‹ Contribution à l'étude de l'acide chromique, des chromates et de quelques composés du chrome (physiologie, thérapeutique et toxicologie)Chapitre 6 sur 9 · IV. — DES CHROMATES · texte numérisé non relu

IV. — DES CHROMATES

Propriétés physiques. — Les chromâtes, formés par la combinaison de l’acide chromique avec les bases, sont jaunes à l’état neutre et d’un jaune rougeâtre à l’état acide ; leur couleur varie quand l’oxyde est lui-même coloré; ainsi le chromate de plomb est jaune, celui de protoxyde de mercure rouge, celui d’argent pourpre; sous l’influence d’une haute température les chromâtes des dernières sections se décomposent. Les principaux chromâtes métalliques solubles sont ceux de potasse, de soude, de strontiane, de chaux, de magnésie, de

(1) Dechambre, Dictionnaire.

(2) Gazette médicale, 1873. Maacarel. (Bull, de thérapeutique

1873, t. LXXXV.) ’

protoxyde de nickel et de cobalt ; les trois premiers sont les plus solubles.

L’acide sulfurique ainsi que tous les acides concentrés décomposent les chromâtes à une température plus ou moins élevée ; traités par l’acide chlorhydrique à la température de l’ébullition, ces sels dégagent du chlore ; les corps réducteurs tels que l’acide sulfureux, l’hydrogène sulfuré, l’alcool, le charbon, etc., ramènent l’acide chromique des chromâtes à l’état de sesquioxyde de chrome.

Il n’existe qu’un seul chromate tout formé dans la nature : c’est le chromate de plomb ; on le trouve en Sibérie et encore y est-il très-rare. On le connaît vulgairement sous le nom de plomb rouge.

Je ne veux donner dans ce travail que la préparation des chromâtes de potasse, à l’aide desquels, du reste, se préparent tous les autres chromâtes.

Des chromâtes de potasse

Préparation — Le bichromate de potasse KO, 2 CrO 3 se prépare de plusieurs manières et je tiens à indiquer spécialement deux de ces différents modes de préparation.

C’est toujours au fer chromé qui est le minerai de chrome (corps composé, d’après Pelouze et Fremy, par une combinaison de sesquioxyde de fer et de protoxyde de chrome mélangés à du peroxyde de fer, de l’alumine, de la magnésie et de la silice) que l’on s’adresse pour cette préparation. Ce minerai, réduit en poudre, est chauffé au rouge avec le double de son poids de sel de nitre, ce qui donne naissance à du chromate neutre de potasse, à du

silicate alcalin et à du peroxyde de fer. On traite ce mélange par de l’eau acidulée au moyen de l’acide nitrique ou de l’acide acétique; la liqueur rougit par la transformation du chromate neutre en bichromate; la silice et le peroxyde de fer sont précipités. On filtre et l’on évapore le liquide, qui dépose de beaux cristaux orangés de bichromate.

La solution de ce sel jaunit en présence des alcalis., et donne par l’évaporation des cristaux jaunes de chromate neutre.

Le chromate de potasse étant donné, il est facile d’obtenir par voie de double décomposition tous les autres chromâtes insolubles ou peu solubles.

Dans le second procédé de préparation, on chauffe toujours pendant plusieurs heures deux parties de minerai pulvérisé avec une partie d’azotate de potasse, on reprend la masse par l’eau, puis on sature la dissolution par V acide sulfurique étendu, qui précipite la silice et l’alumine.

On obtient ainsi un liquide qui donne, par évaporation^ des cristaux de bichromate, et on purifie lr matière par des cristallisations successives.

On transforme ensuite le bichromate en chromate neutre, au moyen de carbonate de potasse.

MM. Hillairet et Delpech qui, dans leur mémoire sur les chromâtes, ne parlent que de cette dernière préparation par l’acide sulfurique, signalent « qu’au moment où l’acide est versé en grande abondance dans les chaudières où bout la dissolution de chromate neutre, la liqueur, colorée en jaune, passe rapidement au rouge ; l’ébullition de- ^-ient plus vive et produit de larges remous ; latem-

pérature s’élève fortement et d’abondantes vapeurs se répandent dans l’atelier. Ces vapeurs entraînent avec elles une assez grande quantité de bichromate qui retombe à l’état de poussière d’une extrême ténuité. »

Je ferai remarquer en passant, pour y revenirplus loin, que dans les fabriques d’Argenteuil et du Havre, où l’on préparait, il y a quelques années, de très-grandes quantités de chromate de potasse, c’était toujours, d’après les renseignements qui m’ont été donnés, par l’acide sulfurique que se faisait la transformation en bichromate.

