’a-

midon, au moyen d’une solution d’hyposulfite de soude N/10. 1 cm de liqueur d’iode N/10 corres-

. pond à 0,968 mg. d’acétone; soit n le nombre de

centimètres cubes de la solution d’hyposulfite de soude employés, la quantité d’acétone contenue dans la prise d’essai est en milligrammes.

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