‹ Contribution à l'Étude de l'Acétonurie PhysiologiqueChapitre 24 sur 38 · DE EU · texte numérisé non relu

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sibilité, manque de spécificité, et ce n’est que grâce à des distillations successives, incompatibles avec les besoins de l’expérimentation en série, qu’on lui rend cette spécificité. C’est pourtant à l’iodométrie qu'ont eu recours la plupart des auteurs, et cela suffit à expliquer la divergence de leurs résultats : des substances réductrices volatiles. sont venues perturber leurs déterminations. Ici, comme toujours lorsqu'il s’agit de comparaisons, il faut sous-entendre que non seulement le mode d’expression des résultats analytiques, mais aussi les appareils et méthodes de mesure, sont les mêmes dans tous les cas. C’est une des raisons qui nous ont fait adopter la méthode de BEHRE (avec notre modification). On peut considérer que les résultats de nos dosages sont vraiment comparables à ceux de cet auteur, qui s’est occupé de façon toute particulière de l’acétonurie physiologique.

Mais il faut se conformer aux exigences de la pratique journalière. Ce n’est pas à un dosage que l’on demandera, dans chaque cas clinique, de décider si l’acétonurie est physiologique ou pathologique; c’est à une réaction facile à mettre en œuvre. En fait, la réaction de Legal au nitro-prussiate sous sa forme primitive, ou ses variantes comme celle d’IMBERT & BONNAMOUR, constitue un moyen d’appréciation suffisant. Nous dirons, avec nos devanciers, qu’il y a acétonurie pathologique si la réaction de Legal est positive. Le clinicien pourra dire qu'il n’y a pas d’acétonurie tout court si la réaction est négative; mais, pour le physiologiste, il n’y aura pas de doute sur la valeur de cette expression. Pour

lui, réaction de Legal négative signifie seulement que l’acétonurie est dans les limites physiologiques. Mais, lorsque l’on passera à l’évaluation numérique, le taux limite correspondant à la négativité de la réaction de Legal variera évidemment suivant la méthode de dosage utilisée.

C’est ainsi que, pour GUILLAUMIN [18]: « la limite de sensibilité de la réaction de Legal, qu’elle soit effectuée selon le mode indiqué par DENIGES, ou selon la modification d’IMBERT & BoONNAMOUR à l’ammoniaque, est de 0,04 gr. à 0,05 gr. par litre (exprimé en acétone), s’abaissant même à 0,02 gr. dans certaines urines déféquées. »

Mais, comme l’a remarqué J.-A. BEHRE [19], le degré d’acétonurie nécessaire pour donner une réaction positive au nitroprussiate, varie selon la méthode et les proportions relatives d’acétone et d'acide acétylacétique, et se trouve généralement aux environs de 3 à 5 mg. d'acide acétylacétique pour 100 cm° d’urine.

Il est bien connu, depuis DENIGÈS [20], que la réaction au nitroprussiate et dix-huit fois moins intense avec l’acétone qu'avec l’acide acétylacétique en quantité équi-moléculaire.

Mais il ne faut pas oublier que la réaction de Legal ne renseigne en rien sur la présence de l’acide B-hydroxybutyrique, c’est-à-dire sur le plus abondant des trois corps cétoniques. On ne doit donc lui attribuer qu’une valeur conventionnelle nécessitée par les besoins de la clinique. Du point de vue de la physiologie, il ne saurait en être de même.

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