Dansl’industrieet dans les laboratoires onemploie fréquemment les chromâtes de potasse, de soude, d’ammoniaque et de plomb; en médecine, on ne s’est encore servi que du chromate neutre et surtout du bichromate de potasse;' je vais donc indiquer quelques-unes des propriétés de ces derniers corps et signaler leur action physiologique; puis, après avoir exposé la thérapeutique des chromâtes, je parlerai de leur action toxicologique.

A dion physiologique. — L’action physiologique du bichromate de potasse est assez bien connue depuis les travaux de Gmelin, Ducatel, Jaillard, Puche, etc. On sait actuellement que ce corps appliqué localement agit comme irritant ou caustique suivant son état de concentration. Ducatel affirme que son action corrosive peut aller jusqu’à amener la perforation des membres chez les ouvriers qui travaillent dans les fabriques de chromâtes (1) ;

(1) Ducatel, Journal de chimie médicale, t. X, et Arch. gén. de médecine, 2e série, t. Vil, i834.

je crois qu’il y a là exagération ; pourtant il est un fait certain, c’est que le bichromate de potasse ne coagule pas l’albumine comme le fait l’acide chromique et que, par conséquent, son action sur les organes doit être beaucoup plus pénétrante que celle de l’acide.

Des deux chromâtes de potasse, le bichromate est de beaucoup le plus employé; ce corps, inodore, d’une saveurfraîche, amère etmétallique, seprésente sous forme de cristaux prismatiques anhydres, d’une couleur rouge orangé.

Insoluble dans l’alcool le bichromate de potasse se dissout dans dix parties d'eau froide et dans une petite quantité d’eau bouillante; il est inaltérable à l’air; mais chauffé faiblement il subit d’abord la fusion ignée, puis, si l’on élève la température,, il se décompose en oxygène, en sesquioxyde de chrome et en chromate neutre.

2 (KO, 2 CrO3) =30 -j- Cr2 O3 2 (KO, Crû3;

Les alcalis le font passer à l’état de chromate neutre. Le chanvre, le coton, le papier qui en sont imprégnés brûlent parfaitement avec chaleur et lumière; Jacobson a tiré parti de cette propriété pour la préparation des moxas (1).

Ducatel a fait remarquer qu’à la dose de 1/250 il peut servir à la conservation des substances organiques et des tissus animaux ; toutefois cette action ne s’étendrait pas jusqu’à la substance nerveuse.

']) Jacobson, Bull. gcn. de thérapeut., t. VI, p. 218, 1834.

Duncan, Ducatel, Baer en Amérique, Heathcote (1 en Angleterre ; Hillairet et Delpech, Laillier, Gubler en France ont signalé les accidents qui se produisent fréquemment chez les ouvriers qui fabriquent les chromâtes de potasse : ce seraient d’abord des éruptions , puis des ulcérations plus ou moins profondes, toujours très-douloureuses, atteignant certaines muqueuses et toutes les solutions de continuité accidentelles de la peau. Heathcote a observé chez un ouvrier des ulcères de la gorge simulant parfaitement les ulcérations syphilitiques.

Les individus exposés à l’action irritante des poussières de chromâtes sont aussi sujets à des bronchites répétées, à des attaques de suffocation, à de la céphalalgie, enfin à un étatdemalaisegénéral pouvant amener un amaigrissement considérable.

Un phénomène spécial observé fréquemment chez les ouvriers par MM. Hillairet et Delpech, se produit surtout au moment où l’acide sulfurique vient d’être versé dans les chaudières servant à la fabrication du bichromate de potasse (2) : c’est la perforation de la cloison des fosses nasales dans sapartie cartilagineuse. Pour MM. Hillairet et Delpech, l’action des poussières de chromâtes est la véritable cause de cette lésion, toujours absente) d’après leur remarque, chez les ouvriers qui prennent du tabac à priser; pourtant, dans leur « mémoire sur les accidenisauxquels sontsoumislesouvriers employés à la fabrication des chromâtes, »ils publient une série

(1) Heathcote, The Lancet, 1854.

