RÉSULTATS PERSONNELS
Nous avons étudié l’élimination urinaire des corps cétoniques de 9 sujets d’âge différent allant de 18 à 83 ans, tous en bonne santé apparente et suivant le régime alimentaire habituel de nos contrées. Les réactions de Benedict et de Legal, pratiquées sur leurs urines, étaient négatives.
Cependant, un de nos sujets (n° 6) était un diabétique au régime, ne présentant plus de glycosurie depuis plusieurs mois. L’échantillon de son urine que nous avons analysé avait une réaction de Benedict et une réaction de Legal négatives. Cette urine nous a semblé intéressante, car elle n’était pas pathologique selon nos conventions, bien que provenant d’un sujet diabétique.
Toutes nos urines ont été recueillies avec les précautions classiques, et représentent l’excrétion urinaire d’une période de 24 heures allant de 8 heures à 8 heures du matin.
Le tableau suivant résume les résultats de ces expériences :
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L’élimination ne semble pas influencée par l’âge ou le sexe. Sauf pour le cas n° 9 (83 ans), où le taux d’excrétion des corps cétoniques est très faible, dû uniquement à une excrétion d’acide 8-hydroxybutyrique, l’acétone totale étant indosable. Mais il serait imprudent d’en tirer une conclusion relative à l’influence de l’âge, car le sujet n° 8 a 80 ans, et son excrétion ne se distingue pas de façon essentielle de celle de sujets plus jeunes.
Quelles sont les variations chez un même sujet,
gardant évidemment le même régime? Le cas n° 1, examiné à deux jours d’intervalle, n’a montré qu’une légère variation dans l’excrétion. Nous avons noté une élimination d’acétone par vingt-quatre heures; une fois de 4 mg., l’autre fois de 2,25 mg. et en acide B-hydroxybutyrique de 24 mg. au lieu de 34,5, les corps cétoniques totaux étant de 28 mg. au lieu de 36,75.
On voit qu’en utilisant une méthode sensiblement identique à celle de BEHRE (le principe est conservé, seul le mode opératoire est modifié), nous avons obtenu, avec des sujets de nos contrées, des résultats tout à fait analogues à ceux que J.-A. BEx- RE a observés en Amérique du Nord; c’est-à-dire dans un pays où le régime moyen est très différent du nôtre. Cette constatation est évidemment en faveur d’une indépendance, sinon totale, du moins
partielle, de l’acétonurie physiologique vis-à-vis du
régime. Une expérience personnelle, relatée dans la troisième partie de notre travail, semble aussi en faveur de cette opinion.