(2) Hillairet et Delpech, p. 22-28-64. Obs. XXII, XXIII, XXIV, XXV. Annales d'hyg. et de médecine légale, 1868-1876

d’observations qui démontrent en outre l’existence d’ulcérations et de perforation du cartilage de la cloison, ainsi que différentes affections de la peau et des organes respiratoires chez des ouvriers employés, non pas à la fabrication des chromâtes, mais au tamisage du vert de Schweintfurt dans les fabriques de couleurs. L’analogie qui existe entre les lésions observées chez ces deux catégories d’ouvriers est si grande que MM. Hillairet et Delpech n’ont pu s’empêcher de la signaler. Or le vert de Schweintfurt est à base d’arsenic, et j’ai trouvé de l’arsenic dans presque tous les échantillons d’acide chromique et de chromâtes de potasse du commerce, ainsi que je l’ai dit au commencement de ce travail; ne serait-ce pas à ce violent toxique plutôt qu’à l’acide chromique qu’il faudrait attribuer ces lésions?

On pourra m’objecter que les bichromates dont j’ai donné l’analyse ne contenaient que fort peu d’arsenic : sans doute, mais je ferai observer que les usines d’Argenteuil et du Havre ne fonctionnent plus déjà depuis un certain temps ; il m’a été impossible de me procurer des produits venant de ces fabriques ; actuellement le bichromate du commerce provient, paraît-il , de l’étranger , principalement de l’Angleterre, de l’Amérique. N’emploierait-on pas pour le préparer, les acides azotique ou acétique au lieu de l’acide sulfurique ? Je ne fais là bien entendu que de simples suppositions : car, pressé par le temps, je n’ai malheureusement pas fait les recherches nécessaires sur ce sujet.

A l’intérieur, pris à petite dose le bichromate de potasse exerce peu d’action sur l’organisme; à dose plus forte il provoque des vomissements ; à haute dose enfin, suivant Cumin, Ducatel, Jaillard, Gubler, etc. ^ il agirait comme les poisons les plus corrosifs.

Action thérapeutique du chromate neutre de potasse . — L’emploi du chromate neutre de potasse n’a été recommandé que par Jacobson (1), comme vomitif à la dose de 5 à 10 centigrammes; il agirait, selon lui, avec la même promptitude que le tartre stibié et sans irriter le tube digestif. Le docteur Dechambre, dans l’article Chromâtes du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales (2) , considère cette proposition comme d’autant plus suspecte qu’une dose moindre du médicament suffirait pour produire les vomissements; mais,, bien que je partage tout à fait l’opinion de cet éminent auteur et que je considère comme inutile et peut-être même dangereux l’emploi du chromate de potasse comme émétique, surtout quand on possède tant d’agents inoffensifs susceptibles d’amener les mêmes résultats, je ferai cependant observer que M. Dechambre a confondu le bichromate de potasse avec le chromate neutre, seul sel dont ait parlé Jacobson. Suivant le médecin étranger, le chromate neutre de potasse pourrait encore être employé à la dose de

(1) Jacobson, Propriétés du chromate de potasse. Arch. gén. de médecine, 2® série, t. III, p. 304, 1833.

(2) Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t.XVII, Ire série, Ire partie.

25 milligrammes à 5 centigrammes répétée à deux ou trois heures d’intervalle contre les maladies de poitrine et contre quelques accidents spasmodiques. Enfin, Jacobson a proposé le chromate de potasse pour faire des moxas, qui n’ont, dit Gubler, aucun avantage sur ceux qui doivent leur combustibilité au nitrate de potasse.

Action thérapeutique du bichromate de potasse. — Pendant longtemps, on n’osa se servir du bichromate de potasse que pour l’usage externe à la surface des plaies et des excroissances. Appliqué ne solution concentrée sur les condylomes et autres végétations, il détermine une vive douleur, mais de peu de durée, en général suivie du dessèchement et de la chute des végétations, sans écoulement sanguin.

C’est le Dr Cumin qui, le premier, en 1827, a recommandé l’emploi d’une solution concentrée de bichromate en application topique sur les élévations en forme de tubercules, sur les excroissances et sur les verrues.

En 1834,, Hauche a présenté à la Société de medecine pratique de Paris des observations sur l’emploi thérapeutique du bichromate de potasse j il résulte des faits qu’il a observés, que l’application externe de ce médicament détermine la chute des excroissances syphilitiques, sans escharre ni ulcération, hâte la cicatrisation des ulcères, modifie avantageusement l’état des scrofuleux, alors même que l’iode n’aurait pas réussi ; enfin, Hauche aurait observé que dans le cas de cancer de l’utérus.

le bichromate aurait rendu plusieurs fois la maladie stationnaire pendant un temps assez long (1).

En 1850, Bonneau et Puche ont repris ces expériences et se sont servis du bichromate spécialement pour toucher les plaques muqueuses et les végétations syphilitiques (2).

Le docteur Frédéricq, ayant constaté l’efficacité du bichromate dans le traitement des végétations syphilitiques, en a appliqué l’emploi au traitement des polypes muqueux du nez. Il a traité une vingtaine de cas, dit— il, avec un succès constant. Au moyen d’un petit pinceau, il applique une couche d’une solution aqueuse saturée de bichromate sur la partie accessible du polype, en évitant, autant que possible, d’humecter les parties voisines ; cette opération est répétée chaque jour (3).

Blaschko a préconisé, comme très-efficace contre les verrues, un topique à base de bichromate.

Enfin Peuch a encore employé à l’extérieur le bichromate de potasse pour le traitement de quelques tumeurs osseuses du cheval (4).

En 1850, pour la première fois, ce sel a été essayé à l’intérieur contre les accidents secondaires de la syphilis. Ed. Robin, Yicente, Heyfelder d’Erlangen, Arrastiay Crespo, Leroux, Trullet, Bonnefoux, auraient obtenu des résultats satisfaisants ; mais

(1) Hauche, Compte rendu des travaux de la Société de médecine pratique de Paris, 1834.

(2) Puche, Bull. gén. de thérap., t. XXXI V, p. 179.

(3) Bulletin général de thérapeutique, 30 juin 1862, et Journal des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, 35° volume.

(4) Journal de chimie médicale, 5e série, t. II, p. 88, 1866.

Follin regarde les observations qui tendent à établir son action antisyphilitique comme trop peu nombreuses et trop peu concluantes pour engager à employer ce médicament, d’une valeur hypothétique. Ricord a fait des essais avec le bichromate de potasse, mais il s’en est peu servi, parce qu’il lui a donné des résultats moins heureux que les préparations qu’il emploie habituellement(communication particulière).

Cependant Arrastia présente un résumé de quarante-trois observations ; Bonnefoux en a donné dix autres ; Yicente, Heyfelder, Ph.Trullet, qui ont aussi essayé ce médicament, en ont obtenu toujours de bons résultats; son administration, suivant Bonnefoux, n’aurait jamais donné lieu à aucun accident sérieux ; on aurait observé seulement dans quelques cas des nausées, des vomissements, de la diarrhée et des coliques, et ces accidents Bonnefoux les attribue au mode d’administration du médicament sous forme pilulaire ; il ne les aurait jamais eus en employant le bichromate en solution dans un sirop.

Je suis tout à fait de l’avis du professeur Jaccoud (1), qui, des deux conclusions de la thèse de Bonnefoux , n’accepte sans réserve que la seconde. « Les résultats obtenus jusqu’ici sont assez positifs pour engager à faire des expériences nouvelles. » Mais je n’admets pas non plus la première conclusion qui dit « que le bichromate de potasse est un antisyphilitique au même titre que le mercure et que, comme lui, il jouit des mêmes avantages dans la

(1) Jaccoud, Article Chrome du nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.

syphilis. » Cependant on pourra essayer encore le bichromate chez les personnes qui, ayant horreur du mercure, se refusent à en faire usage. On devra aussi le réserver pour les cas où le mercure semble insuffisant.

Enfin le bichromate de potasse a encore été essayé comme antiseptique par Tarnier, qui a obtenu quelques succès en le donnant à l’intérieur, dans des cas de fièvre puerpérale (1). M. Gubler signale une liqueur d’épreuve au bichromate de potasse, employée par les chimistes pour reconnaître la présence de l’alcool et des substances ternaires et dont Luton, de Reims, a fait la première application à l’analyse chimique des urines. Cette liqueur se compose de bichromate de potasse et d’acide sulfurique et laisse déposer de l’acide chromique d’un beau rouge. Elle est de couleur jaune topaze, et lorsqu’on l’ajoute à une solution contenant du sucre ou toute autre matière hydrocarbonée, elle devient d’un vert émeraude. On croit généralement que l’acide sulfurique n’a d’autre office que de mettre l’acide chromique en liberté ; mais celui-ci ne subit pas le changement indiqué, lorsqu’il est mis tout seul en présence d’une matière oxydable ; et Derlon pense que, l’acide sulfurique étant indispensable à la production du phénomène, il faut admettre la formation du sulfate de sesquioxyde de chrome. Cette réaction permet de constater l’alcool dans l’urine et les diverses sérosités chez les sujets atteints d’alcoolisme aigu (2). Ce réactif ne saurait

(1) Tarnier, De lafièvre puerpérale, 1858. Obs.XX, XXI, etc.

(2) Gubler, Comment, thérap. du Codex.

être recommandé pour reconnaître le sucre ou l’alcool, car bien d’autres substances donnent lieu à la même réduction ; en particulier, pour caractériser avec certitude l’alcool par le bichromate de potasse et l’acide sulfurique, il faut déjà l’avoir isolé à un tel état de pureté qu’il est alors facile de le reconnaître par ses propriétés organoleptiques ou par les autres réactions ordinaires ; dans aucun cas, je ne conseillerai l’emploi du réactif bichromaté comme moyen de caractériser le sucre.

Pharmacologie du chromate neutre dépotasse. — La dose de ce médicament n’est pas encore Axée; pourtant, toujours d’après Jacobson, elle serait de 5 à 10 centigr.

Les moxas se préparent en trempant du papier Joseph dans la solution suivante :

Eau distillée 16 grammes.

Chromate neutre 1 —

Le papier, roulé en cylindre, serré, brûle facilement et avec une chaleur vive.

Pharmacologie du chromate neutre de soude. — La dose de chromate neutre de soude est de 5 à 10 centigr.

Il y aurait, sous un certain point de vue, avantage à employer le chromate neutre de soude, qui, dans le commerce, est presque toujours pur, à lq, place du chromate neutre de potasse ; toutefois, je dois faire observer que ce sel, à cause de sa déliquescence, ne pourrait se conserver facilement ; cependant, en solutions bien dosées, ce corps pourra sans doute être essayé.

Son usage est d’autant plus à conseiller que l’on n’a pas à craindre avec lui les accidents qu’occasionnent les sels de potasse.

Pharmacologie du bichromate de potasse. — Les doses indiquées dans l’Officine de Dorvault, 1 à 20 centigr. sont trop fortes.

Suivant Guibert, on doit donner un centigram. de bichromate par jour, sous la forme d’une pilule faite avec l’extrait de gentiane, et l’on arrive ainsi graduellement à cinq ou six pilules par jour.

Comme vomitif, la dose est de 2 à 3 centigr.

Pilules de Yicente :

Bichromate d’opium 1 gramme.

Extrait d’opium —

F. S. A. 100 pilules. — Une matin et soir à prendre 4 heures après les repas. Tous les jours,, on augmente d’une pilule jusqu’à 5 et 6 par jour.

Bonnefoux prescrit le bichromate à la dose de 1 à 7 centigram. et recommande de l’administrer immédiatement avant le repas et de préférence dans un sirop : telle est la forme qu’il a adoptée.

Bichromate de potasse 0 gramme 01 centig.

Sirop de coquelicot 30 —

En usage externe le bichromate s’emploie ordinairement en solutions plus ou moins concentrées :

Solution faible. — Eau distillée 100 grammes.

Solution forte. — Eau distillée

— Bichromate de potasse.

Bichromate de potasse.

Pour n’obtenir que des effets irritants substitutifs on atténue la solution faible ; si l’on veut, au contraire, produire une action caustique, on peut l’appliquer immédiatement sous forme de poudre (1). Enfin, un cristal de bichromate peut servir, comme ceux de sulfate de cuivre, pour toucher des végétations, des granulations.

Pommade contre les verrues.

Axonge 15 grammes.

Bichromate de potasse. 10 centig.

(Blaschko).

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